{"id":7535,"date":"2015-04-08T11:04:20","date_gmt":"2015-04-08T09:04:20","guid":{"rendered":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/?p=7535"},"modified":"2016-05-03T15:38:58","modified_gmt":"2016-05-03T13:38:58","slug":"table-ronde-besoins-documentaires-sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/table-ronde-besoins-documentaires-sante\/","title":{"rendered":"Table ronde sur les besoins documentaires en sant\u00e9"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\">Le <strong>18 novembre 2014<\/strong>, <a title=\"Annonce table ronde\" href=\"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/table-ronde-besoins-documentaires-publics-sante-2014\/\" target=\"_blank\">une table-ronde a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e par la <strong>BIU Sant\u00e9<\/strong> et <strong>l&rsquo;URFIST de Paris<\/strong> sur le th\u00e8me des besoins documentaires en sant\u00e9<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\">Elle a donn\u00e9 lieu \u00e0 un <strong>dialogue<\/strong> enrichissant entre <em>\u00e9tudiants, enseignants et professionnels de la sant\u00e9 et de la documentation<\/em>, dont vous trouverez un compte-rendu ci-dessous (<em>r\u00e9dig\u00e9 avec l&rsquo;aide des intervenants, merci encore \u00e0 eux pour leur participation<\/em>).<\/p>\n<p><em>\u00c9taient pr\u00e9sents sur l&rsquo;estrade :<\/em><\/p>\n<p>&#8211; <strong>Brigitte Cleis<\/strong>, documentaliste (<em>IFSI Bichat \u2013 Paris<\/em>)<br \/>\n&#8211; <strong>Christian Funck-Brentano<\/strong>, professeur de l\u2019universit\u00e9 Pierre-et-Marie-Curie (UPMC) et praticien hospitalier en pharmacologie clinique (<em>CHU Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re<\/em>)<br \/>\n&#8211; <strong>Mireille P\u00e9ri\u00e9,<\/strong> documentaliste (<em>CHI Gonesse \u2013 Val d\u2019Oise<\/em>)<br \/>\n&#8211; <strong>Roxane Varengue<\/strong>, \u00e9lue CFVU et \u00e9tudiante en 4<sup>e<\/sup> ann\u00e9e de m\u00e9decine (<em>Paris 5 Paris Descartes<\/em>).<\/p>\n<p><strong>3 th\u00e8mes<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s au cours de cette table ronde :<\/p>\n<ol>\n<li>Quels sont les <strong>usages<\/strong> et <strong>besoins<\/strong> pour la documentation en sant\u00e9\u00a0?<\/li>\n<li>Quels sont les <strong>outils<\/strong> utilis\u00e9s par les professionnels de sant\u00e9 pour acc\u00e9der \u00e0 la documentation, ont-ils re\u00e7u une <strong>formation<\/strong> sp\u00e9cifique \u00e0 ces outils\u00a0?<\/li>\n<li>Comment acc\u00e8de-t-on aux documents, dans un <strong>contexte budg\u00e9taire contraint<\/strong>\u00a0?<\/li>\n<\/ol>\n<h2><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7537\" title=\"table-ronde\" src=\"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/wp-content\/uploads\/table-ronde.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"477\" srcset=\"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/wp-content\/uploads\/table-ronde.jpg 700w, https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/wp-content\/uploads\/table-ronde-300x204.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 984px) 61vw, (max-width: 1362px) 45vw, 600px\" \/><strong>U<\/strong><strong>sages et besoins pour la documentation en sant\u00e9<\/strong><\/h2>\n<p><strong>Christian Funck-Brentano commence par \u00e9voquer ses besoins documentaires en tant que PU-PH<\/strong> :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0<em>Mes besoins sont \u00e9normes, constants, rapides pour ne pas dire compulsifs. On travaille toujours dans la panique.