{"id":1514,"date":"2026-06-29T07:00:26","date_gmt":"2026-06-29T05:00:26","guid":{"rendered":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/?p=1514"},"modified":"2026-07-03T17:29:22","modified_gmt":"2026-07-03T15:29:22","slug":"programmes-des-prochaines-seances","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/programmes-des-prochaines-seances\/","title":{"rendered":"Programmes et r\u00e9sum\u00e9s des pr\u00e9c\u00e9dentes r\u00e9unions"},"content":{"rendered":"<h2><strong>R\u00e9union de la SFHM le 12 juin 2026<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/1523-2\/\">Programme et r\u00e9sum\u00e9s de la prochaine r\u00e9union<\/a><\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Jacqueline VONS <\/strong>\u2013 <em>Savoir et s\u00e9duction dans la <\/em>Fabrique <em>(1543) d\u2019Andr\u00e9 V\u00e9sale<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Les sept livres composant la <em>Fabrique<\/em> de V\u00e9sale constituent un ensemble unique ouvert sur le corps humain. V\u00e9sale se pr\u00e9sente comme l\u2019interpr\u00e8te ou le truchement du corps \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb qu\u2019il explique et enseigne, selon une approche m\u00e9thodique, de la dissection \u00e0 la cat\u00e9gorisation des choses vues, en fournissant les outils qui permettront \u00e0 ses disciples et successeurs de reproduire le protocole et d\u2019assurer la continuit\u00e9 dans le savoir enseign\u00e9. Mais ces d\u00e9monstrations rigoureuses sont souvent interrompues par un commentaire personnel de l\u2019auteur justifiant la technique utilis\u00e9e, signalant des variantes anatomiques individuelles, ou m\u00eame transformant un index de planches en texte pol\u00e9mique. Ces proc\u00e9d\u00e9s qui s\u00e9duisent, car ils font appel au sens critique du lecteur, doivent nous persuader de partager le point de vue de l\u2019auteur, seul v\u00e9ritable architecte du corps d\u00e9crit.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<\/li>\n<li><strong>Philippe ALBOU <\/strong><em>\u2013 Aper\u00e7u de la m\u00e9decine m\u00e9di\u00e9vale \u00e0 partir de \u00ab Renart m\u00e9decin \u00bb, \u00e9pisode du <\/em>Roman de Renart<em> (XIIe s.)<br \/>\n<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Le <em>Roman de Renart<\/em> est un ensemble d\u2019une trentaine de r\u00e9cits animaliers m\u00e9di\u00e9vaux, en ancien fran\u00e7ais et en octosyllabes, qui furent r\u00e9dig\u00e9s entre 1170 et 1270 par une vingtaine d\u2019auteurs, anonymes pour la plupart. Ces r\u00e9cits font intervenir des personnages r\u00e9currents tels que Renart le goupil, Noble le lion, Ysengrin le loup, Chantecler le coq, Tybert le chat, etc. Ils s\u2019inscrivent dans une tradition ancienne, comme les <em>Fables<\/em> d\u2019\u00c9sope (VIIe-VIe s. av. J.-C.), et trouvent leurs sources dans des r\u00e9cits ant\u00e9rieurs, comme un texte en latin du XIIe s., intitul\u00e9 <em>Ysengrimus<\/em>. R\u00e9cit\u00e9s en langue d\u2019o\u00efl par les trouv\u00e8res, les aventures de Renart et de ses compagnons \u00e9taient surtout destin\u00e9es \u00e0 distraire l\u2019auditoire, sans exclure une certaine satire de la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00e9poque. L\u2019un des \u00e9pisodes, qui nous int\u00e9ressera particuli\u00e8rement dans cet expos\u00e9, s\u2019intitule \u00ab Renart m\u00e9decin \u00bb o\u00f9 un concours de circonstances va faire que le roi lion tombe malade et que Renart se transforme en m\u00e9decin de pacotille, avec quelques passages \u00ab m\u00e9dicaux \u00bb croustillants. Nous avons choisi de transcrire ces derniers en octosyllabes modernes non rim\u00e9s, afin de retrouver, dans la mesure du possible, l\u2019esprit et le charme de ces textes sur la m\u00e9decine \u00e0 la charni\u00e8re entre le XIIe et le XIIIe s. Cette pr\u00e9sentation sera agr\u00e9ment\u00e9e d\u2019illustrations tir\u00e9es de manuscrits du XIVe s. conserv\u00e9s \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale de France.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Jacques ROBERT<\/strong> <em style=\"font-size: 0.8125rem;\"><em>\u2013 Les premiers temps du Bulletin de l\u2019Association fran\u00e7aise pour l\u2019\u00e9tude du cancer<br \/>\n<\/em><\/em><\/p>\n<blockquote><p>L\u2019Association fran\u00e7aise pour l\u2019\u00e9tude du cancer (AFEC) a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1906, \u00e0 la suite du premier congr\u00e8s international sur le cancer qui s\u2019\u00e9tait tenu \u00e0 Heidelberg en 1905. \u00c0 partir de 1908, elle tient des s\u00e9ances mensuelles o\u00f9 sont pr\u00e9sent\u00e9es des communications scientifiques publi\u00e9es ensuite dans le Bulletin de l\u2019AFEC. Le travail pr\u00e9sent\u00e9 analyse les principaux articles publi\u00e9s dans le Bulletin de 1908 \u00e0 1910 afin de comprendre quelles \u00e9taient les questions qui int\u00e9ressaient les canc\u00e9rologues de cette p\u00e9riode, les outils qu\u2019ils utilisaient pour y r\u00e9pondre, et les r\u00e9ponses qu\u2019ils y apportaient. Deux th\u00e8mes sont d\u00e9velopp\u00e9s : l\u2019\u00e9tiologie infectieuse et h\u00e9r\u00e9ditaire des cancers.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Beno\u00eet VESSELLE <\/strong><em>\u2013 Une blessure par balle re\u00e7ue \u00e0 la bataille de Waterloo<br \/>\n<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Le g\u00e9n\u00e9ral Antoine Simon Durrieu (1775-1862) a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 par balle \u00e0 Waterloo le 18 juin 1815. L\u2019interne en chirurgie du service de Dupuytren a expos\u00e9 les difficult\u00e9s pour confirmer ou infirmer la pr\u00e9sence du corps \u00e9tranger, racont\u00e9 les tentatives d\u2019abords et d\u00e9taill\u00e9 l\u2019\u00e9volution compliqu\u00e9e et les soins pratiqu\u00e9s. On \u00e9voque les modalit\u00e9s d\u2019exploration des plaies pour la recherche des corps \u00e9trangers ainsi que les instruments utilis\u00e9s pendant quatre si\u00e8cles pour l\u2019extraction des balles.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union des 22-23 mai 2026<\/strong><\/h2>\n<h2><em>Histoire de la m\u00e9decine en Bretagne<\/em><\/h2>\n<h3>r\u00e9union commune de la SFHM et de la Soci\u00e9t\u00e9 polymathique du Morbihan<\/h3>\n<h4>Maison des associations, 31 rue Guillaume Le Bartz, 56000 VANNES<\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><a href=\"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/SFHM-Vannes-22-23-mai-2026-Programme.pdf\"><strong>PROGRAMME<\/strong><\/a><\/h4>\n<h4><strong>R\u00c9SUM\u00c9S<\/strong><\/h4>\n<ul>\n<li><strong>Fran\u00e7ois ARS<\/strong> \u2013 <em>Les m\u00e9decins et arch\u00e9ologues de la Soci\u00e9t\u00e9 polymathique du Morbihan<\/em>La Soci\u00e9t\u00e9 polymathique du Morbihan, fond\u00e9e en 1826, fit des recherches dans divers domaines mais orienta assez rapidement l\u2019essentiel de ses activit\u00e9s vers les fouilles arch\u00e9ologiques et particuli\u00e8rement vers l\u2019\u00e9tude des m\u00e9galithes. Parmi les quinze fondateurs de la Soci\u00e9t\u00e9 savante, on comptait trois m\u00e9decins et un \u00e9tudiant en m\u00e9decine (Mauricet, Jan de la Gillardaie, Claret et de Qu\u00e9ral).<br \/>\nLe docteur Alfred Fouquet fut le premier \u00e0 fouiller un tumulus en 1853. \u00c0 sa suite de nombreux m\u00e9decins particip\u00e8rent aux recherches arch\u00e9ologiques de la Polymathique. Mauricet, De Closmadeuc, pour ne citer que deux exemples significatifs, \u00e9taient les repr\u00e9sentants chevronn\u00e9s d\u2019un groupe qui fut toujours tr\u00e8s bien install\u00e9 au sein de cette soci\u00e9t\u00e9 savante puisque l\u2019on compte entre 10% \u00e0 15% de m\u00e9decins et pharmaciens parmi les polymathes selon les ann\u00e9es comprises entre 1880 et 1914. Beaucoup de m\u00e9decins qui parcouraient les campagnes servaient d\u2019informateurs \u00e0 leurs coll\u00e8gues de la Soci\u00e9t\u00e9, indiquant la pr\u00e9sence de m\u00e9galithes voire en faisant la description d\u2019un monument. Reconnaissant le travail de ces \u00e9rudits, les polymathes choisirent \u00e0 20 reprises entre 1826 et 1939, un m\u00e9decin afin de pr\u00e9sider aux destin\u00e9es de la Soci\u00e9t\u00e9, ce qui constitua un record.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Bernard LEBEAU, Patrick MATH\u00c9O<\/strong> \u2013 <em>Prosper Claret de La Touche (1787-1866), m\u00e9decin chef de l&rsquo;h\u00f4pital de Vannes et membre fondateur de la Soci\u00e9t\u00e9 polymathique du Morbihan<\/em>Le docteur Prosper Claret (Saint-Jean-la-Poterie, 1787-Saint-Germain-en-Laye, 1866), issu d\u2019une famille d\u2019hommes de loi du sud-est du Morbihan, commen\u00e7a ses \u00e9tudes au lyc\u00e9e de Rennes. Il poursuivit son cursus \u00e0 l\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine de Paris sous l\u2019Empire et soutint sa th\u00e8se sur \u00ab\u00a0La Goutte\u00a0\u00bb en 1812. Rentr\u00e9 \u00e0 Vannes, il devint m\u00e9decin-chef de l\u2019h\u00f4pital de la ville, charg\u00e9 du service chirurgical. Fin clinicien, ses dons d\u2019observation lui firent publier de nombreuses \u00e9tudes dans diff\u00e9rentes revues professionnelles, \u00e0 propos de la t\u00e9ratologie, des \u00e9pid\u00e9mies, notamment de chol\u00e9ra, des recherches th\u00e9rapeutiques\u2026, ce qui lui valut de devenir membre correspondant de l\u2019Acad\u00e9mie de m\u00e9decine en 1834. Hygi\u00e9niste reconnu, il exer\u00e7a des responsabilit\u00e9s au sein d\u2019organismes m\u00e9dico-sociaux et fit progresser les conditions de sant\u00e9 publique dans son d\u00e9partement. D\u2019esprit \u00e9clectique, il adh\u00e9ra \u00e0 diff\u00e9rentes soci\u00e9t\u00e9s scientifiques et litt\u00e9raires du Grand Ouest. D\u2019opinion lib\u00e9rale, il devint une figure de la franc-ma\u00e7onnerie vannetaise. Il est, en outre, l\u2019un des cofondateurs de la Soci\u00e9t\u00e9 polymathique du Morbihan qui f\u00eate son bicentenaire en 2026. Ce sont les raisons pour lesquelles les deux auteurs ont voulu retracer la vie et l\u2019\u0153uvre de ce m\u00e9decin aujourd\u2019hui oubli\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Jean-Fran\u00e7ois HUTIN<\/strong> \u2013 <em>Les correspondants bretons de la Soci\u00e9t\u00e9 Royale de M\u00e9decine<\/em>La Soci\u00e9t\u00e9 Royale de M\u00e9decine (SRM) fut cr\u00e9\u00e9e et mise en place par et pour le gouvernement qui souhaitait avoir une connaissance pr\u00e9cise de la situation sanitaire et de l\u2019histoire m\u00e9dicale de chaque r\u00e9gion dans le but de mener une v\u00e9ritable politique nationale de sant\u00e9 publique. Son secr\u00e9taire, Vicq d\u2019Azyr, mit donc sur pied un r\u00e9seau d\u2019informateurs en nommant dans tout le territoire des \u00ab correspondants\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0correspondants r\u00e9gnicoles\u00a0\u00bb. La lecture attentive des listes fournies par les r\u00e9dacteurs des <em>M\u00e9moires de la SRM<\/em> ne signale que quinze correspondants bretons et seulement trois associ\u00e9s r\u00e9gnicoles dont les premiers m\u00e9decins de la marine de Brest\u00a0; mais l\u2019\u00e9tude des archives de la SRM montre que d\u2019autres m\u00e9decins qui n\u2019avaient pas de titre officiel entretinrent une correspondance avec la soci\u00e9t\u00e9 et son secr\u00e9taire Vicq d\u2019Azyr. Cette communication a pour but de montrer que ces m\u00e9decins et chirurgiens bretons, qu\u2019ils fussent correspondants officiels ou officieux de la SRM, certes peu nombreux par rapport \u00e0 d\u2019autres r\u00e9gions, mais aussi moins bien form\u00e9s, n\u2019en n\u00e9glig\u00e8rent pas pour autant leur r\u00f4le au sein de la Soci\u00e9t\u00e9 dans les limites de leurs capacit\u00e9s et de leurs connaissances, telles que d\u00e9finies dans ses statuts, que ce soit dans la r\u00e9daction des topographies m\u00e9dicales, les relev\u00e9s m\u00e9t\u00e9orologiques, la lutte contre les \u00e9pid\u00e9mies, l\u2019analyse des eaux min\u00e9rales, les observations m\u00e9dico-chirurgicales, l\u2019\u00e9tude des maladies ou des traitements, et surtout la lutte contre le charlatanisme, d\u2019autant plus pr\u00e9sent en Bretagne que la m\u00e9decine officielle y \u00e9tait peu repr\u00e9sent\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Jean-Marie GUEULLETTE<\/strong> \u2013 <em>Claude et Marguerite de la Garaye, chirurgiens et chercheurs en chimie \u00ab pour le bien des pauvres \u00bb au pays de Dinan de 1710 \u00e0 1757<\/em>Ce couple d\u2019aristocrates fortun\u00e9s a une histoire passablement originale. Ayant d\u00e9cid\u00e9, pour des motifs religieux d\u2019abandonner la vanit\u00e9 de leur vie mondaine et de servir les pauvres, ils ne se content\u00e8rent pas de leur consacrer leurs revenus. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 se former \u00e0 la chirurgie et \u00e0 la chimie \u00e0 Paris, ils exerc\u00e8rent durant 45 ans une activit\u00e9 th\u00e9rapeutique efficace dans l\u2019h\u00f4pital qu\u2019ils avaient install\u00e9 chez eux. Marie Marguerite ne se contentait pas de faire des pansements, elle pratiquait elle-m\u00eame l\u2019abaissement de la cataracte, semble-t-il avec succ\u00e8s car de nombreux malades venaient \u00e0 elle. La recherche en chimie, men\u00e9e conjointement aux soins des malades et \u00e0 la formation de jeunes chirurgiens, a suscit\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de Louis XV, et des acad\u00e9mies parisiennes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u00c9lisabeth LOIR-MONGAZON<\/strong> \u2013 <em>Paul Jean Nayel (1797-1889), officier de sant\u00e9 dans le Morbihan de 1820 \u00e0 1880\u00a0: itin\u00e9raire d\u2019un homme engag\u00e9\u2026 et oubli\u00e9<\/em>N\u00e9 \u00e0 Lorient, Paul Jean Nayel devint officier de sant\u00e9 et mena, \u00e0 partir de 1820, une carri\u00e8re sur trois cantons ruraux au nord-ouest du Morbihan. En 1833, un compte-rendu d\u2019une s\u00e9ance du Conseil g\u00e9n\u00e9ral du Morbihan louait son combat contre la gale. N\u00e9anmoins, hormis cette mention et une lettre plaidoyer du maire du Faou\u00ebt pour lui faire d\u00e9cerner la L\u00e9gion d\u2019honneur \u00e0 la fin de sa vie, \u00e0 l\u2019instar de celle de centaines d\u2019autres praticiens, sa carri\u00e8re n\u2019a gu\u00e8re laiss\u00e9 de trace. Ses mandats de conseiller g\u00e9n\u00e9ral et de maire, et ses amiti\u00e9s \u2013 notamment celle du m\u00e9decin lorientais Louis Bod\u00e9lio (1799-1887) \u2013 confirment pourtant son engagement et son action durant les six d\u00e9cennies de sa carri\u00e8re, arch\u00e9ologie d\u2019une trajectoire oubli\u00e9e, inscrite dans un si\u00e8cle marqu\u00e9 par les mutations et un monde rural \u00e9loign\u00e9 des pratiques m\u00e9dicales.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Fr\u00e9d\u00e9ric LE BLAY<\/strong> \u2013 <em>Le Projet Laennec : \u00e9crire la clinique, une red\u00e9couverte de l&rsquo;activit\u00e9 du clinicien et du grand savant Ren\u00e9 Th\u00e9ophile Hyacinthe Laennec<\/em><br \/>\nLe <em><a href=\"https:\/\/laennec.hypotheses.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Projet Laennec, \u00c9crire la clinique<\/a><\/em>, soutenu par l\u2019Agence Nationale de Recherche (ANR 24-CE27-2197 07) et la R\u00e9gion Pays de la Loire, se propose de reprendre \u00e0 nouveaux frais l\u2019histoire de l\u2019\u00e9mergence du regard m\u00e9dical moderne \u00e0 partir de l\u2019\u00e9tude de documents et d\u2019archives du XIXe si\u00e8cle, dont certains n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s ni publi\u00e9s. Le point d\u2019ancrage de ce projet qui doit se d\u00e9rouler sur quatre ann\u00e9es sont les archives de R.T.H. Laennec (1781-1826), consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des fondateurs de la clinique moderne, constitu\u00e9es de milliers de feuillets manuscrits rendant compte de son activit\u00e9 de praticien hospitalier et lib\u00e9ral, d\u2019enseignant (au Coll\u00e8ge de France notamment) et de grand savant renomm\u00e9 de son vivant m\u00eame. Ses archives sont r\u00e9parties dans diff\u00e9rentes institutions mais la part la plus importante est conserv\u00e9e \u00e0 la Biblioth\u00e8que Universitaire de Sant\u00e9 de Nantes. D\u2019autres fonds d\u2019archives, t\u00e9moins de cette histoire m\u00e9dicale, viendront compl\u00e9ter les travaux de l\u2019\u00e9quipe scientifique.<br \/>\nLe projet int\u00e8gre une vaste op\u00e9ration de num\u00e9risation et de valorisation de cette documentation de premier ordre pour l\u2019histoire de la m\u00e9decine et des sciences. Il fait porter sa d\u00e9marche scientifique sur les enjeux et modalit\u00e9s de l\u2019\u00e9criture de la clinique au moment de son organisation comme pratique institutionnelle influenc\u00e9e par le d\u00e9veloppement de l\u2019anatomie pathologique. Son volet num\u00e9rique repose sur l\u2019acc\u00e8s aux fonds num\u00e9ris\u00e9s et la construction d\u2019une exposition virtuelle destin\u00e9e au grand public.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Louis-Fran\u00e7ois GARNIER<\/strong> \u2013 <em>Les m\u00e9decins et chirurgiens bretons durant la R\u00e9volution fran\u00e7aise (1789-1799)<\/em>Sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, la Bretagne historiquement frondeuse avec son Parlement de Rennes habilit\u00e9 \u00e0 critiquer les lois royales et \u00e0 appliquer une justice coutumi\u00e8re, comporte trois ordres, comme dans le reste du royaume. Il s\u2019agit de la bourgeoisie des villes qui s\u2019accroissent alors que la noblesse (1% de la population) est fr\u00e9quemment d\u00e9sargent\u00e9e, tandis que la paysannerie (90% de la population) reste mis\u00e9rable, fragilis\u00e9e par de mauvaises r\u00e9coltes et la d\u00e9nutrition et afflig\u00e9e par de redoutables \u00e9pid\u00e9mies. En outre, le pays est infest\u00e9 de charlatans profitant de la cr\u00e9dulit\u00e9 du peuple qui implore fr\u00e9quemment les saints intercesseurs, au grand dam des m\u00e9decins dont certains deviendront des correspondants attitr\u00e9s de la Soci\u00e9t\u00e9 royale de M\u00e9decine cr\u00e9\u00e9e en 1778 pour, en particulier, r\u00e9glementer la distribution des rem\u00e8des.<br \/>\n\u00c0 partir de 1789, la R\u00e9volution est accueillie avec enthousiasme par la bourgeoisie prompte \u00e0 s\u2019approprier les nouveaux b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques et politiques, mais les paysans, fervents catholiques, appr\u00e9hendent le sort r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la royaut\u00e9 et aux pr\u00eatres r\u00e9fractaires \u00e0 la Constitution civile du clerg\u00e9 (1790). Parall\u00e8lement, la noblesse met sur pied une organisation contre-r\u00e9volutionnaire d\u00e9nomm\u00e9e la Conjuration bretonne (1791) pr\u00e9ludant \u00e0 la chouannerie. La lev\u00e9e en masse d\u2019hommes jeunes pour faire la guerre contre l\u2019Autriche (1793) va mettre le feu aux poudres et aboutir \u00e0 une guerre civile de grande ampleur. Dans ce contexte, si quelques-uns restent royalistes bien souvent \u00e0 leurs d\u00e9pens, nombre de m\u00e9decins et chirurgiens adh\u00e8rent aux id\u00e9es r\u00e9volutionnaires en devenant parfois d\u00e9put\u00e9s ou proches du pouvoir politique, eux aussi \u00e0 leurs risques et p\u00e9rils. Si chaque biographie est singuli\u00e8re, il nous faut citer, entre autres, Fran\u00e7ois-Pierre Blin (1756-1834), l\u2019un des fondateurs du Club breton qui deviendra le Club des Jacobins, ce qui ne l\u2019emp\u00eachera pas de faire ensuite une brillante carri\u00e8re sous l\u2019Empire et la Restauration. Pierre Lehardy (1758-1793) d\u00e9put\u00e9 girondin du Morbihan, sera condamn\u00e9 \u00e0 mort par cette juridiction criminelle d\u2019exception que fut le Tribunal r\u00e9volutionnaire et guillotin\u00e9.