
{"id":5005,"date":"2020-04-21T08:35:08","date_gmt":"2020-04-21T08:35:08","guid":{"rendered":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhad\/?p=5005"},"modified":"2020-04-21T08:35:08","modified_gmt":"2020-04-21T08:35:08","slug":"evolution-des-therapeutiques-chimiques-locales-dans-le-traitement-des-maladies-buccales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhad\/evolution-des-therapeutiques-chimiques-locales-dans-le-traitement-des-maladies-buccales\/","title":{"rendered":"Evolution des th\u00e9rapeutiques chimiques locales dans le traitement des maladies buccales"},"content":{"rendered":"<section class=\"wpb-content-wrapper\"><p>[vc_row][vc_column][vc_column_text el_class=\u00a0\u00bbid-redacteur\u00a0\u00bb]<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><b>Eduardo SABA-CHUJFI<\/b>, D.D.S., MSc. D., Ph. D.<br \/>\nProfesseur et Pr\u00e9sident du D\u00e9partement de Parodontologie, Facult\u00e9 de Chirurgie-Dentaire, Universit\u00e9 Camilio Castelo Branco, Sao-Paulo, Br\u00e9sil.<br \/>\n<b>Silvio Antonio DOS SANTOS PEREIRA<\/b>, D.D.S., MSc. D.<br \/>\nProfesseur-Assistant, D\u00e9partement de Parodontologie, Facult\u00e9 de Chirurgie-Dentaire, Universit\u00e9 Camilo Castelo Branco, Sao-Paulo, Br\u00e9sil<\/p>\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]<\/p>\n<h6>Pr\u00e9histoire (\u2026-2000 av. J.-C.)<\/h6>\n<p>Bien que la pr\u00e9histoire soit consid\u00e9r\u00e9e comme la p\u00e9riode qui pr\u00e9c\u00e8de l\u2019apparition de l\u2019\u00e9criture (2000 av. J.-C.), nous nous sommes rendus compte que les observations n\u2019ont pas livr\u00e9 de t\u00e9moignages ou une piste quelconque qui montre que l\u2019homme pr\u00e9historique \u00e9tait conscient, voire pr\u00e9occup\u00e9, par les soins dentaires ou par les modifications que nous voyons actuellement dans les maladies parodontales.<\/p>\n<h6><b>Antiquit\u00e9 (2000 av. J.-C.- 476 apr. J.-C.)<\/b><\/h6>\n<p>La recherche en vue d\u2019un traitement de la maladie parodontale, telles que l\u2019inflammation des tissus parodontaux, la mobilit\u00e9 des dents ou le d\u00e9p\u00f4t de tartre, apparut avec les r\u00e9actions instinctives de l\u2019homme pour tenter de minimiser ou d\u2019\u00e9radiquer leurs effets. La th\u00e9rapeutique \u00e9tait bas\u00e9e sur l\u2019exp\u00e9rimentation ou l\u2019association de substances provenant du r\u00e8gne animal, v\u00e9g\u00e9tal et min\u00e9ral.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Merritt (1930), les maladies des gencives et des dents sont souvent mentionn\u00e9es dans les livres chinois, et certains datent de 2000 ans avant J.-C. Parmi les rem\u00e8des mentionn\u00e9s pour traiter des cas dans lesquels \u00a0\u00bb les dents tombent souvent et l\u2019haleine devient f\u00e9tide \u00ab\u00a0, nous trouvons \u00a0\u00bb l\u2019urine \u00ab\u00a0* d\u2019enfant, qui sera utilis\u00e9 comme un \u00a0\u00bb bain de bouche \u00a0\u00bb (Merritt, A. H., Periodontal diseases, New York : Macmillan ; 1930 : p. 1-17).<\/p>\n<p>* action antiseptique.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Hoffmann-Axthelm (1981), en 1937, Ebers, en d\u00e9chiffrant les papyrus (1550 apr. J.