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Les trois besoins fondamentaux en documentation pour le PU-PH\u00a0: la <strong>recherche<\/strong>, l\u2019<strong>enseignement<\/strong>, le <strong>soin<\/strong>.<\/p>\n<p>Les PU-PH ont besoin d\u2019acc\u00e9der <strong>imm\u00e9diatement<\/strong> \u00e0 de la litt\u00e9rature en <strong>texte int\u00e9gral<\/strong>, pertinente, dans leur sp\u00e9cialit\u00e9, et parfois sur des th\u00e8mes plus larges\u00a0: pour se renseigner sur un sujet qu\u2019on ma\u00eetrise mal, r\u00e9diger une expertise ou pr\u00e9parer un cours&#8230; <em>PubMed<\/em> est utilis\u00e9, mais aussi <em>Google<\/em>. Notamment pour trouver des images et des graphiques pour <strong>illustrer<\/strong> les cours\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0<em>Plus il y a de texte, moins les \u00e9tudiants retiennent<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Des Grecs \u00e0 Gutenberg, la transmission du savoir \u00e9tait principalement orale. On est ensuite pass\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9crit. Aujourd\u2019hui, nous voici arriv\u00e9s \u00e0 un point o\u00f9 la masse de donn\u00e9es \u00e0 assimiler et \u00e0 transmettre est trop importante. Mais de nouvelles solutions devront \u00eatre trouv\u00e9es rapidement, notamment avec la pression des <strong>iECN<\/strong>, qui se passeront sur tablettes d\u00e8s 2016. Les enseignants sont confront\u00e9s en premi\u00e8re ligne \u00e0 ces difficult\u00e9s\u00a0: ils doivent entra\u00eener les \u00e9tudiants \u00e0 r\u00e9ussir leurs examens, mais aussi \u00e0 soigner des patients.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>La <strong>d\u00e9sertification des amphith\u00e9\u00e2tres<\/strong> devrait entra\u00eener une r\u00e9action salutaire. En pharmacologie \u00e0 la Piti\u00e9, les cours sont maintenant des pr\u00e9sentations sonoris\u00e9es mises en ligne, les enseignements dirig\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s par des entra\u00eenements \u00e0 l\u2019ECN dont les corrections sont r\u00e9alis\u00e9es dans une salle multim\u00e9dia en pr\u00e9sentiel, par groupes de 110 \u00e9tudiants.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de leur formation (<em>2<sup>e<\/sup>-3<sup>e<\/sup> ann\u00e9e<\/em>), les \u00e9tudiants ont besoin de <strong>r\u00e9f\u00e9rentiels<\/strong> de base. Mais <em>PubMed<\/em> ne donne pas acc\u00e8s \u00e0 ce type de ressources. Dans l\u2019id\u00e9al, c\u2019est donc aux biblioth\u00e9caires d\u2019aller rencontrer les responsables des d\u00e9partements de la facult\u00e9 pour leur demander quels sont les meilleurs ouvrages \u00e0 recommander aux \u00e9tudiants. Mais les enseignants eux-m\u00eames ne produisent pas forc\u00e9ment des manuels courts et simples \u00e0 utiliser ou des supports de cours attrayants. Ils ne sont pas form\u00e9s au multim\u00e9dia\u00a0; des formations de formateurs leur seraient sans doute b\u00e9n\u00e9fiques dans certains cas.<\/p>\n<p>Il faut <strong>hi\u00e9rarchiser<\/strong> les informations \u00e0 faire passer, car le volume \u00e0 ing\u00e9rer est trop important pour les professeurs et docteurs, encore plus pour les \u00e9tudiants. Les Anglo-Saxons et les Qu\u00e9b\u00e9cois sont sans doute meilleurs que les Fran\u00e7ais dans cette partie, et produisent de bons documents de <strong>synth\u00e8se<\/strong> (<em>exemple de planches recto-verso sur l\u2019infarctus du myocarde<\/em>). \u00ab\u00a0<em>Il faut qu\u2019on renonce \u00e0 vouloir \u00eatre parfait\u00a0<\/em>\u00bb, on ne peut attendre d\u2019un \u00e9tudiant de 5<sup>e<\/sup> ann\u00e9e les connaissances d\u2019un praticien chevronn\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Mireille P\u00e9ri\u00e9 est documentaliste \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Gonesse.