<br \/>\nLe chirurgien navigant du pays malouin Jacques Broussais (1734-1795) et sa femme, tous deux fervents r\u00e9publicains tr\u00e8s impliqu\u00e9s dans la politique locale, s\u2019attireront la haine des contre-r\u00e9volutionnaires au point d\u2019\u00eatre sauvagement assassin\u00e9s \u00e0 leur domicile par les chouans. Leur fils, Fran\u00e7ois Joseph Victor Broussais (1772-1838), lui-m\u00eame pr\u00e9cocement engag\u00e9 volontaire dans l\u2019arm\u00e9e r\u00e9publicaine, fera plus tard une prestigieuse carri\u00e8re au point d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 surnomm\u00e9 <em>l\u2019Empereur de la m\u00e9decine<\/em> sous la Restauration. De tels destins illustrent l\u2019aphorisme de Bonaparte : <em>Il y a ceux qui font la R\u00e9volution et ceux qui en profitent<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><strong>St\u00e9phanie TRUET<\/strong> \u2013 <em>L\u2019h\u00f4pital de Vannes pendant la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945)\u00a0: Organisation, d\u00e9fis et r\u00e9silience<\/em>Nourrir, soigner, maintenir. En temps de guerre, un h\u00f4pital devient bien plus qu\u2019un lieu de soins. C\u2019est un espace o\u00f9 se joue, au quotidien, la survie mat\u00e9rielle d\u2019une population fragilis\u00e9e. Cette \u00e9tude propose de plonger au c\u0153ur du fonctionnement de l\u2019h\u00f4pital de Vannes durant la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte marqu\u00e9 par les p\u00e9nuries, le rationnement et les transformations de l\u2019Occupation.<br \/>\n\u00c0 travers un rapide historique de l\u2019\u00e9tablissement, il s\u2019agit d\u2019abord de comprendre son organisation avant le conflit, puis de suivre ses \u00e9volutions dans un cadre profond\u00e9ment boulevers\u00e9, notamment par la mise en place d\u2019une nouvelle l\u00e9gislation hospitali\u00e8re instaur\u00e9e sous le r\u00e9gime de Vichy qui modifie les r\u00e8gles de gestion et d\u2019organisation des \u00e9tablissements de sant\u00e9. L\u2019analyse met ensuite en lumi\u00e8re la r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te de la vie hospitali\u00e8re : approvisionnement, cuisines, linge, \u00e9quipements\u2026 autant de maillons essentiels devenus difficiles \u00e0 maintenir dans un contexte de p\u00e9nurie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Ces contraintes p\u00e8sent fortement sur le personnel, confront\u00e9 \u00e0 une charge de travail accrue et \u00e0 des ajustements permanents pour assurer la continuit\u00e9 des soins malgr\u00e9 le manque de moyens. Face \u00e0 ces tensions, l\u2019h\u00f4pital doit \u00e9galement diversifier ses sources d\u2019approvisionnement et inventer des solutions pour tenir dans la dur\u00e9e.<br \/>\nCette recherche invite ainsi \u00e0 d\u00e9couvrir l\u2019h\u00f4pital comme un lieu discret mais essentiel de l\u2019\u00e9conomie de guerre, o\u00f9 soigner signifie aussi organiser, s\u2019adapter et faire face, au quotidien, \u00e0 un ensemble de contraintes in\u00e9dites.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Hubert DELORME<\/strong> \u2013 <em>Apothicaires de Haute-Bretagne au XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle : entre rem\u00e8des et croyances<\/em>\u00c0 la Renaissance, la profession d\u2019apothicaire comporte autant de v\u00e9rit\u00e9s \u00e9tablies que de pens\u00e9es imaginaires et symboliques. D\u2019abord parce que les apothicaires sont \u00e9galement des \u00e9piciers et peuvent vendre tout une panoplie de produits tr\u00e8s disparates, comme l\u2019hypocras, la cire, les \u00e9pices, les fruits confits, etc. Ensuite parce que les connaissances anatomiques sont parcellaires. Mais \u00e0 partir du XVIe si\u00e8cle et la mise en place des corporations, la pratique se structure et devient plus professionnelle, m\u00eame si le savoir est empirique tout en s\u2019appuyant sur les textes des auteurs antiques tels que Hippocrate, Galien, Dioscoride, Avicenne et d\u2019autres.<br \/>\nNous appr\u00e9henderons le c\u0153ur du m\u00e9tier qui forme une trilogie de la sant\u00e9 avec la m\u00e9decine et la chirurgie. Apr\u00e8s un passage en revue des statuts de Haute-Bretagne, nous examinerons l\u2019\u00e9volution des substances m\u00e9dicinales \u00e0 travers les \u00ab\u00a0comptes d\u2019apothicaires\u00a0\u00bb. Ces relev\u00e9s \u00e9tablissent les listes des rem\u00e8des, \u00e0 destination des personnes des deux premiers ordres, avec parfois des pr\u00e9cisions sur les compositions. En Haute-Bretagne, les archives conservent quelques-uns de ces pr\u00e9cieux comptes. Nous nous int\u00e9resserons \u00e9galement la \u00ab\u00a0contagion de peste\u00a0\u00bb qui a tant boulevers\u00e9 les \u00e9quilibres sociaux et interrog\u00e9 les professionnels sur la conduite \u00e0 tenir et les principales compositions m\u00e9dicamenteuses. Cet angle d\u2019\u00e9tude est in\u00e9dit dans ce contexte spatio-temporel.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\"><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union de la SFHM le 17 avril 2026<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Jacques CHEVALLIER <\/strong>\u2013 <em>Histoire des grains de beaut\u00e9\u00a0: les vilains, les nobles, les faux et les m\u00e9chants&#8230;<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Aujourd\u2019hui, les grains de beaut\u00e9 sont la source de crainte, de danger, voire de mort. Le moindre petit n\u00e6vus, visible ou bien cach\u00e9, est souvent tr\u00e8s mal support\u00e9 et, semble-t-il, cette tendance augmente chez les adolescents, quel qu\u2019en soit le genre. Cela peut para\u00eetre surprenant \u00e0 notre \u00e9poque o\u00f9 les marques corporelles fleurissent, m\u00eame si celles-ci sont volontaires et choisies. Il n\u2019en a pas toujours \u00e9t\u00e9 ainsi\u00a0: les grains de beaut\u00e9 (au sens de l\u00e9sions cutan\u00e9es apparentes \u00e0 la naissance) ou \u00ab\u00a0marques de la m\u00e8re\u00a0\u00bb ont toujours \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s, positivement ou n\u00e9gativement, mais ont toujours questionn\u00e9 l\u2019humanit\u00e9\u00a0: quelle en est la signification\u00a0? Est-ce un \u00ab\u00a0signe\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques mots d\u2019\u00e9tymologie, nous parcourrons chronologiquement les \u00e9poques\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019Antiquit\u00e9, si riche en informations sur les grains de beaut\u00e9 \u2013 la cosm\u00e9tique et la commotique grecques\u00a0; la physiognomonie\u00a0; les d\u00e9fauts corporels qu\u2019il faut \u00e9liminer\u2026 ou mettre en \u00e9vidence ; la lecture divinatoire des n\u00e6vus ou taches de naissance\u00a0;<\/li>\n<li>Le Moyen \u00c2ge et la Renaissance avec encore la lecture divinatoire des grains de beaut\u00e9, les marques de la sorcellerie ou au contraire les marques positives, et l\u2019astrologie m\u00e9dicale qui fleurit \u00e0 la Renaissance\u00a0; la position des n\u00e6vus, comme les lignes (rides) du front et les taches sur les ongles ob\u00e9issent \u00e9galement \u00e0 une interpr\u00e9tation mantique\u00a0; le premier livre uniquement consacr\u00e9 aux n\u00e6vus <em>De N\u00e6vis liber <\/em>de Ludovico Settala publi\u00e9 en 1606, fait \u00e9tat que chaque r\u00e9gion du corps correspond \u00e0 une plan\u00e8te ;<\/li>\n<li>le Grand Si\u00e8cle et le Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res avec la surprenante mode des mouches et la non moins curieuse interpr\u00e9tation des envies des femmes enceintes\u00a0;<\/li>\n<li>au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les grains de beaut\u00e9 ne sont plus cach\u00e9s mais les m\u00e9decins commencent tout juste \u00e0 apprendre que le grain de beaut\u00e9 peut se transformer en un cancer redoutable\u2026 Laennec parle d\u00e9j\u00e0 de \u00ab\u00a0m\u00e9lanose\u00a0\u00bb\u00a0; Le terme \u00ab\u00a0melanoma\u00a0\u00bb suivra avec Robert Carswell en 1838\u00a0;<\/li>\n<li>au XX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle o\u00f9 apr\u00e8s une premi\u00e8re p\u00e9riode o\u00f9 les grains de beaut\u00e9 sont tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s ( Elizabeth Taylor ou Marilyn Monroe\u2026), ils deviennent un ennemi esth\u00e9tique ou un d\u00e9faut que l\u2019on redoute car source de cancer.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Si les grains de beaut\u00e9 ont toujours \u00e9t\u00e9 une \u00e9nigme pour l\u2019humanit\u00e9, ils sont aussi un objet \u00e9rotique \u2013 mais \u00c9ros et Thanatos sont proches \u2013 ils fascinent ou repoussent mais ne laissent pas indiff\u00e9rent\u00a0; ils sont de fait une source d\u2019inspiration pour les \u00e9crivains.<\/p>\n<p>.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><em><strong>Chantal QUEVILLY <\/strong>\u2013 Le fait de Boulogne \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine de Paris pendant la r\u00e9volution de 1848 ou les docteurs Gorr\u00e9 et Duchenne se pronon\u00e7ant sur l&rsquo;utilisation du chloroforme<br \/>\n<\/em>Le \u00ab fait \u00bb de Boulogne occupa fort les s\u00e9ances de l\u2019Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine pendant la r\u00e9volution de 1848. Le docteur Gorr\u00e9, chirurgien-chef \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Boulogne-sur-mer venait de mettre par \u00e9crit l\u2019issue malheureuse d\u2019une anesth\u00e9sie par le chloroforme. Pendant ce temps, le docteur Duchenne r\u00e9ceptionnait la charpie que les dames boulonnaises envoyaient \u00e0 Paris. C\u2019est l\u2019occasion de s\u2019interroger sur la vision de la chirurgie et de la douleur au XIXe si\u00e8cle, si bien peintes par l\u2019appareil photographique du docteur Duchenne.<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li><em style=\"font-size: 0.8125rem;\"><em><strong>Teunis Willem van HEININGEN <\/strong>\u2013 Laurent Garcin (1683-1751), huguenot, chirurgien de bord en chef, m\u00e9decin, botaniste et prot\u00e9g\u00e9 de Boerhaave<br \/>\n<\/em><\/em>Laurent Garcin, n\u00e9 \u00e0 Grenoble en 1683 n\u00e9 dans une famille protestante, passa sa jeunesse \u00e0 Neuch\u00e2tel (Suisse), o\u00f9 son p\u00e8re fut m\u00e9decin. Encore jeune, celui-ci l\u2019envoya \u00e0 Leyde, afin d\u2019y faire sa m\u00e9decine sous Boerhaave, qui s\u2019occupa de lui. Garcin fut l\u2019un de ses \u00e9l\u00e8ves prometteurs. En 1704, sans \u00eatre promu docteur, Garcin commen\u00e7a son service comme chirurgien dans l\u2019arm\u00e9e des \u00c9tats-G\u00e9n\u00e9raux des Provinces-Unies. Il fit son service pendant seize ann\u00e9es, participant \u00e0 deux campagnes. En 1720, il s\u2019engagea comme chirurgien en chef dans la Compagnie Hollandaise des Indes orientales. Rentr\u00e9 en 1729, il reprit ses \u00e9tudes \u00e0 Leyde. Il \u00e9tait membre correspondant de la <em>Royal Society<\/em> de Londres (1730) et de l\u2019<em>Acad\u00e9mie royale des sciences<\/em> de Paris (1730), correspondant d\u2019Antoine de Jussieu. En tant que membre de cette acad\u00e9mie, il correspondait aussi avec Ren\u00e9-Antoine Ferchault de R\u00e9aumur. En 1732 rentr\u00e9 \u00e0 Neuch\u00e2tel, il y exer\u00e7a comme m\u00e9decin. Il contribua \u00e0 la d\u00e9couverte et l\u2019emploi des rem\u00e8des indig\u00e8nes venus des Indes orientales. Plusieurs de ses d\u00e9couvertes furent publi\u00e9es dans le <em>Journal Helv\u00e9tique<\/em> et les <em>Philosophical Transactions<\/em>. Le 18 avril 1751, il mourut suite aux br\u00fblures re\u00e7ues lors d\u2019une exp\u00e9rience chimique.<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li><em><strong>Sophie NIQUEUX <\/strong>\u2013 Villes d\u2019eaux : lieux de composition musicale (1791-1845) Dans le contexte de l\u2019inscription des \u00ab Grandes villes d&rsquo;eaux d\u2019Europe \u00bb au patrimoine mondial de l\u2019Unesco<br \/>\n<\/em>Les \u00ab Grandes Villes d\u2019eaux d\u2019Europe \u00bb sont entr\u00e9es au patrimoine mondial de l\u2019Unesco en 2021, sous la forme d\u2019un bien transnational de onze villes, qui inclut la m\u00e9decine thermale comme patrimoine immat\u00e9riel. Au XIXe si\u00e8cle, le thermalisme europ\u00e9en connut un \u00e2ge d\u2019or brillant, favoris\u00e9 par le d\u00e9veloppement de l\u2019hydrologie m\u00e9dicale, la publicit\u00e9 thermale, et le d\u00e9veloppement de l\u2019h\u00f4tellerie et des transports. Le nombre des villes d\u2019eaux est pass\u00e9 de cent \u00e0 plus de mille en un si\u00e8cle. M\u00ealant m\u00e9decine et mondanit\u00e9s, tr\u00e8s en vogue, elles attiraient nombre de personnalit\u00e9s et d\u2019artistes. Entre 1791 et 1845, cinq compositeurs c\u00e9l\u00e8bres de la p\u00e9riode classique et romantique y ont s\u00e9journ\u00e9, pour leur sant\u00e9 ou celle de leurs proches, et compos\u00e9 plusieurs chefs-d\u2019\u0153uvre de la musique occidentale. Ces s\u00e9jours sont mentionn\u00e9s dans leurs correspondances, et dans quelques sources secondaires : biographies, et <em>Music Water <\/em>de Ian Bradley pour deux de nos compositeurs. <strong>Mozart <\/strong>composa l\u2019<em>Ave Verum Corpus <\/em>lors d\u2019une visite \u00e0 Baden bei Wien \u00e0 la mi-juin 1791. Sa femme Constanze, enceinte, y prenait les eaux sur prescription m\u00e9dicale pour des ulc\u00e8res de jambes. Pr\u00e9occup\u00e9 par sa sant\u00e9, Mozart veillait attentivement au bon d\u00e9roulement de sa cure. <strong>Beethoven <\/strong>chercha la gu\u00e9rison \u00e0 \u00ab la cure des bains \u00bb pendant plus de vingt ans, entre 1802 et 1825. Ses m\u00e9decins l\u2019envoyaient de ville d\u2019eaux en ville d\u2019eaux, en particulier \u00e0 Baden bei Wien, sa ville pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, pour soigner des sympt\u00f4mes auditifs et intestinaux. Il y \u00e9crivit la plupart de ses <em>Symphonies, <\/em>le <em>Concerto n\u00b05 &#8211; l\u2019Empereur, <\/em>des <em>sonates, <\/em>la <em>Missa Solemnis<\/em>, des <em>quatuors pour cordes, <\/em>dont le <em>troisi\u00e8me mouvement lent <\/em>du <em>Quatuor pour cordes n\u00b015 <\/em>op. 132, un cantique de remerciement apr\u00e8s une gu\u00e9rison. <strong>Schubert, <\/strong>lors d\u2019un voyage itin\u00e9rant en Haute-Autriche en 1825 avec le chanteur Vogl, fit \u00e9tape \u00e0 Bad Gastein. Souffrant, il puisa des forces nouvelles devant les paysages grandioses, et y composa la <em>Sonate pour piano en r\u00e9 majeur <\/em>ou <em>Gastein-Sonate <\/em>et la <em>Symphonie n\u00b09, <\/em>une \u0153uvre de renaissance. <strong>Chopin, <\/strong>\u00ab poitrinaire \u00bb, avait suivi une cure \u00e0 Bad Reinerz en 1826. En 1835, il fit un saut d\u2019Enghien-les-Bains, o\u00f9 il se soignait sur les conseils de son ami le docteur Matuszinski, \u00e0 Karlsbad, pour rejoindre ses parents en cure. L\u00e0-bas, d\u2019apr\u00e8s les biographes, il composa sa <em>Valse brillante en la b\u00e9mol majeur n\u00b01 <\/em>op. 34. <strong>Mendelssohn <\/strong>passa l\u2019\u00e9t\u00e9 1844 \u00e0 Bad Soden, pr\u00e8s de Francfort, avec sa femme C\u00e9cile et leurs quatre enfants, tous fatigu\u00e9s ou convalescents. C\u00e9cile suivait une cure de lait d\u2019\u00e2nesse, Mendelssohn buvait les eaux de la station, et chacun se r\u00e9tablit peu \u00e0 peu. Lors de ce s\u00e9jour revivifiant, Mendelssohn termina son c\u00e9l\u00e8bre <em>Concerto pour violon n\u00b02 en mi mineur. <\/em>Aujourd\u2019hui encore, monuments, mus\u00e9es et festivals rappellent le passage de ces illustres visiteurs dans les villes d\u2019eaux. Apr\u00e8s eux, d\u2019autres compositeurs en vill\u00e9giature y ont trouv\u00e9 l\u2019inspiration, comme Wagner, Brahms, Strauss fils, Offenbach, Verdi, Puccini, Faur\u00e9, Jan\u00e1\u010dek, et bien d\u2019autres, sans parler des \u00e9crivains, et plus tard des cin\u00e9astes. La SFHM, elle aussi, a une histoire en partie li\u00e9e aux villes d\u2019eaux : c\u2019est au Mont-Dore, en 1893, apr\u00e8s le discours du Pr Rapha\u00ebl Blanchard lors d\u2019un joyeux d\u00eener m\u00e9dical, qu\u2019il fut en effet d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er la Soci\u00e9t\u00e9.<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\"><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union du 20 mars 2026<\/strong><\/h2>\n<p>Salle Simone Veil, 3e \u00e9tage<br \/>\nAcad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale annuelle de la SFHM<\/h3>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\"><\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Camille JACCARD<\/strong> \u2013 <em>Entendre les voix : une histoire de la parole en psychiatrie (XIXe-XXIe si\u00e8cles)<\/em><\/p>\n<p>L\u2019ali\u00e9nisme a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier la parole des patients au XIXe si\u00e8cle. \u00c0 partir de sources m\u00e9dicales fran\u00e7aises et allemandes, l\u2019auteur retrace l\u2019\u00e9mergence d\u2019une clinique du langage et son r\u00f4le dans la d\u00e9finition des maladies mentales. Ce travail historique (<em>Paroles folles dans la psychiatrie du XIXe si\u00e8cle<\/em>, Hermann, 2024) ouvre sur une r\u00e9flexion contemporaine prolong\u00e9e par le podcast <em>Symptomania<\/em>, fruit d\u2019une collaboration entre art et sciences, qui donne \u00e0 entendre des r\u00e9cits en sant\u00e9 mentale hors des normes diagnostiques.<\/p>\n<blockquote><p>.