-C.), trouva plusieurs formules employ\u00e9es pour am\u00e9liorer l\u2019hygi\u00e8ne buccale, et parmi elles, un m\u00e9lange de petites particules de pierres concass\u00e9es* d\u2019ocre* et de miel**, qui devaient \u00eatre plac\u00e9es sur les dents ou frott\u00e9es sur la gencive avec les doigts (Hoffmann-Axthelm, W., History of dentistry, Chicago ; Quintessence Publishing Co., Inc ; 1981 : 435).<\/p>\n<p>* pierres et ocre \u2013 action abrasive<\/p>\n<p>** miel \u2013 action \u00e9molliente, rafra\u00eechissante et tonique.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Morris Jastrow (1914), nos connaissances sur les Babyloniens et les Assyriens et leurs m\u00e9decines proviennent presque exclusivement des tablettes d\u2019argile du palais du roi assyrien Assurbanipal (Asie, Irak actuel), qui r\u00e9gna de 668 \u00e0 626 av. J.-C., et qui furent d\u00e9couvertes par Austen Henry Layard en 1849. Les babyloniens et les assyriens vantaient les m\u00e9rites de plusieurs recettes contre l\u2019inflammation des tissus gingivaux, les tum\u00e9factions ou les ulc\u00e9rations de la muqueuse gingivale. Nous mentionnerons, \u00e0 titre d\u2019exemple, plusieurs plantes, telles qu\u2019une vari\u00e9t\u00e9 d\u2019oignons* m\u00e9lang\u00e9s \u00e0 de l\u2019huile et port\u00e9s en bouche, ou des semences de navets** utilis\u00e9 lorque les joues \u00e9taient enflamm\u00e9es (Jastrow, M., The medicine of the babylonians and assyrians. Proc Soc Med 1914 ; 7 : 109-176).<\/p>\n<p>* Allium cepa \u2013 action anti-inflammatoire et h\u00e9mostatique<\/p>\n<p>** Brassica napus \u2013 propri\u00e9t\u00e9 anti-inflammatoire.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Smith (1958), Hippocrates (460 apr. J.-C.), donna quelques recettes contre la mauvaise haleine dans son Livre II: quand la bouche d\u2019une femme d\u00e9gage une mauvaise haleine et que ses gencives sont malades, vous deviez torr\u00e9fier, s\u00e9par\u00e9ment, une t\u00eate de li\u00e8vre et trois t\u00eates de souris*. R\u00e9duisez ensuite un morceau de marbre* en fines particules et m\u00e9langez ces produits en quantit\u00e9s \u00e9gales. Ce m\u00e9lange devait \u00eatre plac\u00e9 sur la surface des dents et des gencives, frott\u00e9e avec du coton ou de la laine ; puis, rincez la bouche avec de l\u2019eau. Trempez le coton ou la laine sale dans le miel** et frottez \u00e0 nouveau les dents et les gencives. M\u00e9langez des grains d\u2019anis*** avec de la myrrhe# et versez ce compos\u00e9 dans du vin# # blanc. Faites des bains de bouche pendant quelques temps. Outre le fait d\u2019encourager le brossage des dents, cette recette a aussi le m\u00e9rite de rendre l\u2019haleine agr\u00e9able et fra\u00eeche (Smith, M., A short history of dentistry. London : Allan Wingate Ltd. ; 1958 : p. 7-28).<\/p>\n<p>* les cendres ou le marbre ont une action abrasive.<\/p>\n<p>** le miel \u2013 action \u00e9molliente, rafra\u00eechissante et tonique<\/p>\n<p>*** anis = Pimpinella anisum &#8211; action rafra\u00eechissante, antiseptique, tonique et fra\u00eeche de l\u2019haleine.<\/p>\n<p># myrrhe=commiphora abissinica \u2013 stimulant et rafra\u00eechissant de l\u2019haleine<\/p>\n<p># # vin \u2013 bact\u00e9ricide (alcool).<\/p>\n<p>En 300 av. J.