<\/strong> Le centre de documentation de l\u2019h\u00f4pital de Gonesse est multidisciplinaire\u00a0: la biblioth\u00e8que m\u00e9dicale et le centre de documentation de l\u2019IFSI ont r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 r\u00e9unis g\u00e9ographiquement (<em>en avril 2014<\/em>), il re\u00e7oit les m\u00e9decins, mais aussi les \u00e9l\u00e8ves infirmiers, les personnels administratifs, etc. Les besoins des soignants rel\u00e8vent donc principalement de la <strong>pratique clinique<\/strong>. Ils cherchent des actualit\u00e9s m\u00e9dicales, notamment dans les revues de leurs sp\u00e9cialit\u00e9s respectives, ou pour un cas clinique ponctuel, des recommandations de bonne pratique, de l\u2019EBM dans la <em>Cochrane<\/em>\u2026 Les m\u00e9decins sont press\u00e9s et se d\u00e9placent rarement \u00e0 la biblioth\u00e8que, ils communiquent plut\u00f4t par courriel ou t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n<p>Des <strong>formations<\/strong> pour l\u2019utilisation de <em>PubMed<\/em> ont \u00e9t\u00e9 mises en place au centre de documentation. Il s\u2019agit de formations individuelles \u00e0 la demande. Elles sont d\u00e9sormais tr\u00e8s pris\u00e9es et durent entre deux heures et demi et trois heures. Des sessions de formation ont lieu \u00e9galement dans les services chaque semestre au moment de l\u2019arriv\u00e9e des internes, ce qui leur permet de faire connaissance avec la documentaliste.<\/p>\n<p><strong>Brigitte Cleis travaille \u00e0 l\u2019IFSI Bichat<\/strong>. Les \u00e9tudiants infirmiers n\u2019ont pas forc\u00e9ment conscience d\u2019avoir besoin d\u2019information, malgr\u00e9 le nouveau <strong>r\u00e9f\u00e9rentiel infirmier<\/strong> de 2009 et les nouveaux cours de recherche documentaire (<em>comp\u00e9tence 8 du r\u00e9f\u00e9rentiel<\/em>). En premi\u00e8re ann\u00e9e, on leur explique ce qu\u2019est une recherche documentaire, et l\u2019int\u00e9r\u00eat que cela pr\u00e9sente pour leurs \u00e9tudes et leur vie professionnelle future, en lien avec les formateurs qui leur proposent des TPG (<em>travaux pratiques en groupe<\/em>). On leur demande alors de produire une petite bibliographie aux normes. La m\u00e9thodologie acquise \u00e0 cette occasion leur servira plus tard au moment du m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Pour que les formations donn\u00e9es par les biblioth\u00e9caires \/ documentalistes soient efficaces, il faut faire le lien avec les cours dispens\u00e9s par les praticiens et d\u00e9velopper des strat\u00e9gies pour attirer les \u00e9tudiants, leur fournir des tutoriels faciles \u00e0 utiliser. Il faut \u00eatre des <strong>m\u00e9diateurs<\/strong>, discerner les besoins des lecteurs et rester proche d\u2019eux. Le soutien des \u00e9quipes p\u00e9dagogiques est primordial. \u00c0 partir des recommandations des enseignants (<em>IFSI + fac<\/em>), les \u00e9tudiants doivent faire le tri entre l\u2019information disponible et celle utile pour eux.<\/p>\n<p>On demande aux professionnels de passage \u00e0 la biblioth\u00e8que de donner leur avis sur les fonds disponibles. Quant aux \u00e9tudiants, ils viennent en biblioth\u00e8que pour travailler au calme. Ils en auront toujours besoin, les biblioth\u00e8ques ne vont pas dispara\u00eetre.