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (15 minutes)<br \/>\nLaur\u00e9ats des prix 2026<\/h3>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\"><\/li>\n<li><strong>Aliocha SCHEUBLE<\/strong>, prix du livre SFHM-Acad\u00e9mie de m\u00e9decine \u2013<u> <\/u><em>L&rsquo;intrigante histoire de la maladie de Bouillaud<\/em><br \/>\nRaconter l&rsquo;histoire de ce qui est devenu le rhumatisme articulaire aigu, c\u2019est faire l\u2019exploration d\u2019une maladie rest\u00e9e longtemps myst\u00e9rieuse, aux multiples facettes cliniques. Sa gravit\u00e9 potentielle, notamment li\u00e9e ses atteintes cardiaques et r\u00e9nales, et le fait qu\u2019elle concerne essentiellement des enfants et de jeunes adultes, en ont fait un enjeu de sant\u00e9 publique, notamment au XIXe et au XXe si\u00e8cles en Europe et en Am\u00e9rique. La compr\u00e9hension de la maladie a suivi le fil des d\u00e9couvertes m\u00e9dicales et scientifiques. \u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle, elle a suscit\u00e9 de nombreuses interrogations sur une possible nature infectieuse. La pr\u00e9sence de cas plus fr\u00e9quents intrafamiliaux a fait soup\u00e7onner une influence h\u00e9r\u00e9ditaire. Son incidence \u00e9lev\u00e9e au tournant du XIXe et du XXe si\u00e8cle a men\u00e9 \u00e0 s&rsquo;interroger sur le r\u00f4le de facteurs sociaux favorisant la maladie. Dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, la pr\u00e9sentation de la maladie a sembl\u00e9 se transformer, amor\u00e7ant une \u00e9volution vers la chronicisation des l\u00e9sions cardiaques. L\u2019impact de la maladie sur les jeunes recrues a pos\u00e9 un probl\u00e8me majeur aux arm\u00e9es confront\u00e9es aux conflits mondiaux. Si la maladie a quasiment disparu des pays d\u00e9velopp\u00e9s au cours du XXe si\u00e8cle, elle reste end\u00e9mique dans de nombreux pays. Ce r\u00e9cit m\u00eale interrogations de m\u00e9decins et vies de jeunes malades, d\u00e9couverte du pouvoir des germes, histoire de la m\u00e9decine, des sciences et des soci\u00e9t\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li><strong>Jules MICHAUD<\/strong>, prix Georges Robert (m\u00e9decine) \u2013 <em style=\"font-size: 0.8125rem;\"><em>Paysage m\u00e9dical de l\u2019arrondissement de La Ch\u00e2tre dans le second XIXe si\u00e8cle<\/em><br \/>\n<\/em>Cette th\u00e8se dresse une description aussi fine que possible du paysage m\u00e9dical de l\u2019arrondissement de La Ch\u00e2tre (Indre) dans la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle, p\u00e9riode de transition et d\u2019\u00e9volutions majeures dans tous les domaines. \u00c0 partir d\u2019un corpus de plus de cinquante m\u00e9decins, une analyse prosopographique approfondie a permis de d\u00e9gager des tendances significatives sur le profil socio-professionnel des praticiens, les pratiques m\u00e9dicales, l\u2019organisation territoriale de la sant\u00e9. Elle est compl\u00e9t\u00e9e par l\u2019\u00e9tude des figures soignantes, des structures de soins et des rapports entre George Sand et ses m\u00e9decins. Les r\u00e9sultats r\u00e9v\u00e8lent que la majorit\u00e9 de ceux qui exer\u00e7aient dans l\u2019arrondissement \u00e9taient issus de milieux sociaux modestes, souvent tr\u00e8s implant\u00e9s localement, avec quelques dynasties m\u00e9dicales. L\u2019analyse des listes administratives entre 1852 et 1900 permet de quantifier avec pr\u00e9cision l\u2019\u00e9volution de la densit\u00e9 m\u00e9dicale, et de la comparer \u00e0 celle du d\u00e9partement et du reste de la France. On observe une tendance \u00e0 la baisse malgr\u00e9 une demande en soins croissante. La r\u00e9partition g\u00e9ographique, la densit\u00e9 m\u00e9dicale, les conditions de formation, les instruments de travail, les maladies trait\u00e9es, ainsi que le rapport entre le m\u00e9decin et le patient sont analys\u00e9s dans toute leur complexit\u00e9. Enfin, ce travail souligne l\u2019engagement civil et moral d\u2019une grande partie des praticiens, souvent impliqu\u00e9s dans la vie politique et sociale locale. Il montre que loin de l\u2019image st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e du \u00ab m\u00e9decin de campagne \u00bb, ces acteurs de sant\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 les premiers vecteurs d\u2019une m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale ancr\u00e9e dans les territoires, d\u00e9j\u00e0 attentive \u00e0 la continuit\u00e9, la polyvalence et la proximit\u00e9 des soins.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li><strong>Issey LAMBOLEY<\/strong>, prix Georges Robert (sciences sociales) \u2013 <em>Le d\u00e9lire mystique \u00e0 Sainte-Anne : genre, religion et psychiatrie (1880-1905)<\/em><br \/>\nLa m\u00e9decine ali\u00e9niste a connu un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour le d\u00e9lire mystique dans les ann\u00e9es 1880 en pr\u00e9sentant le sentiment religieux comme un signe d\u2019archa\u00efsme et d\u2019arri\u00e9ration. En s\u2019appuyant sur un corpus m\u00ealant dossiers m\u00e9dicaux de l\u2019h\u00f4pital Sainte-Anne et litt\u00e9rature scientifique, cette recherche a permis de confronter ces repr\u00e9sentations pour saisir la r\u00e9alit\u00e9 sociale du diagnostic. Ce m\u00e9moire, qui s\u2019inscrit au croisement de l\u2019histoire de la psychiatrie, de la religion et du genre, souhaite contribuer \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la parole du patient et du sentiment religieux \u00e0 la fin du XIX e si\u00e8cle.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union du 20 f\u00e9vrier 2026<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<h2><strong>S\u00e9ance th\u00e9matique consacr\u00e9e \u00e0 la<br \/>\nnaissance de la psychopharmacologie<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Bernard CALVINO \u2013 <\/strong><em>Henri Laborit et la chlorpromazine <\/em>N\u00e9 \u00e0 Hano\u00ef en 1914, Henri Laborit a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9cole de Sant\u00e9 Navale de Bordeaux. Rien dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de sa carri\u00e8re de chirurgien de la Marine ne laissait entrevoir qu\u2019il serait \u00e0 l\u2019origine d\u2019un bouleversement\u00a0: la d\u00e9couverte en 1950 de la chlorpomazine (plus connue sous le nom de Largactil), le premier tranquillisant disponible, qui fut \u00e0 l\u2019origine de la psychopharmacologie. L\u2019histoire de cette d\u00e9couverte est tout \u00e0 fait \u00e9tonnante car elle n\u00e9 r\u00e9sulta pas compl\u00e8tement du hasard, mais d\u2019une \u00e9volution de la pens\u00e9e de Laborit.<br \/>\nTout avait d\u00e9marr\u00e9 avec son exp\u00e9rience de chirurgien, lorsque \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Sidi-Abdallah en Tunisie, juste apr\u00e8s la guerre, il vit mourir d\u2019\u00e9clampsie des jeunes femmes sans que la th\u00e9rapeutique classique ait pu rien y faire. Il comprit alors l\u2019importance de s\u2019opposer \u00e0 l\u2019hypertension art\u00e9rielle avec un cocktail de mol\u00e9cules (dont deux ph\u00e9nothiazines, le ph\u00e9nergan et le diparcol) qui agissait en ce sens, ce qui pr\u00e9figurait les \u00ab\u00a0cocktails lytiques\u00a0\u00bb.<br \/>\nMut\u00e9 \u00e0 Paris \u00e0 la section technique de recherches et d\u2019\u00e9tude de l\u2019arm\u00e9e au Val-de-Gr\u00e2ce, Laborit poursuivit sa recherche sur le r\u00f4le de la potentialisation des anesth\u00e9siques g\u00e9n\u00e9raux. S\u2019inspirant de ses travaux, les laboratoires Rh\u00f4ne-Poulenc-Sp\u00e9cia synth\u00e9tis\u00e8rent un nouvel anesth\u00e9sique capable de renforcer le r\u00f4le inhibiteur central d\u00e9crit avec l\u2019association du ph\u00e9nergan et du diparcol. Ce fut le \u00ab\u00a0potentialisateur 4560 RP\u00a0\u00bb, alias chlorpomazine, puissant inhibiteur central, dont Laborit comprit surtout les propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques exceptionnelles de la chlorpromazine et signala l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019elle pouvait avoir en psychiatrie.<br \/>\nIl confia alors la chlorpromazine aux psychiatres du Val-de-Gr\u00e2ce qui en firent l\u2019\u00e9tude. Ainsi, en f\u00e9vrier 1952, Joseph Hamon, Jean Paraire et Jean Velluz publi\u00e8rent-ils dans les <em>Annales M\u00e9dico-psychologiques<\/em> le premier travail en psychiatrie sur le Largactil, intitul\u00e9 <em>Remarque sur l\u2019action du 4560 RP sur l\u2019agitation maniaque<\/em><em>.<br \/>\n<\/em><span style=\"font-size: 0.8125rem;\">Quelques mois plus tard, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Sainte-Anne, Jean Delay et Pierre Deniker \u00e9tudi\u00e8rent \u00e0 leur tour le 4560 RP en psychiatrie, et la large diffusion de leur travail a permis \u00e0 la chlorpromazine de se faire conna\u00eetre dans le monde entier et de fonder la psychopharmacologie.<\/span><\/li>\n<li><strong>Caroline ANGLERAUX \u2013 <\/strong><em>Approche bio-psycho-sociale de Henri Laborit<\/em><em>\u00a0<\/em>Chirurgien et neurobiologiste, Henri Laborit (1914-1995) occupe une place singuli\u00e8re dans le paysage intellectuel fran\u00e7ais. Si le monde m\u00e9dical retient surtout ses travaux en pharmacologie, domin\u00e9s par la mise au point du Largactil, un des premiers neuroleptiques, le grand public le conna\u00eet g\u00e9n\u00e9ralement pour ses ouvrages \u00e0 large diffusion et pour sa participation au film d\u2019Alain Resnais <em>Mon oncle d\u2019Am\u00e9rique<\/em> (1980) Pr\u00f4nant une approche bio-psycho-sociale des ph\u00e9nom\u00e8nes, Laborit a cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9clairer les rapports complexes unissant biologie, comportements individuels et organisation sociale. Selon lui, les m\u00e9canismes c\u00e9r\u00e9braux d\u00e9terminent les r\u00e9ponses physiologiques fondamentales qui sont modul\u00e9es par les processus cognitifs et \u00e9motionnels, et influenc\u00e9es (voire contraintes) par les normes et les structures sociales. En ce sens, les conduites humaines r\u00e9sultent d\u2019une interaction entre organisation biologique, histoire psychologique et contexte social. Pour Laborit, comprendre les m\u00e9canismes c\u00e9r\u00e9braux appara\u00eet donc comme une condition essentielle \u00e0 l\u2019intelligence des comportements humains, ce qui offre une perspective int\u00e9grative interpellant tout autant les sciences biom\u00e9dicales que les sciences humaines.<\/li>\n<li><strong>Wes WALLACE \u2013 <\/strong><em>Edward Trautner et les premi\u00e8res recherches sur le m\u00e9canisme d&rsquo;action d&rsquo;un m\u00e9dicament psychiatrique<\/em>Po\u00e8te anarchiste allemand et essayiste li\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9crivain fran\u00e7ais Georges Bataille (1897-1962), Eduard Trautner<em> (1890-1978)<\/em>, fut aussi m\u00e9decin dipl\u00f4m\u00e9 de l&rsquo;Universit\u00e9 de Berlin. Apr\u00e8s l&rsquo;exil qui frappa une bonne partie de sa g\u00e9n\u00e9ration litt\u00e9raire, il se r\u00e9fugia dans l\u2019Empire britannique, adopta la forme anglaise de son pr\u00e9nom (Edward), et fit une deuxi\u00e8me carri\u00e8re de pharmacologue en Australie. Initi\u00e9 d\u00e8s 1942 aux recherches pharmaceutiques li\u00e9es au d\u00e9veloppement d&rsquo;une industrie nationale d\u2019urgence militaire, il bifurqua apr\u00e8s-guerre sur la pharmacologie des neurotransmetteurs, puis en 1949 sur le lithium, substance qui \u00e9veillait un int\u00e9r\u00eat intense dans la r\u00e9gion de Melbourne depuis les succ\u00e8s obtenus par le psychiatre John Cade (1912-1980) dans le traitement de la psychose maniaque. Cependant, certains patients subissaient des r\u00e9actions toxiques (confusion, troubles gastro-intestinaux, faiblesses ou fasciculations neuromusculaires) parfois mortelles. Cade abjura le lithium, laissant la voie libre \u00e0 Trautner. \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de 60 ans, il rassembla une \u00e9quipe de jeunes psychiatres assist\u00e9s de physiologistes universitaires, pour mener un programme de recherches cliniques et fondamentales sur le m\u00e9canisme d&rsquo;action du lithium et son usage rationnel en psychiatrie. Il anticipa ainsi d\u2019une d\u00e9cennie les plus amples recherches des ann\u00e9es 1960 et 1970 qui conduisirent \u00e0 l\u2019acceptation internationale du traitement troubles de l\u2019humeur par le lithium. Trautner fut donc un v\u00e9ritable pionnier de la psychiatrie biologique. La simplicit\u00e9 et la franchise de sa d\u00e9marche clinique sont \u00e0 remettre \u00e0 l\u2019honneur en notre \u00e9poque satur\u00e9e de propagande neuro-pharmaceutique. Il consid\u00e9rait le m\u00e9dicament comme un outil th\u00e9rapeutique, sans \u00eatre un rem\u00e8de sp\u00e9cifique d\u2019un diagnostic pr\u00e9cis. Il proposa par exemple des traitements d\u2019entretien au long cours \u00e0 base de lithium ou d\u2019acide succinique, cens\u00e9s diminuer ou augmenter l\u2019\u00ab activit\u00e9 psychomotrice \u00bb. Les travaux de Trautner entra\u00een\u00e8rent une controverse entre les milieux psychiatriques et universitaires de Melbourne, qui mena \u00e0 abandonner le lithium au profit de la chlorpromazine. La r\u00e9habilitation du lithium dans les ann\u00e9es 1970 se fit dans l\u2019oubli de son nom, que j&rsquo;ai red\u00e9couvert un demi-si\u00e8cle plus tard en collaboration avec le psychiatre australien Greg de Moore, lui-m\u00eame biographe de Cade.<\/li>\n<\/ol>\n<h2><strong>R\u00e9union du 16 janvier 2026<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Laura BOSSI<\/strong> \u2013 <em>L\u2019empire du sommeil<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Tous, nous dormons, m\u00eame les insomniaques. Le sommeil, ce \u00ab doux besoin \u00bb qui occupe un tiers de notre vie, nous est n\u00e9cessaire, et procure un grand bonheur. Il apporte le repos, et l\u2019oubli des peines de la veille. Cet \u00e9tat myst\u00e9rieux dans lequel on \u00ab tombe \u00bb a nourri la cr\u00e9ation depuis des mill\u00e9naires. Innombrables, les artistes qui ont laiss\u00e9 des portraits de leurs proches \u2013 parents, \u00e9poux, amants &#8211; ou de leurs mod\u00e8les endormis, au creux de la nuit ou le plus souvent le jour, pendant la sieste. C\u2019est peut-\u00eatre le sommeil des innocents \u2013enfants, b\u00eates famili\u00e8res\u2026 \u2013 qui exprime au mieux l\u2019abandon au bonheur de l\u2019inconscience. Mais le sommeil montre aussi un aspect ambigu, il peut \u00e9voquer la mort, la vuln\u00e9rabilit\u00e9, la d\u00e9possession de soi ; il impose d\u2019abandonner la vigilance, d\u2019accepter l\u2019oubli, de ne plus veiller ni surveiller\u2026 L\u2019exposition explore, pour la premi\u00e8re fois en France, les repr\u00e9sentations diverses du sommeil et de ses troubles, en se focalisant sur le \u00ab long dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle \u00bb, des Lumi\u00e8res \u00e0 la Grande Guerre. Des \u0153uvres plus anciennes ainsi que des \u0153uvres du XXe si\u00e8cle sont convoqu\u00e9es pour montrer l\u2019extraordinaire richesse du sujet dans la persistance de son iconographie. Le parcours, compos\u00e9 de huit sections th\u00e9matiques, remonte aux origines de la culture occidentale \u2013 la Bible puis la permanence des mythes antiques revisit\u00e9s \u00e0 la Renaissance. Le sommeil est le fr\u00e8re de la mort (Hypnos et Thanatos sont les enfants de Nyx, la Nuit). Il est aussi le plus doux et le puis puissant des dieux. Les peintres comme les \u00e9crivains ont c\u00e9l\u00e9br\u00e9 l\u2019attrait \u00e9rotique du sommeil : Eros r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par Psych\u00e9, Endymion fig\u00e9 dans un sommeil \u00e9ternel, Antiope d\u00e9voil\u00e9e par Zeus. Une section est d\u00e9di\u00e9e aux figures oniriques, et particuli\u00e8rement au sommeil cr\u00e9ateur. L\u2019inspiration vient la nuit, et la Muse impose \u00e0 l\u2019artiste le retour au travail. Au XVIIIe si\u00e8cle, Goya, F\u00fcssli ou Blake interrogeront la face obscure des Lumi\u00e8res pour tenter de donner forme au sommeil troubl\u00e9, au somnambulisme, \u00e0 la substance \u00e9vanescente des cauchemars. Les Romantiques d\u00e9nonceront l\u2019emprise de la raison en explorant ce qui sera bient\u00f4t appel\u00e9 \u00ab inconscient \u00bb. De nos jours, c\u2019est peut-\u00eatre l\u2019insomnie qui nous trouble le plus. Dans la civilisation industrielle, les rythmes du travail, la lumi\u00e8re artificielle, les bruits de la ville, les \u00e9crans, les excitants, s\u2019opposent \u00e0 l\u2019endormissement. Emp\u00each\u00e9 de tous c\u00f4t\u00e9s, le sommeil est devenu objet de d\u00e9sir, que l\u2019on essaie de retrouver par tous les moyens. Parmi les drogues auxquelles on a recours, l\u2019opium est la plus ancienne. Le pavot est le symbole du sommeil et de l\u2019oubli, et par extension, de la mort. Les Symbolistes le peignent volontiers. L\u2019exposition se termine avec la figure du lit : autrefois lieu de la naissance, de l\u2019amour, de la maladie et de la mort, il garde une aura m\u00e9taphysique, quand m\u00eame est-il remplac\u00e9 par un lit d\u2019h\u00f4pital. Un lit d\u00e9fait sugg\u00e8re la pr\u00e9sence de l\u2019Autre, \u00e9trange et famili\u00e8re \u00e0 la fois, et nous trouble. La chambre est le lieu de l\u2019intime, et le lit est une \u00eele pour prot\u00e9ger et nourrir nos r\u00eaves.<\/p>\n<p>.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Jean-Fran\u00e7ois HUTIN<\/strong><em> \u2013 Le \u00ab\u2009bic\u00e9phale\u2009\u00bb Charles Villandre (1879-1943). chirurgien, peintre, sculpteur et graveur<br \/>\n<\/em>Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, plusieurs m\u00e9decins d\u00e9cid\u00e8rent de se r\u00e9unir \u00e0 l\u2019occasion de d\u00eeners r\u00e9guliers dits \u00ab\u2009des bic\u00e9phales\u2009\u00bb, sorte de cercle de m\u00e9decins \u00ab\u2009\u00e9gar\u00e9s\u2009\u00bb ayant acquis une petite r\u00e9putation de musicien, d\u2019artiste ou d\u2019\u00e9crivain. \u00c0 partir de 1909, les peintres, sculpteurs et graveurs commenc\u00e8rent \u00e0 exposer leurs \u0153uvres \u00e0 travers les salons de m\u00e9decins. Cette communication se propose d\u2019\u00e9voquer ces expositions \u00e0 travers l\u2019un de ces m\u00e9decins \u00ab\u2009bic\u00e9phale\u2009\u00bb, Charles Hyacinthe Alexandre Villandre (1879-1943), ancien interne des h\u00f4pitaux de Paris, chirurgien r\u00e9put\u00e9, sp\u00e9cialis\u00e9 en neurochirurgie pendant le premier conflit mondial, mais aussi peintre, sculpteur et graveur de talent.<\/li>\n<li><strong>Michel CAIRE, Denis TIBERGHIEN<\/strong><em style=\"font-size: 0.8125rem;\"> \u2013 <em>La psychiatrie \u00e0 Paris dans l\u2019\u00cele de la Cit\u00e9<\/em><em><br \/>\n<\/em><\/em>Notre parcours historique dans l\u2019\u00cele de la Cit\u00e9, sur les lieux o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7ues et prises en charge des personnes souffrant de troubles mentaux, et dont les traces couvrent plusieurs si\u00e8cles, commence sur l\u2019emplacement de l\u2019ancien H\u00f4tel-Dieu (d\u00e9moli sous le Second Empire), au Pont-au-Change o\u00f9 se situait la salle Saint-Louis r\u00e9serv\u00e9e aux fous, et sur le Quai de Montebello o\u00f9 s\u2019\u00e9levait le b\u00e2timent Saint-Charles et ses salles des folles. Ces salles de traitement intensif, presque uniques en France, ferment en 1802.Au sein du nouvel H\u00f4tel-Dieu, Gilbert Ballet cr\u00e9e en 1904 le \u00ab service des d\u00e9lirants \u00bb, premi\u00e8re unit\u00e9 ouverte \u00e0 l\u2019Assistance Publique pour l\u2019accueil des malades ne relevant pas de la loi du 30 juin 1838 sur les ali\u00e9n\u00e9s. Dans ce m\u00eame \u00e9tablissement quelques d\u00e9cennies plus tard, Henri Grivois dirige un service d\u2019urgences psychiatriques qui a tenu une place importante et originale dans le dispositif psychiatrique parisien.Sur l\u2019emplacement de cet H\u00f4tel-Dieu reconstruit, existait un b\u00e2timent ayant abrit\u00e9 sous l\u2019Ancien R\u00e9gime l\u2019hospice des Enfants-trouv\u00e9s, et dans lequel le Conseil G\u00e9n\u00e9ral des Hospices, anc\u00eatre de l\u2019Assistance Publique, ouvre en 1802 son Bureau Central des Admissions, par o\u00f9, sauf urgence, tous les malades devaient passer avant leur \u00e9ventuelle admission dans un h\u00f4pital ou un hospice parisien. Et parmi ces malades, ceux qui relevaient d\u2019un service d\u2019ali\u00e9n\u00e9s, \u00e0 Bic\u00eatre pour les hommes, \u00e0 la Salp\u00eatri\u00e8re pour les femmes.