-C., Carystos, cit\u00e9 par Hoffmann-Axthelm (1981), pr\u00e9conisait de faire un bain de bouche \u00e0 l\u2019eau avant de faire un massage \u00e0 base de jus de menthe*. D\u2019apr\u00e8s cet auteur, c\u2019\u00e9tait pour am\u00e9liorer l\u2019hygi\u00e8ne buccale (Hoffmann-Axthelm. History of dentistry, Chicago : Quintessence Publishing Co., Inc. ; 1981 : 435 p).<\/p>\n<p>* Mentha piperita \u2013 propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques et toniques.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Foster (1879), Aulus Cornelius Celsus, en 38 apr. J.-C., recommandait de mastiquer des poires et des pommes peu m\u00fbres* et de garder leur jus en bouche. Recommand\u00e9 en cas de maladies parodontales (Foster, E. W, Celsus concerning the teeth. Dental Cosmos 1879 ; 21 : 235-241).<\/p>\n<p>* action astringente des poire et des pommes.<\/p>\n<p>Selon Merritt (1930), entre 79 et 23 av. J.-C., Caius Plinius Secundus, recommandait d\u2019utiliser un compos\u00e9* de cendres de pattes de ch\u00e8vres pour assurer le bon nettoyage des dents. Un autre agent de nettoyage des dents \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019excr\u00e9ments de moutons, roul\u00e9s sous forme de boulettes*. Elles \u00e9taient s\u00e9ch\u00e9es, r\u00e9duites en poudre et frott\u00e9es sur les dents. Tr\u00e8s utilis\u00e9 contre la mobilit\u00e9 dentaire (Merritt, A.H., Periodontal diseases. New York : Macmillan ; 1930 : p. 1-17).<\/p>\n<p>* action abrasive.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Lindsay (1933), les Japonais recommandaient de frotter la gencive avec les doigts et de rincer la bouche avec de l\u2019urine* d\u2019enfant dans les cas de maladies gingivales (Lindsay, L., Short history of dentistry, London : John Bale, Sons and Danielson, Ltd. ; 1933 : p. 7-93).<\/p>\n<p>* urine \u2013 action antiseptique.<\/p>\n<p>Selon Hoffmann-Axthelm (1981), Gall, en 1940, qui faisait des recherches sur la m\u00e9decine du peuple azt\u00e8que, montra que pour avoir une bonne hygi\u00e8ne, ce peuple recommandait de se rincer la bouche avec de l\u2019eau froide ou de l\u2019urine d\u2019enfant, et de polir les dents avec une \u00e9toffe impr\u00e9gn\u00e9e de charbon** et de sel*** (Hoffmann-Axthelm, W., History of dentistry, Chicago, Quintessence Publishing Co., Inc., 1981 : 435 p).<\/p>\n<p>* l\u2019urine \u2013 action antiseptique<\/p>\n<p>** le charbon \u2013 pour absorber les toxines, pour r\u00e9duire l\u2019hyperacidit\u00e9 et pour son action abrasive<\/p>\n<p>*** le sel \u2013 action abrasive<\/p>\n<p>Smith (1858) affirmait que Galien (130-200 apr. J.-C.), pour combattre l\u2019inflammation des tissus parodontaux, recommandait de garder dans la bouche de l\u2019huile de lentilles* mod\u00e9r\u00e9ment chaude, ou des racines de jusquiame noire** bouillies dans du vinaigre. Il serait \u00e9galement b\u00e9n\u00e9fique de couvrir les tissus enflamm\u00e9s avec une poudre pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019une part de sel*** et de quatre parts d\u2019alun #, suivi d\u2019un bain de bouche au vin # # (Smith, M., A short history of dentistry. London : Allan Wingate Ltd. ; 1958 : p. 7-28).<\/p>\n<p>* les lentille= Ervum lens \u2013 propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires<\/p>\n<p>** la jusquiame= Hyoscyamus niger ou Black Henbane \u2013 propri\u00e9t\u00e9s analg\u00e9siques et s\u00e9datives et le vinaigre \u2013 action astringente.