<\/p>\n<p><strong>Selon Roxane\u00a0Varengue, \u00e9tudiante en 4<sup>e<\/sup> ann\u00e9e de m\u00e9decine, les besoins ne sont pas les m\u00eames suivant le cycle des \u00e9tudes de m\u00e9decine<\/strong>. En premier cycle, les \u00e9tudiants recherchent des livres tr\u00e8s <strong>g\u00e9n\u00e9raux<\/strong>, par exemple sur la s\u00e9miologie ou l\u2019anatomie. \u00c0 partir de l\u2019externat (<em>4<sup>e<\/sup> ann\u00e9e<\/em>) ils vont avoir besoin de <strong>r\u00e9f\u00e9rentiels<\/strong> (<em>les coll\u00e8ges des enseignants par exemple, ou les KB<\/em>), pour pr\u00e9parer les ECN. Les r\u00e9f\u00e9rentiels doivent contenir des condens\u00e9s, des synth\u00e8ses, des tableaux et arbres d\u00e9cisionnels. Sans oublier le besoin en <strong>cas cliniques<\/strong>, car chaque \u00e9tudiant ne peut pas concr\u00e8tement passer en stage dans toutes les sp\u00e9cialit\u00e9s.<\/p>\n<p>Les <strong>cours<\/strong> ne suffisent alors plus. D\u2019ailleurs, les cours en pr\u00e9sentiel sont souvent d\u00e9sert\u00e9s\u00a0: les \u00e9tudiants pr\u00e9f\u00e8rent travailler seuls, consid\u00e9rant qu\u2019assister \u00e0 un cours est une perte de temps. Il est de toute fa\u00e7on impossible de transmettre via les cours toutes les informations n\u00e9cessaires pour r\u00e9ussir l\u2019examen.<\/p>\n<p>Les biblioth\u00e8ques ne sont pas forc\u00e9ment fr\u00e9quent\u00e9es non plus. On y va surtout pour consulter les derni\u00e8res versions des manuels, qu\u2019on ach\u00e8te parfois. De toute fa\u00e7on les biblioth\u00e8ques ne proposent <strong>pas assez de documents<\/strong> pour tous les \u00e9tudiants et leurs <strong>horaires d\u2019ouverture sont insuffisants<\/strong>. Le dimanche \u00e0 Paris, les \u00e9tudiants en m\u00e9decine ont peu d\u2019endroits o\u00f9 aller\u00a0: la BnF, la BPI ou la biblioth\u00e8que de Cochin.<\/p>\n<p>Mais le tout <strong>num\u00e9rique<\/strong> n\u2019est pas la panac\u00e9e\u00a0: la plupart des \u00e9tudiants ont encore du mal \u00e0 utiliser des manuels en ligne.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0<em>J\u2019ai besoin du papier pour apprendre.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>La technologie est n\u00e9anmoins utile pour compl\u00e9ter les cours th\u00e9oriques\u00a0(<em>vid\u00e9os sur Youtube<\/em>).<\/p>\n<p>Il est dur pour les \u00e9tudiants de s\u2019y retrouver dans la documentation. Faut-il par exemple apprendre les recommandations de la Haute autorit\u00e9 de sant\u00e9 fran\u00e7aise ou celles de l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Les \u00e9tudiants s\u2019\u00e9changent \u00e9galement des \u00ab\u00a0<strong>trucs\u00a0<\/strong>\u00bb pour optimiser leurs r\u00e9visions\u00a0: lire les ouvrages des coll\u00e8ges des enseignants, les fiches synth\u00e9tiques de la <em>Revue du praticien<\/em>, les synth\u00e8ses du <em>BMJ<\/em>, les figures int\u00e9ressantes dans le <em>Lancet<\/em> ou le <em>JAMA<\/em>.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab<em>\u00a0Si on comprend mieux, on va mieux int\u00e9grer.\u00a0<\/em>\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Ils sont rarement au courant des formations propos\u00e9es par les biblioth\u00e8ques ou des acc\u00e8s en ligne dont ils disposent pour les revues. Quand ils le d\u00e9couvrent, c\u2019est surtout par le <strong>bouche-\u00e0-oreille<\/strong>. Ils ne vont pas sur les sites Web des biblioth\u00e8ques. Et de toute fa\u00e7on, ils n\u2019ont pas conscience que la recherche documentaire va leur \u00eatre utile, et qu\u2019ils auront besoin de savoir utiliser <em>PubMed<\/em>.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7595\" title=\"table-ronde2\" src=\"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/wp-content\/uploads\/table-ronde2.