<br \/>\nLe Bureau Central recevra jusqu\u2019en 1845 pour un examen m\u00e9dical les pr\u00e9sum\u00e9s ali\u00e9n\u00e9s arr\u00eat\u00e9s et conduits au D\u00e9p\u00f4t de la Pr\u00e9fecture de Police, situ\u00e9e elle aussi dans l\u2019\u00cele de la Cit\u00e9. \u00c0 partir de cette date, la Pr\u00e9fecture de police dispose d\u2019un m\u00e9decin sp\u00e9cial qui proc\u00e8de \u00e0 l\u2019examen des pr\u00e9sum\u00e9s au sein m\u00eame du D\u00e9p\u00f4t, dans une Infirmerie s\u00e9par\u00e9e de celle des autres malades. Le premier est Ulysse Tr\u00e9lat, par ailleurs m\u00e9decin ali\u00e9niste \u00e0 la Salp\u00eatri\u00e8re. Cette infirmerie sera r\u00e9am\u00e9nag\u00e9e et baptis\u00e9e en 1871 Infirmerie sp\u00e9ciale pr\u00e8s la Pr\u00e9fecture de Police. Elle d\u00e9m\u00e9nage rue Cabanis un si\u00e8cle plus tard, sous le nom qu\u2019elle porte depuis 1950, Infirmerie psychiatrique pr\u00e8s la Pr\u00e9fecture de police.<br \/>\nLa derni\u00e8re \u00e9poque que nous \u00e9voquerons est \u00e9galement la plus ancienne : il a exist\u00e9 sur l\u2019\u00cele de la Cit\u00e9 au Moyen-\u00c2ge une \u00e9glise Sainte-Croix-de-la-Cit\u00e9, situ\u00e9e sur l\u2019emplacement de la partie sud de l\u2019actuel March\u00e9 aux fleurs, o\u00f9 \u00e9taient conserv\u00e9es les reliques de saint Hildevert, invoqu\u00e9 contre la folie. Le culte sera transf\u00e9r\u00e9 dans l\u2019\u00e9glise Saint-Laurent, faubourg Saint-Martin, apr\u00e8s que le voisinage de Sainte-Croix se fut plaint des nuisances occasionn\u00e9es par les fr\u00e9n\u00e9tiques.<br \/>\nLes p\u00e8lerins parisiens se rendaient aussi jadis \u00e0 Larchant, pr\u00e8s de Nemours, o\u00f9 reposaient les reliques de saint Mathurin, autre saint thaumaturge sp\u00e9cialis\u00e9 dans les troubles de l\u2019esprit. Au retour de leur neuvaine, un rituel voulait qu\u2019ils jettent dans la Seine l\u2019enseigne qu\u2019ils avaient rapport\u00e9 de leur p\u00e8lerinage. Plusieurs de ces enseignes qui repr\u00e9sentent le saint ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes lors de dragages du petit bras de la Seine sous le Second Empire.<\/li>\n<li><strong>Michel GERMAIN<\/strong><em> \u2013 James Stephen Ewing (1866-1943), pionnier de l\u2019oncologie moderne<br \/>\n<\/em>James Ewing est n\u00e9 le 25 d\u00e9cembre 1866 \u00e0 Pittsburgh, Pennsylvanie. Sa sant\u00e9 influencera sa destin\u00e9e : \u00e0 14 ans, une ost\u00e9omy\u00e9lite du f\u00e9mur le cloue au lit pendant deux ans d\u2019alitement, suivie d\u2019une claudication permanente, puis d\u2019une n\u00e9vralgie du trijumeau op\u00e9r\u00e9e en 1926 par Harvey Cushing. En 1884, il entre \u00e0 l\u2019<em>Amherst College<\/em>, \u00e9lu en 1888 <em>Phi Beta Kappa<\/em>. En 1891, il est dipl\u00f4m\u00e9 docteur en m\u00e9decine de l\u2019Universit\u00e9 Columbia. Apr\u00e8s une activit\u00e9 d\u2019enseignant, il d\u00e9veloppe un vif int\u00e9r\u00e9t pour la pathologie. En 1899, il est nomm\u00e9 professeur de pathologie clinique de l\u2019Universit\u00e9 Cornell. En 1921, il d\u00e9crit un cancer de l\u2019os au niveau du radius chez une adolescente de 14 ans. Il montre que c\u2019est une tumeur radiosensible. Cette tumeur sera plus tard nomm\u00e9e \u00ab sarcome d\u2019Ewing \u00bb en son honneur. Fin 1984, les chercheurs\u00a0 dirig\u00e9s par le Pr Olivier Delattre, Inserm 830, Institut Curie, ont d\u00e9couvert une anomalie g\u00e9n\u00e9tique pour ce sarcome osseux : la translocation chromosomique t (11 ;22). Elle entraine la fusion des g\u00e8nes EWSR1 et FL11, cr\u00e9ant une prot\u00e9ine chim\u00e8re. Cette anomalie est d\u00e9sormais le marqueur diagnostique du sarcome d\u2019Ewing. La pal\u00e9opathologie a permis de d\u00e9couvrir sur des ossements anciens quelques rares cas de tumeurs \u00e9voquant fortement le sarcome d\u2019Ewing. En 1901, Ewing publie son premier livre, <em>Clinical Pathology of Blood\u00a0; <\/em>puis, en 1919,<em> Neoplastic Diseases<\/em>, consid\u00e9r\u00e9 comme le premier manuel de r\u00e9f\u00e9rence en pathologie tumorale\u00a0; enfin, en 1931<em>, Causation, diagnosis and treatment of cancer. <\/em>\u00c0 partir de 1902, il est cofondateur du Collis <em>P. Huntington Fund for Cancer Research<\/em>, de l\u2019<em>American Association for cancer research<\/em>, dont il est le premier pr\u00e9sident; puis de l\u2019<em>American Society for the control of cancer<\/em>; du <em>National Radium Institute<\/em>, au <em>Memorial Hospital<\/em> de New York o\u00f9 il d\u00e9veloppe l\u2019utilisation de la radioth\u00e9rapie et de la radium-th\u00e9rapie. Ewing a \u00e9t\u00e9 un pionnier pour traiter le cancer avec ces techniques. Il a \u00e9galement explor\u00e9 les possibilit\u00e9s de l\u2019immunoth\u00e9rapie et de la chimioth\u00e9rapie, posant les bases des traitements multimodaux actuels. Il insistait sur l\u2019importance d\u2019une approche multidisciplinaire pour mieux traiter les patients. Ewing prend sa retraite en 1939. Il se sert d\u2019un microscope pour diagnostiquer son propre cancer de vessie et d\u00e9c\u00e8de le 16 mai 1943 \u00e0 76 ans \u00e0 New York des suites de cette maladie.En 1951, l\u2019H\u00f4pital James Ewing fut inaugur\u00e9 \u00e0 New York pour traiter les patients atteints de cancer. Le nom d\u2019Ewing reste attach\u00e9 au sarcome \u00e9ponyme et son \u0153uvre a jet\u00e9 les bases de l\u2019oncologie moderne combinant recherche, diagnostic et traitement du cancer.<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\"><\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\"><\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<h2><strong>R\u00e9union du 12 d\u00e9cembre 2025<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Julien BOGOUSSLAVSKY<\/strong> \u2013 <em>Gustave Roussy<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Le nom de Gustave Roussy (1874-1948) est pass\u00e9 \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 par l\u2019institut du cancer qui fut sa cr\u00e9ation. Fils du cofondateur de la firme Nestl\u00e9 \u00e0 Vevey en Suisse, Roussy \u00e9migra rapidement en France pour son cursus m\u00e9dical, y gravissant les \u00e9chelons hi\u00e9rarchiques, d\u2019abord dans le domaine neurologique comme \u00e9l\u00e8ve de Jules D\u00e9jerine, autre Suisse de naissance. Un patriotisme fran\u00e7ais exacerb\u00e9 durant la Grande Guerre lui fit d\u00e9velopper le \u00ab torpillage \u00bb (\u00e9lectroth\u00e9rapie douloureuse) comme moyen de renvoi au front des cas de n\u00e9vrose de guerre. Un certain discr\u00e9dit s\u2019ensuivit, en fin de conflit, qui fut probablement un facteur de son virage vers l\u2019oncologie, d\u2019autant plus qu\u2019il \u00e9tait anatomopathologiste. Comme h\u00e9ritier de Nestl\u00e9, mari\u00e9 \u00e0 la fille du ministre Gaston Thompson, Roussy s\u2019introduisit facilement dans les cercles d\u00e9cideurs, ce qui aboutit \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019institut du cancer de Villejuif d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1930. Roussy percevait cet institut avec une vraie vision sociale, notamment pour les plus d\u00e9munis, avec le soutien de politiciens communistes comme Paul Vaillant-Couturier. En parall\u00e8le, sa carri\u00e8re acad\u00e9mique le porta au poste de recteur de l\u2019Acad\u00e9mie de Paris, qu\u2019il occupa encore au d\u00e9but du r\u00e9gime de Vichy, avant sa r\u00e9vocation par ce m\u00eame r\u00e9gime. Une tortueuse affaire d\u2019introduction clandestine de fonds depuis la Suisse vers la France durant la guerre fut \u00e0 l\u2019origine de poursuites de la part du gouvernement fran\u00e7ais, notamment pour fraude fiscale. Roussy, qui avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9habilit\u00e9 comme recteur, fut \u00e0 nouveau suspendu, et finit par mettre fin \u00e0 ses jours apr\u00e8s deux tentatives. La presse, qui l\u2019avait d\u2019abord descendu en flammes, changea diam\u00e9tralement d\u2019attitude en le d\u00e9clarant innocent posthume, mais il ne fut jamais r\u00e9habilit\u00e9 par les institutions acad\u00e9miques. Le centre de Villejuif fut n\u00e9anmoins baptis\u00e9 \u00ab Institut Gustave Roussy \u00bb en son honneur quelques ann\u00e9es apr\u00e8s sa mort. Au-del\u00e0 d\u2019une image paradoxale de \u00ab milliardaire communisant \u00bb et de m\u00e9decin mondain, Roussy reste une figure complexe \u00e0 la vocation infatigable, et dont la fortune et l\u2019expertise furent mises au service de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Olivier WALUSINSKI<\/strong><em> \u2013 Jean-Martin Charcot et le scandale du canal de Panama en 1893<\/em><span style=\"font-size: 0.8125rem;\">Deux mois avant sa mort, Jean-Martin Charcot accompagne le doyen Paul Brouardel en Angleterre. Ils sont missionn\u00e9s par la justice fran\u00e7aise afin d\u2019expertiser l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de Cornelius Herz, affairiste qui a pris la fuite apr\u00e8s la r\u00e9v\u00e9lation de la banqueroute de la compagnie cens\u00e9e percer le canal de Panama. Les archives expos\u00e9es ici r\u00e9v\u00e8lent combien les articles de la presse fran\u00e7aise ont, \u00e0 cette \u00e9poque, calomni\u00e9 les deux ma\u00eetres parisiens en les accusant de complaisance voire de corruption, bien qu\u2019ils n\u2019aient que confirm\u00e9 l\u2019avis rendu par leurs c\u00e9l\u00e8bres coll\u00e8gues londoniens qui avaient pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9clar\u00e9 Herz intransportable. Le t\u00e9moignage de Brouardel permet d\u2019\u00e9voquer la d\u00e9gradation progressive de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de Charcot, souffrant d\u2019angor et d\u2019insuffisance cardiaque depuis 1890. Au cours de ce dernier voyage, Charcot marche difficilement, comme un lacunaire, et manifeste une dyspn\u00e9e secondaire \u00e0 un \u0153d\u00e8me pulmonaire subintrant. Une d\u00e9faillance cardiaque irr\u00e9versible emporte le ma\u00eetre et fondateur de la neurologie fran\u00e7aise le 16 ao\u00fbt 1893.<\/span><\/li>\n<li><strong>Juan Carlos RIVERA<\/strong><em style=\"font-size: 0.8125rem;\"> \u2013 <em>L&rsquo;affaire Dujarier : un chirurgien qui a fait condamner la chirurgie esth\u00e9tique<br \/>\n<\/em><\/em>Charles Dujarier (Louis Charles Dujarrier, selon les actes du proc\u00e8s), ancien \u00e9l\u00e8ve d\u2019Auguste N\u00e9laton et de Louis-Hubert Farabeuf, a 56 ans et une solide carri\u00e8re de chirurgien chef de service \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Boucicaut , 1870-1931quand, sur recommandation d&rsquo;un confr\u00e8re, L\u00e9opold Levy qui le pr\u00e9sente comme \u00abun des chirurgiens les plus connus de Paris\u00bb, il rencontre Mlle Suzanne Geoffre qui a un probl\u00e8me de \u00abjambes trop lourdes \u00bb. C\u2019est une jeune ex-mannequin ayant travaill\u00e9 pour le grand couturier Paul Poiret \u00ab le magnifique \u00bb, qui est propri\u00e9taire depuis peu d&rsquo;une maison de couture.<br \/>\nFace \u00e0 l\u2019insistance de la patiente, dont la \u00ab surexcitation \u00e9tait extr\u00eame au point de dire qu\u2019elle se donnerait la mort s\u2019il refusait de l\u2019op\u00e9rer\u00a0 et de sortir une arme \u00e0 feu lors de l\u2019entretien \u00bb, Dujarier lui pr\u00e9sente un acte qu\u2019il n\u2019avait jamais r\u00e9alis\u00e9 auparavant comme \u00e9tant \u00ab rapide, facile et sans risques\u00bb. Il la fait hospitaliser le jour m\u00eame \u00e0 Boucicaut (et \u00ab pas dans une clinique \u00bb comme indique l\u2019avocat de la partie adverse), et l&rsquo;intervention a lieu le lendemain, 27 f\u00e9vrier 1926, d\u00e9butant par le mollet gauche. Il s\u2019ensuit une gangr\u00e8ne qui obligea \u00e0 amputer de cette jambe gauche un mois apr\u00e8s dans des conditions dramatiques.<br \/>\n<span style=\"font-size: 0.8125rem;\">Condamn\u00e9 en premi\u00e8re instance et en appel, Dujarier meurt un an apr\u00e8s. Cette communication a pour but de commenter ce proc\u00e8s et ce fait divers chirurgical qui a \u00e9mu l\u2019opinion publique des \u00ab ann\u00e9es folles \u00bb et a banni la chirurgie \u00ab esth\u00e9tique \u00bb des h\u00f4pitaux, pour environ 30 ans.<br \/>\n<\/span><\/li>\n<li><strong>Antonio RICCIARDETTO<\/strong><em> \u2013 Vingt ann\u00e9es d\u2019\u00e9dition de textes m\u00e9dicaux grecs et latins antiques en France : avanc\u00e9es majeures et perspectives d\u2019une discipline \u00e0 l\u2019\u00e9volution rapide<br \/>\n<\/em>L&rsquo;ann\u00e9e 2025 a co\u00efncid\u00e9 avec le vingti\u00e8me anniversaire de la d\u00e9couverte exceptionnelle du trait\u00e9 <em>Ne pas se chagriner<\/em>, que l\u2019on croyait irr\u00e9m\u00e9diablement perdu, de Galien, m\u00e9decin natif de Pergame en Asie Mineure (129-216). Plus g\u00e9n\u00e9ralement, ces deux derni\u00e8res d\u00e9cennies ont \u00e9t\u00e9 remarquablement florissantes dans le domaine de l\u2019\u00e9dition des textes m\u00e9dicaux grecs et latins antiques en France. La pr\u00e9sente communication retrace le bilan riche et vari\u00e9 des travaux des chercheurs <em>\u2013<\/em> philologues et historiens de la m\u00e9decine <em>\u2013<\/em> bas\u00e9s dans l\u2019Hexagone, en mettant l\u2019accent non seulement sur les avanc\u00e9es majeures, dont la publication d\u2019autres textes in\u00e9dits, comme la traduction arabe du <em>Commentaire de Galien sur le Serment d\u2019Hippocrate<\/em>, ou encore les <em>Probl\u00e8mes<\/em> hippocratiques, mais aussi sur les perspectives dans ce domaine.<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\"><\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\"><\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong style=\"font-size: 2rem;\">R\u00e9union du 14 novembre 2025<\/strong><\/p>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Pascale GRAMAIN<\/strong> \u2013 <em>La Soci\u00e9t\u00e9 royale de m\u00e9decine, une vision d\u2019avenir de la sant\u00e9 publique<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Cr\u00e9\u00e9e en 1779 dans le sillage d\u2019une crise sanitaire devenue \u00e9conomique et sociale, et pr\u00e9sid\u00e9e par F\u00e9lix Vicq d&rsquo;Azyr, la Soci\u00e9t\u00e9 royale de m\u00e9decine devint l\u2019interlocuteur du gouvernement pour tous les probl\u00e8mes relatifs \u00e0 la sant\u00e9 publique. Trois motifs principaux ont pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 sa cr\u00e9ation : 1. veille scientifique et sanitaire ; 2. lutte contre les \u00e9pid\u00e9mies et \u00e9pizooties ; 3. labellisation des rem\u00e8des. Forte de ses 14 ann\u00e9es d\u2019existence, elle proposa un plan de constitution m\u00e9dicale en 1790, fruit de son exp\u00e9rience, pour organiser efficacement la sant\u00e9 publique (y compris la police sanitaire), la recherche et l\u2019instruction m\u00e9dicale. Ses propositions ne furent suivies d\u2019effet que bien plus tard.<\/p>\n<p>.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Jean-Fran\u00e7ois HUTIN<\/strong> \u00a0\u2013 <em>La publication \u00ab\u00a0Histoire de la Soci\u00e9t\u00e9 royale de m\u00e9decine\u00a0\u00bb (1779-1798)<\/em><em><br \/>\n<\/em>Cette communication se propose d\u2019analyser les travaux publi\u00e9s par la Soci\u00e9t\u00e9 royale de m\u00e9decine durant les quatorze ans de son existence dans dix volumes intitul\u00e9s <em>Histoire de la Soci\u00e9t\u00e9 royale de m\u00e9decine<\/em>. Nous nous attarderons notamment sur les enqu\u00eates de ses correspondants r\u00e9partis sur tout le territoire, qui permettent de consid\u00e9rer la SRM comme la premi\u00e8re agence d\u2019\u00c9tat en mati\u00e8re de sant\u00e9 publique et l\u2019anc\u00eatre de l\u2019Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine qui en conserve d\u2019ailleurs les archives.<\/li>\n<li><strong style=\"font-size: 0.8125rem;\">Marie-Laure BARRAULT<\/strong><span style=\"font-size: 0.8125rem;\">\u00a0 \u2013 <em>Les concours et les prix distribu\u00e9s par la Soci\u00e9t\u00e9 royale de m\u00e9decine<\/em><\/span><em style=\"font-size: 0.8125rem;\"><br \/>\n<\/em>La Soci\u00e9t\u00e9 distribue deux sortes de prix. Les uns sont remport\u00e9s par les auteurs des meilleurs m\u00e9moires pour r\u00e9pondre aux diff\u00e9rentes questions qu\u2019elle publie. Elle d\u00e9cerne les autres comme t\u00e9moignage de son estime \u00e0 \u00ab\u00a0ceux qui se distinguent le plus dans leur correspondance et qui lui rendent le plus de services \u00bb. J\u2019ajouterai une troisi\u00e8me sorte de prix, celui des topographies m\u00e9dicales. Ces prix \u00e9taient donn\u00e9s de mani\u00e8re solennelle deux fois par an. Ces prix autorisent \u00e0 analyser les sujets propos\u00e9s, leur \u00e9volution, leur mode de financement et la mani\u00e8re dont les commissaires \u00e9valuent les m\u00e9moires, sans perdre de vue le but affich\u00e9 par Vicq d\u2019Azyr et de ses collaborateurs\u00a0: faire de la m\u00e9decine une science, s\u2019emparer peu \u00e0 peu de tous les domaines de la sant\u00e9 publique en \u00e9tant des experts pour le pouvoir.<\/li>\n<li><strong>Serge ROSOLEN<\/strong> \u2013 <em>F\u00e9lix Vicq d\u2019Azyr et les v\u00e9t\u00e9rinaires<\/em><em><br \/>\n<\/em>Homme des Lumi\u00e8res, secr\u00e9taire perp\u00e9tuel de la Soci\u00e9t\u00e9 royale de m\u00e9decine et membre de l\u2019Acad\u00e9mie royale des sciences, F\u00e9lix Vicq d\u2019Azyr se voit confier par Turgot la gestion de l\u2019\u00e9pizootie de peste bovine qui s\u00e9vit dans le sud-ouest de la France en 1774. \u00c0 cette occasion, il travaille avec les \u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles v\u00e9t\u00e9rinaires, r\u00e9cemment cr\u00e9\u00e9es. Il collabore aussi avec les v\u00e9t\u00e9rinaires locaux qui ont cr\u00e9\u00e9 des h\u00f4pitaux v\u00e9t\u00e9rinaires o\u00f9 se trouvent des animaux sains, malades et mourants. Il perfectionne ainsi son approche anatomo-fonctionnelle comparative. Son oncle, Daubenton, le fait participer \u00e0 la restructuration de l\u2019enseignement de l\u2019\u00c9cole v\u00e9t\u00e9rinaire d\u2019Alfort. On lui confie la chaire d\u2019anatomie compar\u00e9e entre 1782 et 1787 et des \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole sont mis \u00e0 sa disposition pour l\u2019aider dans ses dissections. Il travaille aux c\u00f4t\u00e9s de jeunes savants, le chimiste et m\u00e9decin Fourcroy, le botaniste et m\u00e9decin Broussonet et le v\u00e9t\u00e9rinaire Gilbert, qui vont poser les jalons de sciences en devenir\u00a0: agronomie, chimie organique, anatomie compar\u00e9e et surtout m\u00e9decine exp\u00e9rimentale. Gr\u00e2ce \u00e0 eux, l\u2019\u00c9cole d\u2019Alfort, devient un v\u00e9ritable centre de recherche sur le vivant, incluant un centre d\u2019investigations cliniques et agronomiques. Vicq d\u2019Azyr a une vision unitaire de la m\u00e9decine qui l\u2019incitera \u00e0 proposer l\u2019int\u00e9gration de l\u2019enseignement v\u00e9t\u00e9rinaire aux \u00e9tudes m\u00e9dicales. Sa disparition pr\u00e9matur\u00e9e en 1794 l\u2019emp\u00eachera de participer avec les autres savants d\u2019Alfort au premier noyau de l\u2019Institut national cr\u00e9\u00e9 par le Directoire en 1795. Les v\u00e9t\u00e9rinaires ont compris ce qu\u2019ils devaient \u00e0 Daubenton et \u00e0 Vicq d\u2019Azyr : la cr\u00e9ation de chaires exp\u00e9rimentales, l\u2019\u00e9largissement de leur domaine d\u2019expertise \u00e0 tout ce qui concerne les animaux d\u2019\u00e9levage (soin, nourriture, pr\u00e9vention des maladies, contr\u00f4le de la reproduction, conduite des troupeaux\u2026), leur permettant de devenir des acteurs \u00e9conomiques \u00e0 part enti\u00e8re. Au sein de l\u2019\u00c9cole Alfort, entre 1782 et 1787, la porosit\u00e9 entre les m\u00e9decines humaine et animale a favoris\u00e9 une circulation sans pr\u00e9c\u00e9dent des savoirs, qui pr\u00e9figure le concept d\u2019unicit\u00e9 de la sant\u00e9, <em>one health<\/em>.