<\/p>\n<p>*** le sel \u2013 action abrasive<\/p>\n<p># l\u2019alun=alum= stone ume \u2013 action astringente<\/p>\n<p># # le vin \u2013 bact\u00e9ricide (alcool)<\/p>\n<h6>Moyen-Age (476-1453)<\/h6>\n<p>Entre 860 et 930 apr. J.-C., Rhaz\u00e8s, \u00e0 la fois m\u00e9decin, alchimiste et philosophe persan, de religion musulmane, exer\u00e7ait la m\u00e9decine \u00e0 Bagdad (Irak). Pour assurer une bonne hygi\u00e8ne, il pr\u00e9conisait d\u2019utiliser les petites branches de \u00a0\u00bb miswak \u00a0\u00bb et de nettoyer les dents avec une pr\u00e9paration constitu\u00e9e par un m\u00e9lange de cendres de cornes de biches*, de lentilles**, de sel*, d\u2019alun***, de myrrhe# et de miel# # (Hoffmann-Axthelm, W. History of dentistry, Chicago : Quintessence Publishing Co, Inc. ; 1981 : 435 p).<\/p>\n<p>* la cendre de cornes de biches et le sel \u2013 action abrasive<\/p>\n<p>** les lentilles= Ervum lens \u2013 propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires<\/p>\n<p>*** l\u2019alun=stone ume \u2013 action astringente<\/p>\n<p># la myrrhe= C. abissinica \u2013 stimulant et rafra\u00eechissant de l\u2019haleine<\/p>\n<p># # le miel \u2013 \u00e9mollient, rafra\u00eechissant et tonique.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Smith (1958), entre 980 et 1037 apr. J. C., Avicenne, un persan, fit remarquer que le tartre dentaire pouvait \u00eatre enlev\u00e9 en utilisant une pr\u00e9paration contenant de l\u2019ambre*, du sel*, des coquilles d\u2019escargots* et d\u2019hu\u00eetres* torr\u00e9fi\u00e9es, de l\u2019ammoniaque**, du gypse* et du vers de gris*** avec du miel #. Il affirmait aussi qu\u2019une poudre dentifrice tr\u00e8s dure pouvait endommager les surfaces dentaires et qu\u2019elle devait \u00eatre rejet\u00e9e (Smith, M., A short history of dentistry. London : Allan Wingate Ltd. ; 1958 : p. 7-28).<\/p>\n<p>* l\u2019ambre=meerschaum, le sel, les coquilles d\u2019escargots et d\u2019hu\u00eetres torr\u00e9fi\u00e9es et le gypse \u2013 action abrasive.<\/p>\n<p>** l\u2019ammoniaque \u2013 action d\u00e9tergente.<\/p>\n<p>*** le ver de gris \u2013 action astringente et caustique<\/p>\n<p># le miel \u2013 \u00e9mollient, rafra\u00eechissant et tonique.<\/p>\n<h6>Renaissance (1453-1789)<\/h6>\n<p>Selon Smith (1958), en 1458, Giovanni d\u2019Arcoli, un enseignant de Bologne (Italie), recommandait de nettoyer les dents avec une pr\u00e9paration compos\u00e9e d\u2019un m\u00e9lange de miel* et de sucre, de sels** torr\u00e9fi\u00e9s et de miel* et d\u2019une quantit\u00e9 \u00e9quivalente de razel-nuts #. Cette pr\u00e9paration s\u2019employait en frottant les dents et les gencives avec du coton ou de la laine (Smith, M., A short history of dentistry. London : Allan Wingate Ltd. ; 1958 : p. 7-28).<\/p>\n<p>* le miel \u2013 action \u00e9molliente, rafra\u00eechissante et tonique.<\/p>\n<p>** le sucre et le sel \u2013 action abrasive.<\/p>\n<p># Corylus avellana \u2013 action d\u00e9tergente et d\u00e9purative.<\/p>\n<p>Le mot \u00a0\u00bb dentifrice \u00a0\u00bb fut introduit pour la premi\u00e8re fois dans le vocabulaire anglais en 1558 (Fischmann SL., Hare\u2019s teeth to fluorides, historical aspects of dentifrice use. In : Embery G., Clinical and Biological Aspects of Dentifrices. Oxford Medical Publications ; 1992 : p. 1-8).