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"424\" srcset=\"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/wp-content\/uploads\/table-ronde2.jpg 600w, https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/wp-content\/uploads\/table-ronde2-300x212.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 984px) 61vw, (max-width: 1362px) 45vw, 600px\" \/><\/p>\n<h2><strong>Outils utilis\u00e9s pour acc\u00e9der \u00e0 l\u2019information<\/strong><\/h2>\n<p><strong>Brigitte Cleis<\/strong>\u00a0: les \u00e9tudiants infirmiers se reposent beaucoup sur <em>Google<\/em> pour leurs recherches, lisent tr\u00e8s peu (<em>et encore moins en anglais<\/em>), et ne savent pas forc\u00e9ment ce que c\u2019est que de \u00ab<em>\u00a0lire les pairs<\/em>\u00a0\u00bb \u00e9tant justement en cours de professionnalisation. Les choses commencent \u00e0 \u00e9voluer, notamment avec l\u2019arriv\u00e9e d\u2019\u00e9tudiants en provenance d\u2019autres cursus (<em>philosophie, histoire-g\u00e9ographie<\/em>), qui ont parfois d\u00e9j\u00e0 effectu\u00e9 des travaux de recherche.<\/p>\n<p>Quelques-uns utilisent <em>Delfodoc<\/em> (<em>base de donn\u00e9es de l\u2019AP-HP<\/em>) et <em>CINAHL<\/em>. Certains poursuivent parfois leurs \u00e9tudes avec un master ou un doctorat. En \u00e9changeant avec les coll\u00e8gues de la facult\u00e9, on se rend compte que les \u00e9l\u00e8ves infirmiers, comme\u00a0 les internes en m\u00e9decine, ont besoin d\u2019\u00eatre form\u00e9s \u00e0 la recherche documentaire.<\/p>\n<p><strong>Christian Funck-Brentano<\/strong> a d\u00e9couvert <em>MedLine<\/em> quand il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 interne, gr\u00e2ce \u00e0 une formation de 4h d\u00e9livr\u00e9e par une biblioth\u00e9caire. \u00ab\u00a0<em>Je n\u2019en ai pas dormi de la nuit.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il insiste sur l\u2019importance de ma\u00eetriser l\u2019<strong>anglais<\/strong>, qui devrait s\u2019apprendre d\u00e8s le berceau. Les outils du <em>CISMeF<\/em> doivent aider \u00e0 passer du fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019anglais, mais il ne les utilise gu\u00e8re car il s\u2019y perd \u2013 alors qu\u2019il conna\u00eet bien les m\u00e9canismes du <em>MeSH<\/em>.<\/p>\n<p>Il moissonne aussi des documents de la <em>Food and Drug Administration<\/em> (<em>FDA<\/em>) ou des diaporamas trouv\u00e9s en ligne pour pr\u00e9parer ses cours (<em>gr\u00e2ce \u00e0 la commande\u00a0\u00ab\u00a0filetype:ppt\u00a0\u00bb de <\/em>Google).<\/p>\n<p>En outre, en France, il est difficile de s\u2019inscrire \u00e0 une formation, \u00e0 cause des formalit\u00e9s administratives \u00e0 remplir. Il existe de toute fa\u00e7on un trop-plein d\u2019informations. Il faudrait recevoir dans sa bo\u00eete mail, tous les mois ou tous les trimestres, une sorte de newsletter, avec des liens \u00e0 cliquer vers les nouveaut\u00e9s essentielles.<\/p>\n<h2><strong>Le contexte budg\u00e9taire contraint<\/strong><\/h2>\n<p><strong> (et discussion libre avec le public)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mireille P\u00e9ri\u00e9<\/strong>\u00a0: \u00c0 l\u2019h\u00f4pital de Gonesse, les abonnements en ligne sont privil\u00e9gi\u00e9s, bien qu\u2019ils soient chers. Tous les ans, on est contraint de supprimer des titres, l\u2019accent est donc mis sur les acc\u00e8s gratuits. Parmi les quelques bases payantes disponibles, on trouve notamment la <em>Cochrane<\/em>.