<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\"><\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ol>\n<li style=\"list-style-type: none;\"><\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ol>\n<h2><strong>R\u00e9union du 17 octobre 2025<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Pierre CORVOL<\/strong> \u2013 <em>Histoire du syst\u00e8me r\u00e9nine angiotensine<\/em><\/p>\n<blockquote><p>L\u2019histoire du syst\u00e8me r\u00e9nine angiotensine (SRA) illustre une recherche fructueuse qui en pr\u00e8s de cent ans, \u00e0 partir d\u2019une exp\u00e9rience simple de physiologie, a abouti \u00e0 la d\u00e9couverte de la r\u00e9nine, du SRA et de ses composants jusqu\u2019aux inhibiteurs du SRA qui sont actuellement utilis\u00e9s mondialement dans l\u2019hypertension art\u00e9rielle et dans de nombreuses affections cardiovasculaires et r\u00e9nales. L\u2019histoire d\u00e9bute en 1898 avec la d\u00e9couverte d\u2019un effet hypertenseur d\u2019un extrait aqueux de rein de lapin par un physiologiste finlandais, R. Tigerstedt. Il nomme ce produit presseur <em>renin<\/em> et \u00e9met l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019il pourrait agir dans l\u2019hypertrophie cardiaque observ\u00e9e dans de nombreuses affections r\u00e9nales. Cette observation reste ignor\u00e9e mais 35 ans plus tard, H. Goldblatt \u00e9tablit un lien entre une isch\u00e9mie r\u00e9nale induite chez le chien par une st\u00e9nose de l\u2019art\u00e8re r\u00e9nale et l\u2019\u00e9l\u00e9vation de la pression art\u00e9rielle. Il d\u00e9couvre ainsi que le rein en souffrance produit une substance vasopressive qui pourrait \u00eatre la r\u00e9nine. D\u00e9bute alors la recherche de la nature de la r\u00e9nine par des pharmacologues et des biochimistes issus du milieu acad\u00e9mique et de l\u2019industrie pharmaceutique. La r\u00e9nine n\u2019est pas vasoconstrictrice par elle-m\u00eame mais doit agir sur une globuline plasmatique (l\u2019angiotensinog\u00e8ne) pour g\u00e9n\u00e9rer une substance vasopressive ayant un effet vasopresseur bref mais puisant. Le produit s\u2019av\u00e9rera \u00eatre un peptide qui sera isol\u00e9 et caract\u00e9ris\u00e9 ind\u00e9pendamment aux \u00c9tats-Unis et en Argentine en 1940 et nomm\u00e9 angiotensine. Au cours des d\u00e9cennies suivantes, les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments du SRA seront caract\u00e9ris\u00e9s\u00a0: le substrat de la r\u00e9nine,\u00a0 l\u2019angiotensinog\u00e8ne, par L. Skeggs ; les angiotensines I et II\u00a0 par Braun-Men\u00e9ndez et I. Page ; l\u2019enzyme de conversion qui transforme l\u2019angiotensine I inactive en angiotensine II par E. Erdos. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, un nouveau partenaire du syst\u00e8me r\u00e9nine, l\u2019aldost\u00e9rone, s\u2019ajoute au syst\u00e8me gr\u00e2ce aux travaux de J. Genest \u00e0 Montr\u00e9al et de J. Laragh \u00e0 New York qui montrent que l\u2019angiotensine II stimule la production d\u2019aldost\u00e9rone. Le syst\u00e8me r\u00e9nine angiotensine aldost\u00e9rone s\u2019int\u00e8gre dans l\u2019analyse quantitative de la circulation d\u2019A. Guyton qui donne au rein un r\u00f4le cl\u00e9 dans l\u2019h\u00e9modynamique cardiovasculaire en physiologie et en pathologie. L\u2019histoire du SRA doit beaucoup aussi \u00e0 la d\u00e9couverte d\u00e8s les ann\u00e9es 1970 d\u2019inhibiteurs naturels puis synth\u00e9tiques de l\u2019enzyme de conversion de l\u2019angiotensine qui seront d\u00e9velopp\u00e9s pour abaisser la pression art\u00e9rielle. Ils seront suivis par la conception d\u2019autres classes d\u2019inhibiteurs agissant sur les autres \u00e9tapes de la cascade du SRA\u00a0: action de la r\u00e9nine sur l\u2019angiotensinog\u00e8ne et blocage de l\u2019effet de l\u2019angiotensine sur ses r\u00e9cepteurs. Cette pr\u00e9sentation s\u2019\u00e9tendra de la d\u00e9couverte initiale de la r\u00e9nine jusqu\u2019aux ann\u00e9es 2000. De nouveaux apports au SRA dit \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb sont apparus mais ne seront pas discut\u00e9s ici car leur contribution \u00e0 l\u2019ensemble reste encore \u00e0 pr\u00e9ciser.<\/p>\n<p>.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Zian MIAN<\/strong> \u00a0\u2013 <em>Apprendre des \u00e9pid\u00e9mies : un enjeu pour les d\u00e9mocraties sanitaires<\/em><em><br \/>\n<\/em>En revenant sur les \u00e9pid\u00e9mies pass\u00e9s (peste, variole, sida), nous souhaitons mettre en perspective ce que nous avons v\u00e9cu durant la pand\u00e9mie de la covid avec ce qui a pu se passer dans notre histoire. Nous sommes plusieurs \u00e0 avoir entendu, voire pens\u00e9, que ce que nous vivions \u00e9tait nouveau, et que ce qui \u00e9tait mis en place spectaculaire, mais est-ce vraiment le cas ? Et si oui jusqu&rsquo;\u00e0 quel point ? Cette pr\u00e9sentation se focalisera particuli\u00e8rement sur les r\u00e9actions de trois groupes artificiellement s\u00e9par\u00e9s : la population, les m\u00e9decins et les autorit\u00e9s. Nous profiterons \u00e9galement de quelques d\u00e9tours \u00e0 travers divers formats litt\u00e9raires et artistiques afin de pouvoir mieux acc\u00e9der aux r\u00e9cits des sans-voix, dont on n\u2019a forc\u00e9ment pas gard\u00e9 de traces \u00e9crites. Cette chronique nous permettra de constater que nombre d\u2019\u00e9l\u00e9ments \u00ab\u00a0nouveaux\u00a0\u00bb peuvent \u00eatre des h\u00e9ritages d\u2019\u00e9pid\u00e9mies pass\u00e9s, ou des organisations du syst\u00e8me de soin, mais que certains autres sont in\u00e9dits. Cela nous permettra \u00e9galement d\u2019\u00e9voquer les crises de confiance, la verticalit\u00e9 du pouvoir, les mouvements alternes et les r\u00f4les du corps soignant, ainsi que les questionnements pour le futur.<\/li>\n<li><strong style=\"font-size: 0.8125rem;\">Louis-Fran\u00e7ois GARNIER<\/strong><span style=\"font-size: 0.8125rem;\"> \u00a0\u2013 <em>Les m\u00e9decins et chirurgiens au chevet du roi Henri II aux Tournelles \u00e0 Paris le 10 juillet 1559<\/em><\/span><em style=\"font-size: 0.8125rem;\"><br \/>\n<\/em>Le 30 juin 1559, le destin du roi Henri II (1519-1559) va basculer, alors m\u00eame que l\u2019actualit\u00e9 est \u00e0 l\u2019insouciance. Il s\u2019agit de f\u00eater, comme il se doit, le trait\u00e9 de Cateau-Cambr\u00e9sis (3 avril 1559) mettant fin aux guerres entre la France et l\u2019Espagne. \u00c0 cette occasion est pr\u00e9vue une double alliance matrimoniale et c\u2019est dans le cadre de festivit\u00e9s grandioses que le roi, grand amateur de joute, va s\u2019impliquer personnellement mais ceci va lui \u00eatre fatal. La raison principale de cet accident dramatique r\u00e9side dans l\u2019ent\u00eatement et la pr\u00e9cipitation du roi qui n\u2019a pas permis \u00e0 son entourage de le dissuader d\u2019entrer en lice, ni de boucler la visi\u00e8re de son heaume. Gravement bless\u00e9 au fait par le morceau de lance qui lui p\u00e9n\u00e9tra dans la t\u00eate, le roi mourut apr\u00e8s une agonie de dix jours malgr\u00e9 des soins n\u00e9cessairement limit\u00e9s par les connaissances m\u00e9dicales de l\u2019\u00e9poque. Parmi les m\u00e9decins et chirurgiens \u00e0 son chevet, ceux qui nous sont les plus connus sont Ambroise Par\u00e9 (1510-1590) et Andr\u00e9 V\u00e9sale (1514-1564) mais leur notori\u00e9t\u00e9 posthume ne doit pas faire m\u00e9conna\u00eetre la hi\u00e9rarchie m\u00e9dicale de l\u2019\u00e9poque domin\u00e9e par les premiers m\u00e9decins et chirurgiens de la famille royale.<\/li>\n<li><strong>Lo\u00efc CAPRON<\/strong> \u2013 <em>Comptes financiers de la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de Paris pendant la guerre civile de la Fronde (1648-1654)<br \/>\n<\/em>R\u00e9dig\u00e9s \u00e0 la main et en latin par le doyen en exercice, les <em>Commentaires de la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de Paris<\/em> sont un tr\u00e9sor de renseignements sur son fonctionnement et son histoire. Ses comptes annuels pendant la Fronde attestent d\u2019un relatif d\u00e9nuement\u00a0: pour prix de sa stricte ind\u00e9pendance, la Facut\u00e9 ne recevait pas un liard de la Couronne et ne b\u00e9n\u00e9ficiait que d\u2019aides \u00e9pisodiques de l\u2019Universit\u00e9. La scolarit\u00e9 \u00e9tait officiellement gratuite pendant les quatre premi\u00e8res ann\u00e9es, mais l\u2019exon\u00e9ration de droits d\u2019inscription cessait avec le baccalaur\u00e9at (5<sup>e<\/sup>\u00a0ann\u00e9e), suivi des trois th\u00e8ses pr\u00e9paratoires \u00e0 la licence (7<sup>e<\/sup> ann\u00e9e) puis des trois actes du doctorat (au cours de la m\u00eame ann\u00e9e ou de la suivante). Pendant tout leur cursus, les \u00e9tudiants versaient directement de l\u2019argent aux quelque 120 docteurs r\u00e9gents, \u00e0 titre priv\u00e9, pour un montant annuel estim\u00e9 entre 300 et 500 livres tournois (\u2114) re\u00e7ues par chacun des ma\u00eetres. Bon an mal an et gr\u00e2ce \u00e0 ses autres revenus la Facult\u00e9 percevait une recette annuelle de 2.000 \u00e0 3.000 \u2114. Ses principales lignes de d\u00e9penses \u00e9taient les salaires officiels des enseignants, l\u2019entretien des b\u00e2timents d\u00e9labr\u00e9s des \u00c9coles (rue de la B\u00fbcherie) et les 317 \u2114 d\u2019int\u00e9r\u00eats annuels de sa dette, qui r\u00e9sultait des emprunts qu\u2019elle avait d\u00fb contracter pour couvrir deux ponctions de 3.000 \u2114 qu\u2019on lui avait impos\u00e9es, afin de contribuer \u00e0 l\u2019effort de guerre contre l\u2019Espagne en 1636, et \u00e0 la r\u00e9sistance de Paris assi\u00e9g\u00e9e par les troupes royales en 1649. En cons\u00e9quence, le bilan financier de la Facult\u00e9 a \u00e9t\u00e9 constamment n\u00e9gatif pendant la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e, avec un d\u00e9ficit qui a vari\u00e9 de 366 (1648-1649) \u00e0 1.812 \u2114 (1652-1653).<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union des 13-14 juin 2025<\/strong><\/h2>\n<p>H\u00f4tel-Dieu de Belleville-en-Beaujolais (Rh\u00f4ne)<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/1000042122.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Affiche du programme<\/a><br \/>\n<a href=\"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/La-SFHM-a-Belleville-13-15-juin-2025.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">La r\u00e9union en images <\/a><\/p>\n<h3>R\u00e9sum\u00e9s des communications<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Olivier SAINT-JEAN<\/strong>\u00a0 \u2013 <em>\u00c9volution des prises en charge des personnes \u00e2g\u00e9es et des structures de soins au XXe si\u00e8cle<\/em><br \/>\nLe XXe si\u00e8cle constitue une \u00e9tape dans un long chemin des institutions pour vieillards en France qui d\u00e9bute dans une logique d\u2019enfermement et d\u2019exclusion et veut aller vers le soin et la dignit\u00e9 d\u2019une vie prolong\u00e9e malgr\u00e9 le handicap. Longtemps confondues avec l&rsquo;h\u00f4pital, ces institutions s\u2019en d\u00e9tachent progressivement tout en partageant les logiques de la\u00efcisation et de m\u00e9dicalisation. Leurs mutations sont impuls\u00e9es par le traitement social de la vieillesse et l\u2019int\u00e9gration du risque vieillesse dans le champ de la protection sociale instaur\u00e9e apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. Cette int\u00e9gration, pourtant urgente en 1945 tant les vieillards des hospices subirent une h\u00e9catombe sous l\u2019Occupation, ne fut que lente. Deux lois ont organis\u00e9 les hospices des vieillards, en 1905 et en 1975. Nous illustrerons ce parcours historique par celui des institutions pour vieillards de l&rsquo;Assistance publique-H\u00f4pitaux de Paris.<\/li>\n<li><strong>Louise DUCHINI<\/strong>\u00a0 \u2013 <em>Les s\u0153urs hospitali\u00e8res de Belleville-sur-Sa\u00f4ne : foi et humanit\u00e9<\/em><br \/>\nServantes des pauvres, les s\u0153urs hospitali\u00e8res de Belleville l\u2019ont \u00e9t\u00e9 durant plus de deux si\u00e8cles. La communaut\u00e9, fond\u00e9e par celle de Villefranche-sur-Sa\u00f4ne en 1733 et vivant selon la r\u00e8gle de Beaune, rejoint la Congr\u00e9gation des s\u0153urs hospitali\u00e8res de Sainte-Marthe de Beaune en 1939, fond\u00e9e en 1459 par un couple visionnaire, Nicolas Rolin et Guigone de Salins, pour r\u00e9pondre \u00e0 tous les besoins corporels et spirituels des malades dans le respect et la dignit\u00e9 dus \u00e0 tout \u00eatre humain. L\u2019originalit\u00e9 de la r\u00e8gle de Beaune repose sur la pr\u00e9dominance du soin du malade sur la pri\u00e8re, la libert\u00e9 de l\u2019engagement au nom de la foi et d\u2019y mettre fin, l\u2019humanit\u00e9 et la modernit\u00e9 dans l\u2019\u00e9volution soci\u00e9tale et professionnelle.<\/li>\n<li><strong>Carole PARET<\/strong> \u2013 <em>Les pots \u00e0 pharmacie du Rh\u00f4ne et de la m\u00e9tropole de Lyon \u00e0 travers l&rsquo;\u00e9tude de la collection de Belleville-en-Beaujolais<br \/>\n<\/em>Bien plus que de simples contenants, les pots \u00e0 pharmacie incarnent l\u2019\u00e9volution des pratiques m\u00e9dicinales et artisanales \u00e0 travers les si\u00e8cles. Leurs formes et leurs ornements conf\u00e8rent \u00e0 ces objets une valeur patrimoniale incontestable. Aujourd\u2019hui, bien qu\u2019ils ne soient plus utilis\u00e9s, leur int\u00e9r\u00eat demeure intact. Cette communication propose d\u2019examiner la collection bellevilloise et de la confronter \u00e0 celles des apothicaireries environnantes afin d\u2019en r\u00e9v\u00e9ler les singularit\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>Philippe GUILLET<\/strong> \u2013 <em>Actualit\u00e9 g\u00e9rontologique de Galien<br \/>\n<\/em>Au lle si\u00e8cle de notre \u00e8re, le m\u00e9decin grec Galien exposait dans son trait\u00e9 \u00ab Sur la pr\u00e9servation de la sant\u00e9 \u00bb (<em>De sanitate tuenda<\/em>), les mesures utiles \u00e0 la pr\u00e9servation de la sant\u00e9 \u00e0 chaque \u00e2ge de la vie. Pour lui, comme pour la plupart des m\u00e9decins antiques, la vieillesse n\u2019\u00e9tait pas une maladie, mais un processus naturel, r\u00e9sultant de la modification in\u00e9luctable du \u00ab temp\u00e9rament \u00bb du sujet au cours de sa vie enti\u00e8re. La restauration de tout d\u00e9s\u00e9quilibre constat\u00e9 par un mode de vie appropri\u00e9, avait pour objectif de maintenir la \u00ab bonne sant\u00e9 \u00bb et de reculer le plus longtemps possible la survenue de la d\u00e9pendance. Notre pr\u00e9sentation tentera de d\u00e9gager les parall\u00e8les de cette tradition m\u00e9dicale antique avec les concepts de la g\u00e9rontologie actuelle.<\/li>\n<li><strong>Christine DUTR\u00c8VE<\/strong> \u2013 <em>Instants de vie \u00e0 l\u2019H\u00f4tel-Dieu de Belleville, avant la fermeture de l\u2019Hospice (1991)<br \/>\n<\/em>Au fil du temps, l\u2019h\u00f4pital de Belleville s\u2019est adapt\u00e9 aux nouvelles pratiques m\u00e9dicales et soignantes. Des constructions plus adapt\u00e9es ont vu le jour afin de garantir une offre de soins plus conforme aux attentes des usagers et au respect des normes. Toutefois, l\u2019H\u00f4tel-Dieu a continu\u00e9 \u00e0 accueillir des patients, puis des r\u00e9sidents jusqu\u2019en 1991. Au travers de quelques t\u00e9moignages, photos et vid\u00e9os, nous verrons comment la vie s\u2019organisait \u00e0 l\u2019H\u00f4tel-Dieu avant que tous les pensionnaires ne quittent les lieux.<\/li>\n<li><strong>\u00c9lise ANDR\u00c9<\/strong> \u2013 <em>Les rhumatismes dans les<\/em> Le\u00e7ons cliniques des maladies des vieillards <em>de J.-M. Charcot<br \/>\n<\/em>Jean-Martin Charcot (1825-1893), dont nous c\u00e9l\u00e9brons cette ann\u00e9e le bicentenaire de la naissance, est consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re de la neurologie moderne. Il \u00e9tudia \u00e9galement la pathologie articulaire, et notamment la polyarthrite rhumato\u00efde, \u00e0 laquelle il consacra sa th\u00e8se en 1853, sous le nom de rhumatisme articulaire chronique. Il approfondit ses travaux dans les <em>Le\u00e7ons cliniques sur les maladies des vieillards<\/em>, \u00e9dit\u00e9es en 1866 puis en 1874, o\u00f9 il proposa une classification du rhumatisme articulaire chronique, en trois types : rhumatisme articulaire chronique progressif, rhumatisme articulaire chronique partiel et nodosit\u00e9s d\u2019Heberden. Il ouvrit ainsi la voie \u00e0 la distinction entre rhumatisme inflammatoire et d\u00e9g\u00e9n\u00e9ratif.<\/li>\n<li><strong>Janine HUGAND<\/strong> \u2013 <em>Traces \u00e9crites des rem\u00e8des utilis\u00e9s par les religieuses de Belleville<br \/>\n<\/em>Les s\u0153urs apothicaires de l\u2019H\u00f4tel-Dieu de Belleville ont laiss\u00e9 tr\u00e8s peu de textes sur leur art, mais les communaut\u00e9s Sainte-Marthe \u00e9changeaient leurs recettes, entre elles. L\u2019Albarelle a relev\u00e9 les recueils des communaut\u00e9s de Chatillon-sur-Chalaronne et Charlieu. Leurs recettes traduisent des pr\u00e9occupations de soignantes, avec des pr\u00e9parations parfois surprenantes, mais aussi de gastronomes, et m\u00eame de chimistes. Elles ont eu \u00e0 leur disposition l\u2019<em>Atlas de Botanique de Monsieur Grange<\/em> (1808), et un herbier exceptionnel \u00e0 orientation botanique et th\u00e9rapeutique ; enfin, elles ont re\u00e7u un carnet de provenance quelque peu myst\u00e9rieuse qui leur assurera une renomm\u00e9e nationale.<\/li>\n<li><strong>Yves BERNARD<\/strong> \u2013 <em>La mixture de Belleville<br \/>\n<\/em>En 1822, un carnet de recettes de diff\u00e9rents rem\u00e8des est donn\u00e9 aux s\u0153urs de l\u2019H\u00f4tel-Dieu de Belleville. Une recette y sera reprise par la s\u0153ur apothicaire, S\u0153ur Martini\u00e8re, et sera connue et commercialis\u00e9e jusqu\u2019en 1962 sous le nom de \u00ab Mixture de Belleville \u00bb. Principalement compos\u00e9e de plantes, aux vertus vermifuges, toniques, luttant contre les convulsions et la coqueluche, elle aura une grande renomm\u00e9e non seulement locale, mais nationale, car elle sera largement diffus\u00e9e : vers 1940, 20 000 flacons en seront commercialis\u00e9s chaque ann\u00e9e. Ces ventes ont constitu\u00e9 un apport financier important pour les religieuses de l\u2019H\u00f4tel-Dieu, permettant des am\u00e9nagements appr\u00e9ciables et contribu\u00e9 au bon fonctionnement de l\u2019institution.<\/li>\n<li><strong>Philippe ALBOU<\/strong> \u2013 <em>All\u00e9gories \u00ab m\u00e9dico-sociales \u00bb dans le<\/em> Roman de la Rose<br \/>\nLe <em>Roman de la Rose<\/em> est une \u0153uvre po\u00e9tique m\u00e9di\u00e9vale, compos\u00e9e vers 1237 par Guillaume de Lorris puis compl\u00e9t\u00e9 vers 1270, par Jean de Meung. Il eut un \u00e9norme succ\u00e8s jusqu\u2019\u00e0 la Renaissance, avec plus d\u2019une centaine de manuscrits retrouv\u00e9s en France, souvent somptueusement enlumin\u00e9s. Guillaume de Lorris nous d\u00e9crit un r\u00eave qui s\u2019ouvre sur la promenade printani\u00e8re d\u2019un jeune homme qui, tout en suivant une rivi\u00e8re, arrive aux abords d\u2019un jardin clos o\u00f9 r\u00e9side l\u2019Amour. Avant d\u2019y p\u00e9n\u00e9trer, il d\u00e9couvre sur le mur ext\u00e9rieur de l\u2019enceinte des personnages all\u00e9goriques repr\u00e9sentant les vices et les malheurs de la vie, dont trois peuvent \u00eatre qualifi\u00e9es de \u00ab m\u00e9dico-sociales \u00bb : la Tristesse, la Vieillesse et la Pauvret\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Isabelle CHARTON et Anne BARRI\u00c8RE<\/strong> \u2013 <em>Mus\u00e9e de l\u2019H\u00f4tel-Dieu (1993-2025)<\/em><br \/>\nEn 1991, les derniers pensionnaires quittaient l\u2019H\u00f4tel-Dieu pour rejoindre la maison de retraite \u00ab Le Moulin \u00bb. Commer\u00e7ants et associations sportives font des propositions d\u2019activit\u00e9s peu compatibles avec ce site exceptionnel. L\u2019association <em>L\u2019Albarelle<\/em> cr\u00e9\u00e9e en 1993 a depuis \u0153uvr\u00e9 \u00e0 sa protection et sa mise en valeur. Trente ans apr\u00e8s, des questionnements similaires se posent lorsque la nouvelle municipalit\u00e9 souhaite lancer un grand projet de r\u00e9novation et de restructuration. La pr\u00e9servation du lieu dans son int\u00e9grit\u00e9 sera \u00e0 nouveau privil\u00e9gi\u00e9e tout en assurant un ancrage profond dans les r\u00e9alit\u00e9s d\u2019aujourd\u2019hui et les enjeux de demain.<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union du 23 mai 2025<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Florence BRETELLE<\/strong> \u2013 <em>La m\u00e9decine en Chine, au-del\u00e0 de la \u00ab\u00a0m\u00e9decine traditionnelle chinoise\u00a0\u00bb\u00a0: un ensemble dynamique de th\u00e9ories et de pratiques, \u00e0 la confluence des hommes, des maladies, de la culture et du politique<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950, apr\u00e8s des d\u00e9cennies de d\u00e9bats entre les diff\u00e9rents types d\u2019acteurs impliqu\u00e9s dans le soin en Chine, le terme de \u00ab\u00a0m\u00e9decine chinoise\u00a0<em>Zhongyi<\/em>\u00a0\u00bb est d\u00e9finitivement adopt\u00e9 par les autorit\u00e9s chinoises pour d\u00e9signer, en Chine, la m\u00e9decine chinoise et la diff\u00e9rencier de cette m\u00e9decine, fond\u00e9e sur les sciences, que des m\u00e9decins europ\u00e9ens et am\u00e9ricains ont introduite au fil du XIXe si\u00e8cle en Chine, qualifi\u00e9e, elle, de \u00ab\u00a0m\u00e9decine occidentale\u00a0<em>Xiyi<\/em>\u00bb. C\u2019est cependant sous l\u2019appellation de \u00ab Traditional Chinese Medicine \u00bb ou \u00ab M\u00e9decine Traditionnelle Chinoise \u00bb que la m\u00e9decine, dite chinoise en Chine, se fait conna\u00eetre en Europe et aux \u00c9tats-Unis, d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1950, et s\u2019exporte, dans les ann\u00e9es 1970. J\u2019aborderai bri\u00e8vement les malentendus que ce nom de \u00ab m\u00e9decine traditionnelle chinoise \u00bb a induits dans l\u2019imaginaire occidental contemporain tout en rappelant le contexte, les enjeux politiques et les contenus de cette \u00ab tradition invent\u00e9e \u00bb. Je reviendrai sur les sources qui permettent de suivre l\u2019histoire de l\u2019ensemble des savoirs et des pratiques constituant la m\u00e9decine en Chine, et illustrerai, au travers de deux questions particuli\u00e8res \u2013 l\u2019\u00e9tiologie et la th\u00e9rapeutique \u2013 combien les acteurs impliqu\u00e9s dans la pratique ou la r\u00e9flexion m\u00e9dicale sont porteurs de nouvelles propositions au fil du temps et des lieux, influenc\u00e9es par des facteurs aussi vari\u00e9s que les changements de pathoc\u00e9nose, les \u00e9volutions technologiques, philosophiques ou institutionnelles. Enfin, l\u2019\u00e9tude sp\u00e9cifique de la variolisation, discut\u00e9e dans les textes m\u00e9dicaux chinois d\u00e8s 1695, permettra de nous arr\u00eater sur l\u2019une de ces nouvelles propositions, au fil de l\u2019histoire, et d\u2019\u00e9tudier l\u2019une des mani\u00e8res possibles d\u2019articuler la nouveaut\u00e9 avec le d\u00e9j\u00e0 connu.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Lo\u00efc CAPRON<\/strong> \u00a0\u2013 <em>Le voyage de Pierre Bourdelot en Su\u00e8de (hiver 1651-1652) et la d\u00e9couverte des vaisseaux lymphatiques par les Scandinaves<\/em><em><br \/>\n<\/em>Pierre Bourdelot (Sens 1613-Paris 1685), docteur r\u00e9gent de la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de Paris en 1642, entra au service des Bourbon-Cond\u00e9 et usa de leur influence pour cr\u00e9er une acad\u00e9mie savante \u00e0 Paris. En 1651, il fut appel\u00e9 en Su\u00e8de pour devenir premier m\u00e9decin de la reine Christine. Parti de Paris en octobre, avec en t\u00eate les <em>Experimenta nova anatomica<\/em> de Jean Pecquet, tout r\u00e9cemment parues, il arriva \u00e0 Stockholm en janvier 1652. Trois \u00e9tapes anatomiques de son parcours m\u00e9ritent grande attention. 1. \u00c0 Leyde en novembre, il rencontra Jan van Horne, qui publia son<em> Novus ductus chyliferus<\/em> en mai 1652, o\u00f9 il plagiait Pecquet et s\u2019attribuait effront\u00e9ment la d\u00e9couverte de la voie thoracique du chyle. 2. \u00c0 Copenhague en d\u00e9cembre, Bourdelot, diss\u00e9quant des chiens aux c\u00f4t\u00e9s de Thomas Bartholin, lui assura que les vaisseaux translucides du p\u00e9dicule h\u00e9patique \u00e9taient aqueux et non chyleux ; d\u2019abord incr\u00e9dule, le Danois se ravisa et publia pour sienne la primeur des lymphatiques dans son <em>Historia anatomica<\/em> (mai 1652) puis dans ses <em>Vasa lymphatica<\/em> (mai 1653), tout en reconnaissant les m\u00e9rites de son ami voyageur fran\u00e7ais. 3.\u00a0\u00c0\u00a0Uppsala, en avril 1652, en pr\u00e9sence de la reine Christine, il montra les nouveaux vaisseaux aqueux au jeune Olof Rudbeck qui, dans son <em>Nova exercitatio anatomica<\/em> (automne 1653), se glorifia d\u2019\u00eatre le tout premier \u00e0 les avoir mis au jour. De retour en France en d\u00e9cembre 1653, Bourdelot revendiqua discr\u00e8tement (<em>Conversations tir\u00e9es de l\u2019Acad\u00e9mie<\/em>, 1672) l\u2019honneur d\u2019avoir fait voir les vaisseaux aqueux \u00e0 ses deux confr\u00e8res scandinaves, dans le sillage de Pecquet et en l\u00e9gitime \u00e9pilogue de son docte p\u00e9riple.<\/li>\n<li><strong style=\"font-size: 0.8125rem;\">Louis-Fran\u00e7ois GARNIER<\/strong><span style=\"font-size: 0.8125rem;\"> \u00a0\u2013 <em>De l\u2019hydropisie \u00e0 l\u2019insuffisance cardiaque<\/em><\/span><em style=\"font-size: 0.8125rem;\"><br \/>\n<\/em>Pendant plus de deux mill\u00e9naires, les termes d\u2019hydropisie, anasarque, voire leucophlegmasie ont qualifi\u00e9 un \u00e9tat d\u2019\u0153d\u00e8mes g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s. Bien que non sp\u00e9cifique, cela correspond le plus souvent \u00e0 ce qui est d\u00e9nomm\u00e9, de nos jours, l\u2019insuffisance cardiaque congestive (ICC), d\u00e9finie comme \u00e9tant l\u2019incapacit\u00e9 pour le c\u0153ur de pourvoir aux besoins de l\u2019organisme. Cependant si la congestion hydrosod\u00e9e permet d\u2019en faire le diagnostic, elle ne permet pas d\u2019en comprendre les m\u00e9canismes incluant une exacerbation r\u00e9flexe et d\u00e9l\u00e9t\u00e8re des puissants syst\u00e8mes vasopresseurs que sont le syst\u00e8me r\u00e9nine-angiotensine-aldost\u00e9rone et le syst\u00e8me nerveux sympathique mais aussi la s\u00e9cr\u00e9tion inappropri\u00e9e d\u2019hormone antidiur\u00e9tique. \u00c0 l\u2019inverse, la compr\u00e9hension de ces m\u00e9canismes ne permet pas d\u2019en faire le diagnostic. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 partir de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 possible de d\u00e9velopper des th\u00e9rapeutiques efficaces alors m\u00eame que l\u2019ICC demeure une maladie grev\u00e9e d\u2019une importante morbi-mortalit\u00e9 et dont la pr\u00e9valence augmente avec le vieillissement de la population. Ainsi peut-elle appara\u00eetre comme une maladie paradoxale.<\/li>\n<li><strong>Jacques HANOUNE<\/strong> \u2013 <em>\u00c0 propos de la pilule Bouloumi\u00e9, de la variolarine et du paludisme<\/em><em><br \/>\n<\/em><span style=\"font-size: 0.8125rem;\">La variolarine, extraite du lichen <em>Variolaria amara <\/em>(ou <em>Lepra amara<\/em>)<em>,<\/em> a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e par quelques sp\u00e9culateurs sous la forme de \u00ab Pilule Bouloumi\u00e9 \u00bb, pendant les ann\u00e9es 1850-1860, comme un traitement comp\u00e9titif du sulfate de quinine contre le paludisme. Il \u00e9tait d\u00e9crit comme moins cher et plus accessible que la quinine, car fabriqu\u00e9 en France. Mais, appuy\u00e9e par quelques publications m\u00e9dicales assez frustes et sans doute sans grande efficacit\u00e9, la variolarine (d\u00e9nomm\u00e9e de nos jours acide picrolich\u00e9nique) n\u2019a jamais pu supplanter la quinine. Je reprendrai l\u2019historique des utilisations m\u00e9dicales des lichens depuis le XVe si\u00e8cle, et r\u00e9sumerai certaines publications qui remettent r\u00e9cemment au jour quelques propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques possibles des lichens.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union du 25 avril 2025<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Jean-Fran\u00e7ois RAMON<\/strong>\u00a0\u2013 <em>Gaston Ramon (1886-1963)<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Le Professeur Gaston Ramon, v\u00e9t\u00e9rinaire et biologiste, est n\u00e9 \u00e0 Bellechaume dans l\u2019Yonne, de parents boulangers \u00e0 Sens. Apr\u00e8s une scolarit\u00e9 primaire et secondaire dans cette ville, suivie d\u2019une ann\u00e9e pr\u00e9paratoire \u00e0 Roanne, il int\u00e8gre l\u2019\u00c9cole V\u00e9t\u00e9rinaire d\u2019Alfort. \u00c0 sa sortie de l\u2019\u00c9cole en 1910, il est recommand\u00e9 \u00e0 \u00c9mile Roux, alors directeur de l\u2019Institut Pasteur, qui a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des plus proches collaborateurs de Louis Pasteur, et entre en 1911 au service de production des s\u00e9rums \u00e0 l\u2019annexe de l\u2019Institut Pasteur de Garches. Autoris\u00e9 \u00e0 exp\u00e9rimenter \u00e0 partir de1920, ses recherches vont permettre, dans un premier temps, d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des s\u00e9rums ; puis ses d\u00e9couvertes vont s\u2019\u00e9chelonner de 1923 \u00e0 1926 : anatoxines, permettant notamment d\u2019\u00e9radiquer dipht\u00e9rie et t\u00e9tanos par la vaccination ; substances adjuvantes de l\u2019immunit\u00e9 et mise au point des vaccinations associ\u00e9es. Il poursuit ses activit\u00e9s de recherche et d\u2019enseignement aux chercheurs du monde entier jusqu\u2019en 1947, date \u00e0 laquelle il quitte l\u2019Institut suite \u00e0 des conflits internes. Il prend alors la direction de L\u2019Office International des \u00e9pizooties (OIE qui deviendra plus tard l\u2019OMSA, Organisation mondiale de la sant\u00e9 animale) pendant 10 ans jusqu\u2019en1959, date \u00e0 laquelle il prend sa retraite dans sa maison de Garches o\u00f9 il \u00e9crit ses m\u00e9moires. Il recevra de multiples hommages \u00e0 la fin de sa vie et apr\u00e8s sa mort en<br \/>\njuin 1963. Il repose dans son village natal apr\u00e8s des obs\u00e8ques dans la plus stricte intimit\u00e9. Une palme de lauriers en bronze sur sa tombe avec l\u2019inscription <em>PRO HUMANITATE<\/em> rappelle l\u2019\u0153uvre de ce bienfaiteur de l\u2019humanit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Patrice QUENEAU<\/strong> \u00a0\u2013 <em>Afin que les m\u00e9decins sachent \u00ab bien prescrire \u00bb : le long et dur combat de <\/em><em>l\u2019APNET<br \/>\n<\/em>L\u2019Association p\u00e9dagogique nationale pour l\u2019enseignement de la th\u00e9rapeutique (APNET) fut cr\u00e9\u00e9e le 30 janvier 1979 pour r\u00e9tablir, aussit\u00f4t, un enseignement obligatoire de th\u00e9rapeutique, disparu en 1970. Elle obtiendra en 1983 la cr\u00e9ation d\u2019un \u00ab Certificat de synth\u00e8se clinique et th\u00e9rapeutique &#8211; Urgences \u00bb puis en 1990 une sous-section autonome de th\u00e9rapeutique au Conseil national des universit\u00e9s. L\u2019APNET allait publier des dizaines de livres p\u00e9dagogiques en fran\u00e7ais et langues \u00e9trang\u00e8res, sur \u00ab le bon usage du m\u00e9dicament \u00bb, science et art de les prescrire et de les d\u00e9prescrire \u00e0 bon escient.<\/li>\n<li><strong style=\"font-size: 0.8125rem;\">Magdalena MAZURAK<\/strong><span style=\"font-size: 0.8125rem;\"> \u00a0\u2013\u00a0<\/span><em style=\"font-size: 0.8125rem;\">La vie et l\u2019h\u00e9ritage de Jan (Johann) von Mikulicz-Radecki \u00e0 l\u2019occasion du 175e anniversaire de sa naissance et du 120e anniversaire de sa mort<br \/>\n<\/em><span style=\"font-size: 0.8125rem;\">Jan (Johann) von Mikulicz-Radecki est l\u2019un des c\u00e9l\u00e8bres m\u00e9decins qui ont marqu\u00e9 l\u2019histoire de la chirurgie. Il a travaill\u00e9 \u00e0 Vienne, K\u00f6nigsberg, Cracovie et Breslau. Son nom est devenu un \u00e9ponyme d\u00e9crivant en outre l\u2019outil op\u00e9ratoire connu des chirurgiens du monde entier. L\u2019histoire de la chirurgie est fortement associ\u00e9e \u00e0 son nom en tant qu\u2019auteur de nouvelles techniques op\u00e9ratoires, inventeur de nouveaux outils et l\u2019un des pionniers de l\u2019usage des antiseptiques et aseptiques. Paradoxe du destin, ce pionnier de la r\u00e9section gastrique du cancer, qui a r\u00e9alis\u00e9 plus de 180 gastrectomies, a succomb\u00e9 \u00e0 un cancer de l\u2019estomac \u00e0 l\u2019\u00e2ge d\u2019\u00e0 peine 50 ans.<\/span><\/li>\n<li><strong>Jean-Fran\u00e7ois HUTIN<\/strong> \u2013 <em>Les \u00ab cahiers-r\u00e9cits \u00bb d\u2019Adrien Cartier (1855-1925), m\u00e9decin principal de la Marine<br \/>\n<\/em>M\u00e9decin principal de la Marine, Adrien Cartier (1855-1925) a tenu son journal intime depuis son 21e anniversaire jusqu\u2019\u00e0 la veille de son d\u00e9c\u00e8s \u00e0 69 ans, soit un ensemble de 1500 pages dans 13 cahiers manuscrits in\u00e9dits, \u00e9crits sur un demi-si\u00e8cle. L\u2019auteur y relate ses \u00e9tudes \u00e0 l\u2019h\u00f4pital militaire de Saint-Mandrier ; son premier voyage en Nouvelle Cal\u00e9donie dans un convoi de for\u00e7ats, avec son arriv\u00e9e au moment de la grande r\u00e9volte canaque en 1878 ; son doctorat \u00e0 Paris en 1882 ; sa campagne au Tonkin, au moment de la mort du commandant Rivi\u00e8re en 1883 ; son poste \u00e0 Madagascar en 1887, qui sera l\u2019objet d\u2019une s\u00e9rie d\u2019articles dans les <em style=\"font-size: 0.8125rem;\">Archives de m\u00e9decine navale<\/em><span style=\"font-size: 0.8125rem;\"> ; ses tentatives infructueuses pour devenir professeur d\u2019histologie ; son travail sur l\u2019hygi\u00e8ne \u00e0 Toulon, couronn\u00e9 par l\u2019Acad\u00e9mie de M\u00e9decine ; ses d\u00e9boires pour passer m\u00e9decin de premi\u00e8re classe puis m\u00e9decin principal;\u00a0 ses d\u00e9buts difficiles comme m\u00e9decin de famille dans le XVIe arrondissement de Paris \u00e0 partir de 1900, activit\u00e9 men\u00e9e conjointement \u00e0 celle de propri\u00e9taire terrien dans l\u2019H\u00e9rault ; puis enfin, celle de m\u00e9decin retrait\u00e9, fr\u00e9quentant assid\u00fbment les h\u00f4pitaux parisiens\u2026 En dehors de l\u2019int\u00e9r\u00eat m\u00e9dical, ce journal intime livre aussi un t\u00e9moignage bouleversant de la Grande Guerre, dont deux de ses fils ne revinrent pas, montre la vie d\u2019un mari, dont les relations avec sa belle-famille ne furent pas toujours tr\u00e8s cordiales, d\u2019un fils ravag\u00e9 par la mort de son p\u00e8re puis de sa m\u00e8re, pudiquement rapport\u00e9es, d\u2019un p\u00e8re de famille qui cherche un m\u00e9tier \u00e0 son fils survivant de la guerre et un mari \u00e0 sa fille, d\u2019un propri\u00e9taire terrien, victime du mildiou et d\u2019ouvriers r\u00e9calcitrants, et \u00e9voque, de mani\u00e8re \u00e9parse et volontiers al\u00e9atoire, de grands \u00e9v\u00e8nements qui secou\u00e8rent l\u2019actualit\u00e9, ce qui fait de ce r\u00e9cit une v\u00e9ritable fresque historique d\u2019un demi-si\u00e8cle en France, \u00e0 cheval sur les XIXe et XXe si\u00e8cles.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union du 21 mars 2025<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>H\u00e9l\u00e8ne SERVANT<\/strong> : <em>Le patrimoine hospitalier\u00a0: une ressource pour l\u2019histoire de la m\u00e9decine\u00a0?<\/em><\/p>\n<blockquote><p>La m\u00e9decine et l\u2019h\u00f4pital disposent chacun de leur soci\u00e9t\u00e9 savante\u00a0: Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise d\u2019histoire de la m\u00e9decine pour la premi\u00e8re, Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise d\u2019histoire des h\u00f4pitaux pour le second, compos\u00e9e presque exclusivement de directeurs d\u2019h\u00f4pitaux et d\u2019historiens. Les interf\u00e9rences entre les deux univers paraissent extr\u00eamement limit\u00e9es. Y aurait-il incompatibilit\u00e9 d\u2019humeur entre eux\u00a0?<\/p>\n<p>L\u2019Assistance publique-h\u00f4pitaux de Paris, plus grand CHU d\u2019Europe, regroupe \u00e0 ce jour 38 h\u00f4pitaux au sein desquels travaillent pr\u00e8s de 12 000 m\u00e9decins et 700 sages-femmes, sans compter les quelque 53\u00a0000 personnels param\u00e9dicaux et socio-\u00e9ducatifs qui les accompagnent dans leur mission quotidienne de soins, d\u2019enseignement et de recherche. Cette institution, qui a f\u00eat\u00e9 ses 175 ans l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re (1849-2024), incarne l\u2019histoire de l\u2019h\u00f4pital \u00e0 Paris et en \u00cele-de-France depuis les temps les plus anciens. Son mus\u00e9e compte aujourd\u2019hui 13\u00a0000 items \u2013 pi\u00e8ces uniques ou lots d\u2019objets remontant au XVII e si\u00e8cle, \u0153uvres d\u2019art, objets techniques ou du quotidien \u2013 tandis que ses archives, constitu\u00e9es de 20 km lin\u00e9aires de documents sur parchemin et sur papier, s\u2019enorgueillissent de poss\u00e9der deux pi\u00e8ces du XII e si\u00e8cle (1157 et 1189) et de belles s\u00e9ries de comptes, continues et coh\u00e9rentes, \u00e0 partir des XIV e et XV e si\u00e8cles \u2013 respectivement pour l\u2019h\u00f4pital Saint-Jacques-aux-P\u00e8lerins fond\u00e9 en 1319 et pour l\u2019H\u00f4tel-Dieu, dont la premi\u00e8re mention av\u00e9r\u00e9e remonte \u00e0 829.<\/p>\n<p>Ce patrimoine pluris\u00e9culaire, en racontant l\u2019histoire de l\u2019h\u00f4pital, c\u00e9l\u00e8bre les hommes et les femmes qui y travaillent et notamment le corps m\u00e9dical\u00a0: acteur majeur de la vie hospitali\u00e8re, il a jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans de nombreux domaines, l\u2019architecture et l\u2019am\u00e9nagement des espaces, l\u2019\u00e9volution des techniques et des pratiques m\u00e9dicales, les d\u00e9couvertes scientifiques\u2026 et l\u2019h\u00f4pital, reconnaissant de ce r\u00f4le, en garde le souvenir sur ses b\u00e2timents, dans ses amphith\u00e9\u00e2tres et salles de malades.<\/p>\n<p>On s\u2019attachera donc dans un premier temps \u00e0 parcourir les diverses typologies documentaires permettant de retracer le parcours professionnel des m\u00e9decins, enregistr\u00e9 par l\u2019administration, en \u00e9crits et en images (fiches de scolarit\u00e9, registres de r\u00e9partition dans les services hospitaliers, albums de l\u2019internat\u2026). Une fois achev\u00e9e leur formation, les m\u00e9decins reviennent \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour y exercer leur art, non sans d\u00e9noncer au besoin l\u2019archa\u00efsme des structures d\u2019accueil. Les nouveaux \u00e9tablissements construits \u00e0 Paris au XIX e si\u00e8cle t\u00e9moignent de la prise en compte de leurs recommandations avec entre autres l\u2019\u00e9panouissement de la structure pavillonnaire favorisant l\u2019isolement (Lariboisi\u00e8re, nouvel H\u00f4tel-Dieu, Boucicaut) et la sp\u00e9cialisation\u00a0: fondation d\u2019h\u00f4pitaux p\u00e9diatriques (Bretonneau, Sainte-Eug\u00e9nie, alias Trousseau)\u00a0; les bastions de l\u2019enceinte militaire ceinturant Paris sont reconvertis en h\u00f4pitaux temporaires pour contagieux (h\u00f4pital d\u2019Aubervilliers, futur Claude-Bernard).<\/p>\n<p>Appoint\u00e9s par l\u2019Assistance publique, les m\u00e9decins passent de salle en salle pour visiter les malades\u00a0: le dossier m\u00e9dical alors n\u2019existe pas, mais certains praticiens consignent leurs observations dans des registres, sur des fiches, voire sous forme dessin\u00e9e ou model\u00e9e\u00a0; on pense aux albums Charcot, au fonds Bourneville et aux sculptures de Paul Richer conserv\u00e9s au mus\u00e9e, mais on peut citer \u00e9galement des registres d\u2019observations m\u00e9dicales dans les archives de divers h\u00f4pitaux (Salp\u00eatri\u00e8re d\u00e8s 1820, H\u00f4tel-Dieu et Dupuytren en 1822), de comptes rendus op\u00e9ratoires et hospitaliers au XXe si\u00e8cle, sans oublier aussi l\u2019imagerie m\u00e9dicale qui fait son apparition dans la 2e moiti\u00e9 du XIX e si\u00e8cle (planches anatomiques dessin\u00e9es d\u2019apr\u00e8s les travaux des m\u00e9decins, plaques de verre du Pr Letulle \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Boucicaut ou du service de dermatologie de l\u2019h\u00f4pital Saint-Louis)\u2026 jusqu\u2019\u00e0 la conservation d\u2019\u00e9chantillons de dossiers m\u00e9dicaux, \u00e0 des fins d\u2019histoire m\u00e9dico-sociologique.<\/p>\n<p>On cl\u00f4turera ce rapide parcours avec l\u2019\u00e9vocation des peintures du m\u00e9decin Georges Chicotot conserv\u00e9es au mus\u00e9e, qui en disent long sur le regard que le m\u00e9decin portait sur lui-m\u00eame et sur sa pratique.<\/p>\n<p>Ainsi, en puisant dans les collections conserv\u00e9es aujourd\u2019hui par l\u2019AP-HP, tant dans ses archives que par son mus\u00e9e, cette conf\u00e9rence ambitionne de montrer comment le patrimoine hospitalier contribue \u00e0 \u00e9crire et nourrir l\u2019histoire de la m\u00e9decine, de mani\u00e8re directe ou d\u00e9tourn\u00e9e.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Palmar\u00e8s 2024 (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li>Prix Sournia \u2013\u00a0<strong>Camille JACCARD<\/strong>\u00a0:\u00a0<em>Paroles folles dans la psychiatrie du XIXe si\u00e8cle<\/em><br \/>\n<blockquote><p>L\u2019observation du langage est aujourd\u2019hui centrale dans l\u2019examen psychiatrique et l\u2019\u00e9change verbal est au c\u0153ur de nombreuses pratiques psychoth\u00e9rapeutiques. Quand la m\u00e9decine mentale a-t-elle commenc\u00e9 \u00e0 appr\u00e9hender les propos des patients ? Sur quelles normes les m\u00e9decins d\u2019asile ont-ils d\u00e9sign\u00e9 une parole comme pathologique ? Pourquoi certains sons ou mots jug\u00e9s \u00e9tranges sont-ils devenus des sympt\u00f4mes permettant de fonder des diagnostics ?<\/p>\n<p>Ce travail retrace les \u00e9tapes de la constitution d\u2019une v\u00e9ritable clinique de la parole dans l\u2019ali\u00e9nisme de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle jusque dans la s\u00e9miologie psychiatrique des ann\u00e9es 1910, principalement en France et en Allemagne. Il dresse un panorama des ressources pratiques et th\u00e9oriques avec lesquelles les auteurs d\u2019\u00e9tudes m\u00e9dicales ont observ\u00e9, d\u00e9fini et analys\u00e9 l\u2019expression orale des \u00ab fous \u00bb. L\u2019enqu\u00eate historique explore ainsi comment s\u2019est \u00e9labor\u00e9 un discours de science sur des propos qui pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9chappent \u00e0 la raison courante, dans un contexte culturel et scientifique marqu\u00e9 par de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences et d\u00e9couvertes philosophiques, neurologiques, psychologiques, linguistiques et litt\u00e9raires.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>Prix Georges Robert M\u00e9decine \u2013 <strong>Nicolas CHEVALIER<\/strong> : <em>Les m\u00e9decins caennais et le service de sant\u00e9 \u00e0 Caen pendant la bataille, 6 juin-17 ao\u00fbt 1644<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Au cours de l\u2019Occupation se d\u00e9veloppa et s\u2019organisa \u00e0 Caen le service de sant\u00e9 de la d\u00e9fense passive, au sein duquel les m\u00e9decins caennais et de nombreux soignants se d\u00e9vou\u00e8rent sans compter. Durant la bataille de Caen de l\u2019\u00e9t\u00e9 1944, le plan initial d\u2019organisation des soins fut \u00e9branl\u00e9 par l\u2019intensit\u00e9 des bombardements sur la ville, qui \u00e9cras\u00e8rent une partie des postes de secours, entra\u00eenant la mort de 2.000 civils. Le courage et la d\u00e9termination des m\u00e9decins caennais, associ\u00e9e \u00e0 une formidable r\u00e9organisation des soins, contribua au sauvetage de milliers de vies caennaises. Cette th\u00e8se leur rend hommage.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>Prix Georges Robert Sciences humaines \u2013 <strong>Diane \u00c9LIE<\/strong>\u00a0: <em>La gestion sanitaire du corps exp\u00e9ditionnaire \u00e0 Madagascar<\/em><br \/>\n<blockquote><p>La seconde exp\u00e9dition de Madagascar de 1895 fut un succ\u00e8s militaire, mais un v\u00e9ritable \u00ab d\u00e9sastre sanitaire \u00bb : d\u2019abord du fait d\u2019un environnement naturel \u00e9prouvant, avec un climat tropical particuli\u00e8rement pathog\u00e8ne pour les troupes m\u00e9tropolitaines comme pour les troupes coloniales ; de plus, ces conditions ont \u00e9t\u00e9 aggrav\u00e9es par un soutien logistique d\u00e9faillant et des conditions de vie insalubres dus \u00e0 un manque de pr\u00e9paration de l\u2019exp\u00e9dition. Les maladies infectieuses comme le paludisme ou la typho\u00efde furent ainsi responsables de 84% des d\u00e9c\u00e8s, bien plus que les combats en eux-m\u00eames.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union du 21 f\u00e9vrier 2025<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Andr\u00e9a BARBE-HULMANN<\/strong> : <em>Le mus\u00e9e d\u2019histoire de la m\u00e9decine de l\u2019Universit\u00e9 Paris Cit\u00e9<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Cette pr\u00e9sentation retracera l\u2019\u00e9volution du mus\u00e9e d\u2019histoire de la m\u00e9decine, depuis sa cr\u00e9ation \u00e0 son ouverture au public, en mettant en lumi\u00e8re les changements et les d\u00e9cisions politiques ayant marqu\u00e9 son d\u00e9veloppement. Aujourd\u2019hui, le mus\u00e9e est une des composantes de la Direction g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e aux biblioth\u00e8ques et mus\u00e9es de l\u2019Universit\u00e9 Paris Cit\u00e9 ; il s\u2019inscrit dans une dynamique de projets visant \u00e0 renforcer son r\u00f4le au sein de la politique universitaire de l\u2019\u00c9tablissement. Nous aborderons l\u2019histoire du mus\u00e9e, la constitution de ses collections, ainsi que les projets actuels et futurs, dans le cadre de son d\u00e9veloppement et de son ancrage au sein de la communaut\u00e9 universitaire et scientifique.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (30 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Beno\u00eet VESSELLE<\/strong> : <em>Mise au point sur la dur\u00e9e d\u2019une amputation \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Quand on \u00e9voque la chirurgie de guerre \u00e0 l\u2019\u00e9poque du Premier Empire, le nom qui vient d\u2019abord \u00e0 l\u2019esprit est celui du baron Dominique-Jean Larrey (1766-1842). Beaucoup d\u2019articles et d\u2019ouvrages ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s \u00e0 ce Monstre Sacr\u00e9 de la l\u00e9gende napol\u00e9onienne. Larrey est en effet connu pour sa dext\u00e9rit\u00e9 chirurgicale, mise en exergue par beaucoup de ses biographes. Ils rapportent souvent des dur\u00e9es d\u2019intervention tr\u00e8s br\u00e8ves, hors contexte et sans explications. C\u2019est en fait Larrey lui-m\u00eame qui cr\u00e9e le trouble en donnant des dur\u00e9es tr\u00e8s courtes, parfois \u00e0 la seconde pr\u00e8s !<br \/>\nJe propose donc de revenir aux sources en \u00e9tudiant les \u00e9crits de Larrey, mais aussi d\u2019autres chirurgiens de l\u2019\u00e9poque pour tenter de pr\u00e9ciser quelle est v\u00e9ritablement la dur\u00e9e d\u2019une amputation ou d\u2019une d\u00e9sarticulation. En synth\u00e8se, je fournirai les explications n\u00e9cessaires avant de r\u00e9sumer, \u00e0 titre d\u2019exemple, la m\u00e9saventure de Jacques Chevillet, trompette de cavalerie bless\u00e9 gravement \u00e0 Wagram.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Jacques BATTIN<\/strong> : <em>La m\u00e9decine au Grand Si\u00e8cle d\u2019apr\u00e8s la correspondance de la marquise de S\u00e9vign\u00e9<\/em><br \/>\n<blockquote><p>En \u00e9crivant \u00e0 sa fille, la comtesse de Grignan (en Provence), \u00ab Je suis pour vous comme la sant\u00e9, le plaisir des autres plaisirs \u00bb, la marquise de S\u00e9vign\u00e9 (Paris 1626-Grignan 1696) conna\u00eet la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une bonne sant\u00e9 pour appr\u00e9cier la vie, une v\u00e9rit\u00e9 premi\u00e8re \u00e9l\u00e9gamment formul\u00e9e. En plus de participer \u00e0 l\u2019esprit fran\u00e7ais, ces lettres constituent une vraie gazette du Grand Si\u00e8cle, de ses m\u0153urs, des maladies, des rem\u00e8des et des m\u00e9decins charg\u00e9s de la sant\u00e9 du roi. Comme aujourd\u2019hui, les rem\u00e8des de <em>bona fama<\/em> [bon renom] sont l\u00e9gion pour conjurer l\u2019angoisse existentielle inh\u00e9rente \u00e0 la condition humaine.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union du 24 janvier 2025<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<br \/>\nM\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Jacqueline VONS, \u00c9lise ANDR\u00c9<\/strong> : <em>Sur les pas d&rsquo;Alfred-Armand Velpeau (1795-1867)<\/em><\/p>\n<blockquote><p>La figure d\u2019Alfred-Armand Velpeau (1795-1867) est surtout connue \u00e0 travers son illustre carri\u00e8re de chirurgien \u00e0 Paris au XIXe si\u00e8cle. N\u00e9anmoins, les biographies qui lui ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9es sont pour la plupart ponctu\u00e9es d\u2019erreurs et de fausses repr\u00e9sentations. L\u2019exploitation d\u2019archives in\u00e9dites (correspondances, carnets de notes, archives d\u00e9partementales et municipales), nous a permis de d\u00e9couvrir quelques aspects m\u00e9connus ou ignor\u00e9s de la vie et des travaux de Velpeau, d\u2019analyser sa m\u00e9thode de travail et de mettre en lumi\u00e8re son engagement pour sa Touraine natale, tant sur le plan intellectuel que mat\u00e9riel. Nous proposons ainsi une biographie actualis\u00e9e de Velpeau, de son enfance en Touraine \u00e0 Br\u00e8ches, \u00e0 sa carri\u00e8re parisienne et jusqu\u2019\u00e0 son souvenir par le don posthume de sa biblioth\u00e8que \u00e0 l\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine de Tours.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (30 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>H\u00e9l\u00e8ne PERDICOYANNI-PAL\u00c9OLOGOU<\/strong> : <em>La fi\u00e8vre dans le Corpus Hippocraticum<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Depuis l\u2019Antiquit\u00e9 la fi\u00e8vre \u00e9tait un \u00e9tat pathologique complexe et susceptible de variations physiologiques li\u00e9es \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes internes ou externes. Elle \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e aussi bien comme un sympt\u00f4me, une manifestation signalant une r\u00e9action de l\u2019organisme face \u00e0 une infection, que comme une maladie en soi.<br \/>\nNous proposons ici de pr\u00e9senter le concept de la fi\u00e8vre dans le Corpus Hippocraticum. Dans un premier temps, nous nous pencherons sur les causes internes, humorales et \u00ab accidentelles \u00bb, et les causes externes qui sont l\u2019origine du d\u00e9clenchement de la fi\u00e8vre. Parmi celles-ci, on distinguera les causes li\u00e9es au climat, au mode de vie et aux \u00ab accidents \u00bb. Dans un second temps, nous pr\u00e9senterons les signes pr\u00e9dictifs ou avant-coureurs de la fi\u00e8vre, les divers sympt\u00f4mes pathologiques qui surviennent lors de son apparition, ses effets mal\u00e9fiques et son pouvoir b\u00e9n\u00e9fique. Ensuite, nous examinerons les p\u00e9riodes et la solution de la fi\u00e8vre ainsi que les traitements curatifs des causes all\u00e9gu\u00e9es. Notre pr\u00e9sentation s\u2019ach\u00e8vera par les esp\u00e8ces de la fi\u00e8vre suivant les donn\u00e9es fournies par les m\u00e9decins de l\u2019\u00c9cole hippocratique. Parmi ces donn\u00e9es figurent les causes de la fi\u00e8vre, les signes qui l\u2019annoncent, les sympt\u00f4mes qui surviennent lors de sa manifestation, ses effets mal\u00e9fiques ou b\u00e9n\u00e9fiques, ses p\u00e9riodes, ses r\u00e9cidives, ses redoublements, sa solution, sa transformation en d\u2019autres maladies et les traitements destin\u00e9s \u00e0 la faire cesser. Cette d\u00e9marche permettra de mieux cerner l\u2019apport de la m\u00e9decine hippocratique dans le domaine de la pathologie.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>H\u00e9l\u00e8ne LEUWERS<\/strong> : <em>S\u2019engager \u00e0 gu\u00e9rir par contrat (Paris, 1483-1567)<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Pour d\u00e9finir leurs obligations r\u00e9ciproques pendant la dur\u00e9e d\u2019un traitement, les praticiens de sant\u00e9 et les patients du Moyen \u00c2ge peuvent conclure des contrats. Les march\u00e9s stipulent qu\u2019un m\u00e9decin, un chirurgien ou un barbier s\u2019engage \u00e0 soigner un malade ou un bless\u00e9, voire \u00e0 le gu\u00e9rir, dans un temps imparti et en \u00e9change d\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration dont le montant est d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 l\u2019avance. \u00c0 travers l\u2019\u00e9tude de vingt contrats de soin, conclus devant un notaire parisien entre 1483 et 1567, je propose d\u2019interroger la finalit\u00e9 du recours aux contrats th\u00e9rapeutiques. Dans ces march\u00e9s, la r\u00e9mun\u00e9ration peut \u00eatre suspendue \u00e0 constatation de l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 du patient, voire \u00e0 sa gu\u00e9rison, alors que celles-ci sont incertaines. D\u00e8s lors, pourquoi s\u2019engager par contrat dans le cadre d\u2019activit\u00e9s qui doivent composer avec l\u2019incertitude et la faillibilit\u00e9 du praticien ? \u00c0 la lecture des sources, les strat\u00e9gies des praticiens et des patients semblent davantage marqu\u00e9es par la pr\u00e9voyance que par l\u2019imprudence, en particulier dans des milieux de sant\u00e9 concurrentiels et alors que l\u2019inobservation d\u2019une obligation n\u00e9e d\u2019un contrat est un mode privil\u00e9gi\u00e9 de la r\u00e9solution des conflits li\u00e9s aux mauvais soins.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><em><strong>Bonne f\u00eates et belle ann\u00e9e nouvelle<\/strong><\/em><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>R\u00e9union du 13 d\u00e9cembre 2024<\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\"><\/li>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Patrick BERCHE<\/strong> \u2013 <em>Vie et mort de la variole, de l\u2019Antiquit\u00e9 au monkeypox<\/em><\/p>\n<blockquote><p>La variole a \u00e9t\u00e9 l\u2019une des pires calamit\u00e9s de l\u2019humanit\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de graves \u00e9pid\u00e9mies depuis les premiers si\u00e8cles de notre \u00e8re. Avec un taux de l\u00e9talit\u00e9 de 30 %, on a d\u00e9plor\u00e9 plus de 300 millions de d\u00e9c\u00e8s par variole au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ce fl\u00e9au a facilit\u00e9 l\u2019effondrement des civilisations am\u00e9ridiennes au XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et la colonisation de l\u2019Am\u00e9rique. Longtemps les seules armes pour pr\u00e9venir la contagion ont \u00e9t\u00e9 le confinement et la quarantaine. Que les survivants de variole soient \u00e9pargn\u00e9s lors d\u2019une nouvelle \u00e9pid\u00e9mie, est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019id\u00e9e d\u2019inoculer par voie cutan\u00e9e ou nasale du pus de varioleux en voie de gu\u00e9rison pour pr\u00e9venir la maladie. Cette <em>inoculation<\/em> (ou variolisation) \u00e9tait tr\u00e8s efficace, mais risqu\u00e9e du fait de la contagiosit\u00e9 des variol\u00e9s et de la survenue parfois d\u2019une variole. En 1798, Edward Jenner, montre l\u2019efficacit\u00e9 pr\u00e9ventive du cowpox contre la variole. Cela a abouti en 1980 \u00e0 l\u2019\u00e9radication de la variole dans le monde en 1980 \u00e0 la suite d\u2019une campagne de l\u2019Organisation Mondiale de la Sant\u00e9. Plus de cinquante ans apr\u00e8s sa disparition, on a vu resurgir en 2022 des \u00e9pid\u00e9mies \u00e0 extension mondiale dues \u00e0 un virus proche, le monkeypox virus. Cette perspective historique donne une vision panoramique unique de l\u2019\u00e9volution d\u2019une grave pand\u00e9mie virale depuis plus de deux mill\u00e9naires.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Baptiste HAUTDIDIER, Zo\u00e9 GINTER<\/strong> \u2013 <em>Les plus vieux arbres de Paris ont-ils transit\u00e9 par le jardin de l\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine de la rue de la B\u00fbcherie ?<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Avec des dates probables de plantation remontant \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1620, les plus anciens arbres parisiens sont deux Robinia pseudoacacia. Si un r\u00f4le crucial dans la propagation du Robinier en Europe a \u00e9t\u00e9 bien \u00e9tabli pour le botaniste Jean Robin et son fils Vespasien, un manque de preuves \u00e9crites et mat\u00e9rielles fait toutefois peser le doute sur la chronologie et les modalit\u00e9s exactes de cette introduction. \u00c0 ce titre, il para\u00eet donc utile de mieux comprendre quels \u00e9taient les jardins parisiens que les Robin poss\u00e9daient, louaient ou cultivaient pour d\u2019autres entre les ann\u00e9es 1610 et 1640. La communication discutera d\u2019un r\u00f4le possible du jardin m\u00e9dicinal de l\u2019ancienne \u00c9cole de m\u00e9decine, dont Jean Robin \u00e9tait curateur \u2013 et que son fils a repris. L\u2019enqu\u00eate permet de r\u00e9\u00e9valuer les conditions mat\u00e9rielles des enseignements parisiens de botanique sur cette p\u00e9riode, avant que le jardin devienne une victime collat\u00e9rale des guerres intestines de la Facult\u00e9. La recherche s\u2019appuie sur des sources du minutier central et de la collection Medica, divers plans et cartes anciens, ainsi que des \u00e9crits non publi\u00e9s d\u2019Achille Ch\u00e9reau.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Baptiste BAYLAC-PAOULY<\/strong> \u2013 <em>Histoire de la prophylaxie de la rub\u00e9ole en France<\/em><br \/>\n<blockquote><p>La rub\u00e9ole est une maladie infectieuse qui pendant tr\u00e8s longtemps n\u2019a pas pr\u00e9occup\u00e9 les autorit\u00e9s de sant\u00e9. Ses formes graves sont tr\u00e8s rares, et les enfants peuvent d\u00e9velopper une fi\u00e8vre mod\u00e9r\u00e9e et une \u00e9ruption cutan\u00e9e, m\u00eame si la rub\u00e9ole passe fr\u00e9quemment inaper\u00e7ue. C\u2019est au d\u00e9but des ann\u00e9es 1940 qu\u2019a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence le risque de malformations cong\u00e9nitales li\u00e9 \u00e0 une infection durant les premiers mois de la grossesse, ce qui serait d\u00e9sign\u00e9 plus tard comme le syndrome de rub\u00e9ole cong\u00e9nitale. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, des \u00e9pid\u00e9mies touch\u00e8rent l\u2019Europe et les \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique, entra\u00eenant la naissance de plusieurs milliers d\u2019enfants atteints d\u2019embryopathies. Les cons\u00e9quences dramatiques de ces \u00e9pid\u00e9mies eurent pour effet de donner une nouvelle visibilit\u00e9 \u00e0 la maladie. De b\u00e9nigne et sans int\u00e9r\u00eat, la rub\u00e9ole devint un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique dans la majorit\u00e9 des pays industrialis\u00e9s. Avec le risque de voir r\u00e9appara\u00eetre des \u00e9pid\u00e9mies au cours des ann\u00e9es 1970, la communaut\u00e9 scientifique et m\u00e9dicale se mobilisa pour le d\u00e9veloppement de vaccins efficaces. Le premier vaccin contre la rub\u00e9ole fut produit en 1969 aux \u00c9tats-Unis. En France, le vaccin contre la rub\u00e9ole Rudivax fut commercialis\u00e9 en 1970 par l\u2019Institut M\u00e9rieux. Dans cet article, je reviendrai sur la mise en place de la prophylaxie de la rub\u00e9ole en France dans les ann\u00e9es 1970, et notamment sur les mesures appliqu\u00e9es en lien avec des questionnements encore nouveaux sur la maladie.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Louis CHEVALIER<\/strong> \u2013 <em>Psychiatrie, instrumentalisation, r\u00e9pression: l&rsquo;expertise m\u00e9dico-l\u00e9gale du dissident sovi\u00e9tique L\u00e9onide Pliouchtch en 1972<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Parmi les diagnostics utilis\u00e9s par les autorit\u00e9s sovi\u00e9tiques pour justifier l&rsquo;hospitalisation forc\u00e9e de dissidents entre les ann\u00e9es 1960 et 1980, celui de schizophr\u00e9nie torpide (ou lentement progressive) occupe une place centrale. Ce diagnostic a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9, entre autres, pour l\u00e9gitimer l&rsquo;internement du math\u00e9maticien L\u00e9onide Pliouchtch, \u00e0 la suite d&rsquo;une expertise m\u00e9dico-l\u00e9gale r\u00e9alis\u00e9e en juillet 1972 par des psychiatres sovi\u00e9tiques. Le contenu de cette expertise, r\u00e9cemment d\u00e9classifi\u00e9, est d\u00e9sormais traduit et publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois, \u00e9clairant ainsi cette m\u00e9thode r\u00e9pressive<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9union du 22 novembre 2024<\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\"><\/li>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>C\u00e9line CH\u00c9RICI<\/strong> \u2013 <em>Autour des techniques d\u2019\u00e9lectroth\u00e9rapies c\u00e9r\u00e9brales \u2014 La naissance d\u2019un imaginaire technique dans le champ des sciences du cerveau (1770-1880)<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Au c\u0153ur des techniques et des concepts neuroscientifiques, des contextes contemporains font \u00e9cho \u00e0 des r\u00e9alit\u00e9s anciennes. Peut-on parler \u00ab d\u2019imaginaires techniques \u00bb au XVIIIe si\u00e8cle ? De quelle fa\u00e7on l\u2019\u00e9mergence des sciences du cerveau humain croise-t-elle celle des premi\u00e8res \u00e9lectroth\u00e9rapies ? Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, nous allons recourir \u00e0 une \u00e9pist\u00e9mologie critique du savoir, permettant de les resituer sur un temps afin d\u2019en saisir la complexit\u00e9. \u00c0 travers le cas de l\u2019application de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 au cerveau humain, ce qui va mener ces r\u00e9flexions jusqu\u2019\u00e0 la stimulation c\u00e9r\u00e9brale \u00e9lectrique, nous allons voir diff\u00e9rents niveaux de complexit\u00e9 s\u2019entrecroiser : outils et m\u00e9thodes, concepts th\u00e9oriques, modes de diffusion, types de discours utilis\u00e9s.<\/p>\n<p>Nous partirons de l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle les \u00e9lectroth\u00e9rapies, qui se d\u00e9veloppent \u00e0 partir de la fin du XVIIIe si\u00e8cle, se fondent sur des th\u00e9ories qui partent de l\u2019imaginaire de la localisation c\u00e9r\u00e9brale des facult\u00e9s. \u00c0 partir du moment o\u00f9 les maux de l\u2019\u00e2me sont c\u00e9r\u00e9bralis\u00e9s en termes de troubles c\u00e9r\u00e9braux, des fondements biologiques sont durablement pos\u00e9s \u00e0 une future m\u00e9decine mentale, m\u00ealant neurosciences et psychiatrie biologique.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Chantal QUEVILLY<\/strong> \u2013 <em>Naissance de l\u2019am\u00e9ricanisme et du japonisme au XIXe si\u00e8cle, en France, dans le milieu savant<\/em><br \/>\n<blockquote><p>\u00c0 la SFHM, en d\u00e9cembre 2023, dans ma communication <em>Ernest Hamy et les Pays-Bas<\/em>, je me demandais si \u00ab l\u2019ann\u00e9e 1893, o\u00f9 il cr\u00e9a la <em>Soci\u00e9t\u00e9 des am\u00e9ricanistes <\/em>de Paris \u00bb, existaient d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s du m\u00eame type. L\u2019objet de ce travail est donc de d\u00e9fricher ce terrain, o\u00f9 appara\u00eet le nom de L\u00e9on de Rosny (Loos-les-Lille 1837-Fontenay-aux-Roses 1914). Il n\u2019\u00e9tait pas m\u00e9decin et pourtant son travail de philologue pourrait se confronter \u00e0 celui des neurolinguistes actuels. Il cr\u00e9a une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019ethnographie en 1859 et, par l\u00e0-m\u00eame, tissa des liens avec Claude Bernard et sa m\u00e9thode exp\u00e9rimentale. Nous passerons par le japonisme car cette soci\u00e9t\u00e9 se pr\u00e9valait, en un temps, du titre de <em>Soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine et orientale, <\/em>avant bien s\u00fbr d\u2019\u00e9clater, \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle en soci\u00e9t\u00e9s plus sp\u00e9cialis\u00e9es. Le japonisme de Rosny d\u00e9voilera les qualit\u00e9s d\u2019une bonne \u00ab \u00e9ducation \u00bb des vers \u00e0 soie, avec Jean Louis Armand de Quatrefages et Louis Pasteur, et l\u2019entra\u00eenera, avec son ami \u00c9mile Guimet, \u00e0 participer \u00e0 des c\u00e9r\u00e9monies bouddhiques au mus\u00e9e Guimet en compagnie de Pasteur, Georges Cl\u00e9menceau, Ernest Renan. Il existait \u00e0 Paris une <em>Soci\u00e9t\u00e9 m\u00e9dicale am\u00e9ricaine<\/em>, compos\u00e9e de m\u00e9decins am\u00e9ricains r\u00e9sidant \u00e0 Paris au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle. Elle n\u2019entre pas dans cette \u00e9tude, de m\u00eame pour le mus\u00e9e am\u00e9ricain du Louvre, cr\u00e9\u00e9 en 1850, pr\u00e9curseur du mus\u00e9e du Trocad\u00e9ro. L\u2019am\u00e9ricanisme fera l\u2019objet du dernier chapitre o\u00f9 le d\u00e9chiffrage du discours pictographique &#8211; la lecture \u00e9tait avant tout une vision de faits et d\u2019\u00e9v\u00e9nements &#8211; a impuls\u00e9 la publication de tr\u00e8s beaux fac-simil\u00e9s de codex m\u00e9soam\u00e9ricains chez Hamy et Rosny.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Florian PEZON<\/strong> \u2013 <em>M\u00e9thodologie de l\u2019examen clinique dans le livre I de la M\u00e9thode th\u00e9rapeutique \u00e0 Glaucon de Galien \u2014 Le m\u00e9decin au lit du malade au IIe si\u00e8cle de notre \u00e8re<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Parmi les ouvrages de Galien que nous avons conserv\u00e9s, sa M\u00e9thode th\u00e9rapeutique \u00e0 Glaucon a rapidement \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme un ouvrage \u00ab pour d\u00e9butants \u00bb. Le livre I concerne les fi\u00e8vres, maladies fr\u00e9quentes \u00e0 l\u2019\u00e9poque, et expose les bases de l\u2019examen clinique, du diagnostic et surtout du traitement. Puisque le m\u00e9decin de Pergame d\u00e9finit la maladie comme une l\u00e9sion sensible dans son Art m\u00e9dical, c\u2019est donc avec ses sens que le m\u00e9decin va mener l\u2019examen clinique, qui permet aussi de d\u00e9terminer la \u00ab nature particuli\u00e8re \u00bb du patient, ainsi que le pronostic et le diagnostic, ce qui rend l\u2019art \u00ab conjectural \u00bb. La th\u00e9rapeutique, quant \u00e0 elle, pr\u00e9ventive ou curative, permet le retour \u00e0 l\u2019\u00e9tat ant\u00e9rieur \u00e0 condition d\u2019\u00eatre administr\u00e9e au bon moment et en bonne quantit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union des 17-18 octobre 2024<\/strong><\/h2>\n<p>\u00e0 Cos, \u00eele natale d\u2019Hippocrate en mer \u00c9g\u00e9e, avec la Soci\u00e9t\u00e9 grecque d\u2019histoire de la m\u00e9decine<br \/>\nProgramme partiel, sans les r\u00e9sum\u00e9s<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Jacques BELGHITI<\/strong> : <em>Une petite fl\u00e2nerie aux racines mythiques de la chirurgie du foie<\/em><\/li>\n<li><strong>Jacques BATTIN<\/strong> : <em>Le serment d\u2019Hippocrate et sa modernit\u00e9 \u00e9volutive<\/em><\/li>\n<li><strong>F. BOLLER, N. CAPUTI, S. FINGER<\/strong> : <em>Hippocrates and his followers as pioneers of modern neuropsychology<\/em><\/li>\n<li><strong>Jacques CHEVALLIER<\/strong> : <em>Claude Bernard et le sucre &#8211; la controverse avec Figuier et B\u00e9rard<\/em><\/li>\n<li><strong>I. DIMITRIADIS<\/strong> : <em>La gale dans l\u2019Antiquit\u00e9 gr\u00e9co-romaine et la contribution de l\u2019\u00c9cole fran\u00e7aise de dermatologie<\/em><\/li>\n<li><strong>L.-F. GARNIER<\/strong> : <em>Le c\u0153ur selon Hippocrate<\/em><\/li>\n<li><strong>Philippe ALBOU<\/strong> : <em>Traitements \u00ab hippocratiques \u00bb au XXe si\u00e8cle en France &#8211; sangsues, ventouses, sinapismes etc.<\/em><\/li>\n<li><strong>S. MICHAELAS<\/strong> : <em>Hippocrates\u2019s contribution to the understanding of tuberculosis in the early 20th century<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<h2><strong>R\u00e9union du 20 septembre 2024<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Alice AIGRAIN<\/strong> \u2013 <em>Des corps malades sous l\u2019objectif. La photographie m\u00e9dicale dans les mus\u00e9es hospitaliers parisiens (1866-1945)<\/em><\/p>\n<blockquote><p>\u00c0 partir de 1866, le m\u00e9dium photographique s\u2019institutionnalise dans le champ m\u00e9dical parisien gr\u00e2ce \u00e0 la mise en place d\u2019une politique volontariste de la part de l\u2019Assistance publique-H\u00f4pitaux de Paris. Je propose de mettre en perspective ce moment particulier des rapports de la m\u00e9decine \u00e0 la photographie en interrogeant les usages \u2013 revendiqu\u00e9s ou non \u2013 et le statut du m\u00e9dium pour les sciences m\u00e9dicales jusqu\u2019en 1945. Dans une d\u00e9marche croisant l\u2019histoire patrimoniale et les \u00e9tudes visuelles, cette recherche dresse une histoire sociale et culturelle de l\u2019appropriation de la photographie par le corps m\u00e9dical \u00e0 des fins de repr\u00e9sentation des corps malades. Pour ce faire, six mus\u00e9es et leurs collections sont \u00e9tudi\u00e9s dans leur singularit\u00e9 ainsi que dans les permanences qui se dessinent entre eux : les mus\u00e9es de l\u2019h\u00f4pital Saint-Louis, de l\u2019hospice de Bic\u00eatre, de la clinique Baudelocque, de l\u2019h\u00f4pital Boucicaut, et des mus\u00e9es D\u00e9jerine et du Val-de-Gr\u00e2ce.<br \/>\nCette recherche met au jour la multiplicit\u00e9 des projets scientifiques, politiques, professionnels ou m\u00eame commerciaux que porte la photographie m\u00e9dicale : les usages du m\u00e9dium ne peuvent d\u00e8s lors se r\u00e9sumer \u00e0 des enjeux d\u2019objectivit\u00e9 et de documentation scientifique. Ce travail s\u2019organise autour de trois p\u00e9riodes chronologiques : les ann\u00e9es 1860 \u00e0 1890 sont celles de l\u2019institutionnalisation progressive du m\u00e9dium dans le monde m\u00e9dical ; les ann\u00e9es 1890 \u00e0 1910 sont celles d\u2019une g\u00e9n\u00e9ralisation de l\u2019usage de la photographie en m\u00e9decine ; les ann\u00e9es d\u2019entre-deux-guerres sont marqu\u00e9es par un r\u00e9investissement du corps m\u00e9dical dans les mus\u00e9e hospitaliers et leurs collections photographiques.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Claire BORDELAIS<\/strong> \u2013 <em>Accoucher aux Hospices civils de Bordeaux dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle<\/em><br \/>\n<blockquote><p>\u00c0 partir de sources hospitali\u00e8res de la Clinique obst\u00e9tricale et de la Maternit\u00e9 de Bordeaux, remontant au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, il a \u00e9t\u00e9 possible d\u2019identifier les institutions hospitali\u00e8res et les structures de ville entrant dans un r\u00e9seau de prise en charge de la patient\u00e8le de Gironde et de France, et parfois m\u00eame issue de pays limitrophes. Ces sources, \u00e0 la fois m\u00e9dicales et sociales, permettent de dresser un portrait pr\u00e9cis de la patient\u00e8le (principalement indigente) accouchant par choix ou sur d\u00e9cision m\u00e9dicale \u00e0 Bordeaux. De plus, l\u2019aspect de la prise en charge obst\u00e9tricale et p\u00e9diatrique nous \u00e9claire sur les pratiques m\u00e9dicales et chirurgicales de l&rsquo;\u00e9poque, ainsi que la d\u00e9mocratisation de l\u2019opoth\u00e9rapie puis de l\u2019accouchement \u00ab dirig\u00e9 \u00bb. La question de l\u2019innovation m\u00e9dicale et de son application dans les \u00e9tablissements obst\u00e9tricaux de Bordeaux permet enfin d\u2019appr\u00e9cier les mutations de la pratique m\u00e9dicale et de les comparer aux autres h\u00f4pitaux de France.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Cl\u00e9ment FABRE<\/strong> \u2013 <em>Apprendre \u00e0 soigner des corps chinois. M\u00e9decine d\u2019influence et diff\u00e9rence chinoise des corps, des ann\u00e9es 1830 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1920<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Des ann\u00e9es 1830 aux premi\u00e8res d\u00e9cennies du XXe si\u00e8cle, la m\u00e9decine s&rsquo;impose en Chine comme un instrument d\u2019influence d\u00e9terminant, et comme l\u2019une des armes privil\u00e9gi\u00e9es par les efforts de p\u00e9n\u00e9tration \u00e9vang\u00e9lique et diplomatique du pays. Les effectifs de m\u00e9decins-missionnaires britanniques et am\u00e9ricains se multiplient au Guandong et dans les ports ouverts, puis \u00e0 partir de 1860 dans l\u2019Empire tout entier, avec l&rsquo;appui des services diplomatiques du Royaume-Uni qui n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 recourir \u00e0 leurs services. Quant \u00e0 la France, qui attache d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1860 un m\u00e9decin \u00e0 la L\u00e9gation de P\u00e9kin, elle d\u00e9cide \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1890 de rivaliser d\u2019influence avec son voisin britannique et de d\u00e9ployer \u00e0 son tour un corps de m\u00e9decins en Chine.<br \/>\nCe sont les interactions des m\u00e9decins occidentaux avec les patients chinois, et les savoirs pratiques qui les entourent, qui sont au c\u0153ur de cette communication. Autour d\u2019elles se cristallise en effet un corpus de savoir-faire qui met en jeu aussi bien le savoir accumul\u00e9 par les m\u00e9decins sur les pratiques th\u00e9rapeutiques locales qu\u2019un apprentissage de la culture chinoise que l\u2019on retrouve plus largement dans les milieux diplomatiques et missionnaires. Ces interactions m\u00e9dicales constituent ainsi l\u2019un des lieux o\u00f9 s\u2019\u00e9labore un savoir pratique sur la culture corporelle chinoise (depuis les bonnes mani\u00e8res jusqu\u2019\u00e0 la ma\u00eetrise des gestes qui, telle la palpation du pouls, d\u00e9terminent aux yeux d\u2019un patient chinois la confiance en son m\u00e9decin), mais \u00e9galement sur de pr\u00e9tendues sp\u00e9cificit\u00e9s biologiques des corps chinois. Tout au long du si\u00e8cle, les rapports des m\u00e9decins et les cas cliniques qu&rsquo;ils publient dans diff\u00e9rentes revues, leurs carnets de pratique m\u00e9dicale et les ouvrages que certains font para\u00eetre \u00e0 l\u2019issue de longues ann\u00e9es pass\u00e9es en Chine permettent de saisir leur surprise face \u00e0 des sympt\u00f4mes, des r\u00e9actions, des r\u00e9sistances et des seuils de douleur, dont la mise en commun \u00e9chafaude progressivement le soup\u00e7on de sp\u00e9cificit\u00e9s biologiques chinoises, depuis la vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux calculs r\u00e9naux jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019infection et l\u2019absence de sensibilit\u00e9 \u00e0 la douleur. Ces interrogations permettent de saisir, \u00e0 rebours d\u2019une histoire th\u00e9orique des classifications raciales depuis les soci\u00e9t\u00e9s savantes d\u2019Europe et des \u00c9tats-Unis, une histoire pratique de la constitution d\u2019un savoir sur la diff\u00e9rence des corps, au ras des interactions m\u00e9dicales.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Mathieu ROUHOU<\/strong> \u2013 <em>Jean de Guiscriff, m\u00e9decin m\u00e9connu des rois de France Jean II le Bon et Charles V<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Jean de Guiscriff (vers 1320-1379), originaire du dioc\u00e8se de Cornouaille, est l\u2019un des physiciens des rois de France Jean II le Bon et Charles V. M\u00e9connu de l\u2019historiographie nationale r\u00e9cente, seuls quelques \u00e9rudits locaux ou quelques ouvrages anciens et d\u2019histoire locale bretonne en font mention. Intellectuel reconnu de son temps, il devient ma\u00eetre-r\u00e9gent de la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de Paris. Homme d\u2019\u00c9glise, il devient chanoine de trois chapitres cath\u00e9draux. En Breton tr\u00e8s impliqu\u00e9, il est membre actif de la confr\u00e9rie de Saint-Yves et \u0153uvre \u00e0 la refondation du coll\u00e8ge de Cornouaille qui accueille \u00e0 Paris des \u00e9tudiants d\u00e9sargent\u00e9s de son dioc\u00e8se d\u2019origine. Il remplit \u00e9galement des missions diplomatiques au nom du roi Charles V. C\u2019est enfin un homme riche en rentes et en biens fonciers. