Programme et résumés de la prochaine réunion

Réunion de la SFHM le 16 octobre 2026

Académie nationale de médecine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h
Métro, stations Saint-Germain-des-Prés et Mabillon – Bus, lignes 39 et 95

Programmes et résumés des précédentes réunions

      • Conférence invitée (une heure)

        Raphaële ANDRAULT Anatomie et clinique de la douleur au XVIIe siècle

        René Descartes (1596-1650) s’est intéressé au mécanisme nerveux à l’origine de la douleur. Cet épisode marquant dans l’histoire de la neurologie a été à la fois salué comme une avancée anatomique majeure et dénoncé comme une faute originelle : à partir de Descartes, la douleur aurait été abusivement réduite à un mécanisme sensoriel et nociceptif, au détriment de ses dimensions affective et cognitive, pourtant essentielles. Nous corrigerons une telle lecture en inscrivant la philosophie cartésienne dans son contexte historique et en la confrontant à quatre types de discours médicaux sur la douleur publiés dans les décennies 1630-1650, au croisement de la chirurgie, de la médecine pratique et de la rhétorique.

      • Communications (20 minutes)

      • Serge ROSOLEN – Les chats ratiers d’Adrien Loir, neveu de Louis Pasteur

        Les chats ratiers d’Adrien Loir neveu de Louis Pasteur

        La prolifération des rats pose un problème de santé publique et cause des pertes économiques. Dans les années 1930, plusieurs conférences internationales ont été organisées sur le thème de la lutte contre les rats. Pour les éliminer, on a essayé d’utiliser leurs ennemis naturels, chiens, furets, serpents ratiers. Quand il a été nommé à la direction du bureau d’hygiène de la ville du Havre, Adrien Loir, le neveu de Pasteur, a innové en utilisant des chats. Il a créé des haras félins et des Cat Clubs ratiers, afin de sélectionner les meilleurs prédateurs. Cette expérience a été mystérieusement oubliée, comme les autres travaux d’Adrien Loir, qui a pourtant été un collaborateur actif de son oncle et a participé à l’épopée pasteurienne..

      • Viridiana PETITJEAN – Histoire comparée de la consultation médicale, contribution à l’étude des démarches cliniques du XVIe ou XXIe siècle

        La démarche clinique pendant la consultation médicale en médecine générale est l’étape clé de la prise en charge thérapeutique mais elle n’a cependant jamais été théorisée. Pourtant elle est représentative de l’histoire de la médecine en occident du XVIe siècle à nos jours. Être médecin généraliste est complexe, comme le montrent les définitions données par les référentiels métiers. Au carrefour de nombreuses représentations, son rôle est dans une démarche de soin primaire basée sur la consultation médicale. L’examen de l’évolution de cette démarche clinique grâce aux consilia, permet de montrer un cheminement interprété grâce à l’histoire comparée. Les démarches cliniques du XVIe au XXIe siècle se réduisent en étapes clés successives. Le recueil d’informations, par interrogatoire et observation, permet ainsi l’orientation du praticien dans son examen clinique pour aboutir à une prise en charge adaptée. Cette progression logique, basée sur le socle des connaissances du moment, s’est transmis aux générations successives d’étudiants pour aboutir à la démarche actuelle. La médecine moderne est le fruit de l’affirmation de la démarche clinique qui aura influencé la réinterprétation du rôle de médecin et du concept de maladie. Ces notions restant en perpétuelle évolution, dont la définition définition de la fièvre procure un modèle, il est nécessaire de les transmettre aux générations futures garantes de la résolution des questions des aînés. À l’ère de la domination paraclinique, la clinique apparaît plus que jamais comme le socle du métier de médecin, adaptative au monde actuel et tributaire des anciens ayant contribué à son façonnement.

      • Patrick BERCHE – Julius Wagner-Jauregg et le traitement de la paralysie générale par la malaria

        La ‘’paralysie générale’’ est une méningoencéphalite qui complique la syphilis tertiaire et dont l’évolution est toujours mortelle. Au début du XXe siècle, un psychiatre autrichien, Julius Wagner-Jauregg, a préconisé des traitements induisant des accès fébriles pour endiguer l’évolution de la maladie, incluant à partir de 1917 l’inoculation de la malaria aux patients syphilitiques déments hospitalisés dans des asiles psychiatriques de Vienne. Il obtenait environ 25% de rémissions et 25% d’améliorations modérées. Plusieurs autres équipes dans le monde ont obtenu des résultats similaires. Ces travaux cliniques qui étaient des expérimentations humaines, lui ont valu le prix Nobel de médecine ou physiologie en 1927. C’était à l’époque le seul traitement d’une maladie toujours mortelle. Il a été largement utilisé en Europe et aux États-Unis pour traiter la neurosyphilis jusque dans les années 1950, avant d’être supplanté par la pénicilline. La validité des travaux de Wagner-Jauregg a été contestée du fait de problèmes méthodologiques, notamment l’absence de groupes témoins et de tirage au sort, et l’usage d’autres traitements concomitants. De plus, cette expérimentation soulève d’importantes questions éthiques, tout particulièrement l’absence de consentement et la dangerosité du procédé utilisé..