<\/p>\n<p>Il y a toujours eu des probl\u00e8mes de budgets mais ils s\u2019accentuent en ce moment, aussi au niveau des personnels disponibles. Au centre de documentation, il n\u2019y a que 2 personnes pour r\u00e9pondre aux besoins de 300 m\u00e9decins (<em>500 lits<\/em>) et 3 promotions de 80 \u00e9l\u00e8ves infirmiers (<em>Mireille P\u00e9ri\u00e9 travaille aussi \u00e0 mi-temps sur la documentation pour les \u00e9l\u00e8ves infirmiers<\/em>). Le temps de travail consacr\u00e9 aux besoins des m\u00e9decins se r\u00e9duit de plus en plus. Dans ces conditions, il faut \u00e9tablir des <strong>priorit\u00e9s<\/strong> et s\u00e9lectionner les informations.<\/p>\n<p>Pour l\u2019acc\u00e8s aux documents, il existe un partenariat avec Paris Diderot. Les \u00e9l\u00e8ves infirmiers ont acc\u00e8s \u00e0 l\u2019ENT de l\u2019universit\u00e9, ce qui n\u2019est pas le cas partout. Mais les lecteurs doivent prendre conscience que <strong>la documentation n\u2019est en fait jamais gratuite<\/strong>, m\u00eame quand ils viennent la chercher \u00e0 la BU.<\/p>\n<p><strong>Ludovic Hery<\/strong>, assistant en m\u00e9decine interne au CHR d&rsquo;Orl\u00e9ans, cite les anglo-saxons, qui vont \u00e0 la biblioth\u00e8que au lieu de rentrer chez eux, apr\u00e8s leur journ\u00e9e de travail, pour mettre \u00e0 jour leurs connaissances. Ils font travailler leurs \u00e9tudiants sur du \u00ab\u00a0<em>Clinical<\/em> p<em>roblem solving<\/em>\u00a0\u00bb avec de vrais cas cliniques. Pour apprendre \u00e0 passer de la th\u00e9orie \u00e0 la clinique, il faudrait commencer \u00e0 apprendre la recherche documentaire d\u00e8s la 2<sup>e<\/sup> ann\u00e9e. <a title=\"Etude PubMed 1994\" href=\"http:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pubmed\/?term=8086080%5Buid%5D\" target=\"_blank\">Une \u00e9tude am\u00e9ricaine de 1994<\/a> indique qu\u2019il faut six heures environ pour \u00eatre correctement form\u00e9 \u00e0 l\u2019utilisation de <em>PubMed<\/em>.<\/p>\n<p>Selon lui les biblioth\u00e9caires devraient apprendre \u00e0 mieux <strong>communiquer<\/strong> pour faire conna\u00eetre les comp\u00e9tences qu\u2019ils sont pr\u00eats \u00e0 offrir \u00e0 la communaut\u00e9 m\u00e9dicale. Car quand il finit sa journ\u00e9e \u00e0 19h30, la BU est ferm\u00e9e. Les biblioth\u00e9caires devraient adopter les strat\u00e9gies de l\u2019industrie pharmaceutique ou des \u00e9diteurs de revues\u00a0: proposer des petits d\u00e9jeuners aux internes et m\u00e9decins dans les services.<\/p>\n<p>Il confirme que les internes n\u2019ont pas beaucoup de <strong>temps<\/strong> \u00e0 consacrer \u00e0 la lecture.<\/p>\n<p>Il consid\u00e8re les biblioth\u00e9caires \/ documentalistes comme des <strong>membres de l\u2019\u00e9quipe m\u00e9dicale<\/strong> puisque la recherche documentaire peut, face \u00e0 certains cas cliniques, participer \u00e0 sauver des vies. Il utilise <em>PMC Images<\/em> pour ses recherches d\u2019images et cite la <em>Revue du Praticien<\/em> et le <em>BMJ<\/em> comme des revues incontournables pour les internes.<\/p>\n<p><strong>Clotilde Bogatchek<\/strong>, de l\u2019h\u00f4pital de Pontoise\u00a0(1100 lits)\u00a0: Le probl\u00e8me n\u2019est pas tant le budget (<em>on ne pourra jamais s\u2019abonner \u00e0 tout &#8211; et de toute fa\u00e7on, les m\u00e9decins demandent souvent l\u2019article de revue que l\u2019on n\u2019a pas\u2026<\/em>) que l\u2019aide \u00e0 la localisation et \u00e0 l\u2019obtention des articles. Si on ne dispose pas d\u2019un acc\u00e8s \u00e0 l\u2019article demand\u00e9, on s\u2019arrange souvent avec son r\u00e9seau, ou on s\u2019adresse directement aux auteurs en utilisant des outils comme <em>ResearchGate<\/em>.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudiants ont besoin d\u2019un lieu de travail et d\u2019\u00eatre accompagn\u00e9s. Les m\u00e9decins ont des besoins plus ponctuels.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0<em>C\u2019est \u00e0 nous d\u2019\u00eatre mall\u00e9ables, de s\u2019adapter.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Sophie Guiquerro<\/strong>, biblioth\u00e9caire \u00e0 l\u2019HEGP\u00a0: Elle tente de cr\u00e9er ce lien avec les praticiens, en leur envoyant tous les 15 jours une <strong>veille documentaire<\/strong>, \u00ab\u00a0<em>qui a \u00e9crit quoi<\/em>\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, et des liens vers des tutoriels. \u00ab\u00a0<em>C\u2019est une fen\u00eatre ouverte sur la biblioth\u00e8que.<\/em>\u00a0\u00bb Elle dispense \u00e9galement 200 heures de formation par an, \u00e0 des horaires pratiques pour les m\u00e9decins (<em>t\u00f4t le matin et tard le soir<\/em>).<\/p>\n<p><strong>Nassima Arrar<\/strong>, de l\u2019h\u00f4pital de Poissy\/Saint-Germain (<em>1100 lits<\/em>) : Elle est seule pour g\u00e9rer la documentation m\u00e9dicale et administrative. Ce sont toujours les m\u00eames 12 m\u00e9decins qui sont demandeurs d\u2019articles. Les activit\u00e9s de la biblioth\u00e8que sont \u00e9galement signal\u00e9es dans le livret d\u2019accueil des internes.<\/p>\n<p>Elle organise des sessions de formation de pr\u00e9f\u00e9rence lors du staff et par service pour les m\u00e9decins. Elle d\u00e9die \u00e9galement le jeudi aux sessions d\u2019initiation de BDD et de recherche documentaire avec un rappel r\u00e9gulier en CME par le vice-pr\u00e9sident de la CME pour promouvoir le centre de documentation.<\/p>\n<p>Pour sensibiliser les \u00e9tudiants, elle n\u2019h\u00e9site pas lors de l\u2019U.E. recherche documentaire (<em>10h\/an<\/em>) \u00e0 promouvoir le centre de documentation.<\/p>\n<h2>Continuer la discussion<\/h2>\n<p>En attendant une prochaine table ronde, vous pouvez utiliser les <strong>commentaires<\/strong> sous ce billet pour faire part de vos remarques et prolonger le dialogue.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 18 novembre 2014, une table-ronde a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e par la BIU Sant\u00e9 et l&rsquo;URFIST de Paris sur le th\u00e8me des besoins documentaires en sant\u00e9. Elle a donn\u00e9 lieu \u00e0 un dialogue enrichissant entre \u00e9tudiants, enseignants et professionnels de la sant\u00e9 et de la documentation, dont vous trouverez un compte-rendu ci-dessous (r\u00e9dig\u00e9 avec l&rsquo;aide des &hellip; <a href=\"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/table-ronde-besoins-documentaires-sante\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Table ronde sur les besoins documentaires en sant\u00e9&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[134,23,199],"class_list":["post-7535","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-medecine-odontologie","tag-bibliothecaire","tag-conference","tag-table-ronde"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7535"}],"collection":[{"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7535"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7535\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10410,"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7535\/revisions\/10410"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7535"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7535"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/medica\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7535"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}