<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Ring (1961), les nouvelles suivantes apparurent dans le Columbian Magazine de 1789 : \u00a0\u00bb Un nouveau rem\u00e8de d\u00e9couvert contre le scorbut des gencives. Prenez une demie pinte de th\u00e9 de sauge* rouge ; ajoutez-y un morceau d\u2019alun** \u2013 de la taille d\u2019une noix de muscade et une cuill\u00e8re \u00e0 soupe de miel*** et d\u2019ammoniaque# ; la m\u00eame quantit\u00e9 de vinaigre. Placez-le sur un feu doux, jusqu\u2019\u00e0 ce que la quantit\u00e9 d\u2019alun soit dissoute \u00ab\u00a0. Cette pr\u00e9paration \u00e9tait utilis\u00e9e pour rincer plusieurs fois la bouche. Si la personne perd ses dents, augmentez la dose de miel***, de vinaigre # # #, d\u2019alun** et de vin # # (Ring, M. E., History of dental prophylaxis. J. Amer Dent Ass, 1961 ; 75 : 892-5).<\/p>\n<p>* la sauge=Salvia officinalis \u2013 action tonique, astringente et h\u00e9mostatique, rafra\u00eechissant de l\u2019haleine.<\/p>\n<p>** l\u2019alun= stone ume \u2013 action astringente<\/p>\n<p>*** le miel \u2013 \u00e9mollient, rafra\u00eechissant et tonique<\/p>\n<p>#\u00a0 l\u2019ammoniaque \u2013 d\u00e9tergent<\/p>\n<p># # le vin \u2013 action bact\u00e9ricide (alcool)<\/p>\n<p># # # le vinaigre \u2013 action astringente.<\/p>\n<h6>P\u00e9riode contemporaine (1789 &#8211; \u2026 )<\/h6>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Bier (1981), la p\u00e9riode antiseptique a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9e par Joseph Lister en 1867 lorsqu\u2019il publia l\u2019article intitul\u00e9 : \u00a0\u00bb On the Antiseptic principle of the Practice of Surgery \u00ab\u00a0, o\u00f9 il utilisa l\u2019acide ph\u00e9nique comme solution d\u00e9sinfectante. A cette \u00e9poque, un jet d\u2019acide ph\u00e9nique \u00e9tait projet\u00e9 sur le champ op\u00e9ratoire, les mains du chirurgiens \u00e9taient plong\u00e9es dans la solution, ainsi que tout instrument pr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019assistant (Bier, O. Bacteriologia e immunologia em suas aplica\u00e7\u00f6es \u00e0 medicina e \u00e0 higiene. Sao Paulo : Medlhoramentos ; 1981 : p. 1-7a).<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Burnett et Co. (1978), Miller est le p\u00e8re de la microbiologie buccale. Auteur de la th\u00e9orie Chimico-parasitaire de la carie dentaire, Miller fut l&rsquo;un des premiers \u00e0 mettre en application les sciences fondamentales pour la gu\u00e9rison des maladies buccales. Comme chercheur, Miller \u00e9crivit le premier manuel de microbiologie. Il fut publi\u00e9 en Allemagne en 1889, et aux Etats-Unis en 1890. Son titre : \u00a0\u00bb Les microorganismes de la cavit\u00e9 buccale humaine \u00a0\u00bb (Burnett, G. W. ; Scherp, H. W. ; Schuster, G. S. ; Microbiologia oral &amp; doen\u00e7as infecciosas. Trad. Por Jos\u00e9 Carlos Borges Teles. Rio de Janeiro : Guanabara Koogan ; 1978 : 756 p).<\/p>\n<p>Selon Anthony J. Preston (Dent. Update 1998 ; 25 : 247-253), les dentifrices qui contiennent des principes actifs, furent appel\u00e9s dentifrices \u00a0\u00bb th\u00e9rapeutiques \u00ab\u00a0. Le premier symposiums relatifs \u00e0 l\u2019\u00e9valuation des dentifrices th\u00e9rapeutiques fut organis\u00e9 en 1953 par l\u2019American Dental Association (ADA). Plusieurs compos\u00e9s furent analys\u00e9s, y compris des ingr\u00e9dients qui avaient la pr\u00e9tention d\u2019\u00eatre bact\u00e9ricides, bact\u00e9riostatiques, inhibiteurs des enzymes ou neutralisants des acides.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce aux \u00e9tudes de microbiologie de la plaque bact\u00e9rienne, Dawes et Coll., en 1963, affirm\u00e8rent que plusieurs cha\u00eenes bact\u00e9riennes avaient le pouvoir potentiel de se d\u00e9velopper dans un laps de temps tr\u00e8s court et en l\u2019absence d\u2019un contr\u00f4le appropri\u00e9 de la plaque bact\u00e9rienne, d\u00e9montrant ainsi l\u2019importance de l\u2019hygi\u00e8ne buccale et attirant l\u2019attention sur toute l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9. Ce n\u2019est qu\u2019avec les \u00e9tudes de Lo\u00eb et Coll. (1965) et Theilade et Coll. (1966) que fut d\u00e9montr\u00e9 la relation directe entre la r\u00e9ponse bact\u00e9rienne et le tissu inflammatoire des tissus parodontaux, et gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement des signes cliniques que les gingivites purent \u00eatre ma\u00eetris\u00e9es (Dawes, C., Jenkins, G. N., Tonge, C.H. The Nomenclature of the integuments of the enamel surface of teeth. Br Dent J 1963 ; 16 : 65-68 ; Lo\u00eb, H., Theilade, E. ; Jensen, B., Experimental gingivitis in man. J. Periodontol 1965 ; 36 : 177-87 ; Theilade, E. ; Wright, W. H. ; Jensen, S. B. ; Lo\u00ea, H., Experimental gingivitis in man. II. A longitudinal clinical and bacteriological investigation. J. periodontol Res 1966 ; 1 : 1-13).<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Jeffcoat, MK et Coll (1997), \u00e0 la fin des ann\u00e9es soixante, les parodontologistes commenc\u00e8rent \u00e0 identifier plusieurs agents anti-microbiens, tels que les antiseptiques, qui \u00e9taient, en g\u00e9n\u00e9ral, d\u2019excellents candidats \u00e0 l\u2019\u00e9radication du vaste champ de la flore microbienne buccale. Ces agents comprenaient le triclosan, la chlorhexidine, la sanguinarine, les sels m\u00e9talliques, les enzymes et les compos\u00e9s ph\u00e9nol\u00e9s (Jeffcoat, MK ; mcGuire, M ; Newman, MG JADA ; 1997 ; 128 : 713-724).<\/p>\n<p>Le concept de traitement des parodontites comme infection bact\u00e9rienne devint int\u00e9ressant au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, en partie gr\u00e2ce aux statistiques substantielles qui indiquaient que les parodontites \u00e9taient dues \u00e0 une bact\u00e9rie pathog\u00e8ne sp\u00e9cifique (Ellen, RP ; McCulloch, CAG Periodontol 2000, 1996 ; 10 : 29-44).<\/p>\n<p>Goodson et Coll. (1991) introduisirent vers la fin des ann\u00e9es soixante-dix l\u2019id\u00e9e de placer des antibiotiques dans les poches parodontales. Les chercheurs \u00e9mirent l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019il devrait \u00eatre possible de d\u00e9livrer une dose d\u2019antibiotiques directement au niveau du site infect\u00e9, qui st\u00e9riliseraient virtuellement la poche, et \u00e9limineraient les bact\u00e9ries pathog\u00e8nes du parodonte (Goodson, JM ;, Cugini, MA ; Kent, R et coll. J Periodontol Res 1991 ; 10, 29-44).<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Van Winkelholff et coll (1996), dans les ann\u00e9es 1980 et 1990, un certain nombre de rapports sugg\u00e9raient que des agents m\u00e9dicamenteux tels que la t\u00e9tracycline, le metronidazole, la doxycycline, l\u2019amoxicilline et l\u2019amoxicilline plus le metronidazole ou la clindamycine pouvaient \u00eatre b\u00e9n\u00e9fique au traitement chronique et \u00e9nergique des parodontites (Vna Winkelholff, AJ ; ramos, TE ; Slots J Periodontol 2000 ; 1996 : 10, 45-78).<\/p>\n<p>Des agents antimicrobiens, d\u00e9livr\u00e9s sous forme de bains de bouche, de gels, de p\u00e2tes dentifrices, peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour maintenir la plaque bact\u00e9rienne \u00e0 des taux compatibles avec une sant\u00e9 buccale normale, en r\u00e9duisant la plaque existante, en pr\u00e9venant la formation d\u2019une nouvelle plaque, en d\u00e9truisant s\u00e9lectivement les bact\u00e9ries sp\u00e9cifiques qui sont associ\u00e9es aux maladies et en emp\u00eachant les d\u00e9terminants d\u2019exprimer leur virulence (Marsch, PD J Dent Res 1992 : 71 : 1431-1438).<\/p>\n<p>Un dentifrice type contient : un compos\u00e9 actif, des abrasifs, des d\u00e9tergents, des agents de liaison, des humidifiants, des conservateurs, des agents parfum\u00e9s et sucr\u00e9s (Preston, A.J. ? Dent Update 1998 ; 25 : 247-253).<\/p>\n<p>Les bains de bouche sont les v\u00e9hicules les plus simples des agents anti-plaques ; celui qu\u2019on utilise le plus souvent est un m\u00e9lange d\u2019eau et d\u2019alcool auquel on ajoute le go\u00fbt, des compos\u00e9s de surface non ioniques et des humidifiants pour en augmenter les propri\u00e9t\u00e9s cosm\u00e9tiques (Pader, M., Oral Hygiene Products and Practice. New York : Dekker, 1998 : 9-20).<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Jeffcoat et coll (1997), au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, on s\u2019est beaucoup int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l\u2019application directe d\u2019agents anti-microbiens dans les poches parodontales, \u00e9liminant et r\u00e9duisant de ce fait beaucoup d\u2019effets secondaires li\u00e9s aux antibiotiques syst\u00e9miques (Jeffcoat, MK ; McGuire, M., Newman, MG JADA ; 1997 ; 128 : 713-724).<\/p>\n<p class=\"cadre1\"><i>\u00a0\u00bb Ni la nature, ni l\u2019histoire, ne peuvent nous dire ce que nous devrions faire. Les faits, li\u00e9s \u00e0 la nature ou \u00e0 l\u2019histoire, ne peuvent pas d\u00e9cider ou d\u00e9terminer les voies que nous devrions prendre. Nous proposons et donnons un sens \u00e0 la nature et faisons l\u2019histoire par nous-m\u00eame \u00a0\u00bb (Popper, 1997).<\/i><\/p>\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n<\/section>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text el_class=\u00a0\u00bbid-redacteur\u00a0\u00bb] Eduardo SABA-CHUJFI, D.D.S., MSc. D., Ph. D. Professeur et Pr\u00e9sident du D\u00e9partement de Parodontologie, Facult\u00e9 de Chirurgie-Dentaire, Universit\u00e9 Camilio Castelo Branco, Sao-Paulo, Br\u00e9sil. Silvio Antonio DOS SANTOS PEREIRA, D.D.S., MSc. D. Professeur-Assistant, D\u00e9partement de Parodontologie, Facult\u00e9 de Chirurgie-Dentaire, Universit\u00e9 Camilo Castelo Branco, Sao-Paulo, Br\u00e9sil [\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text] Pr\u00e9histoire (\u2026-2000 av. J.-C.) 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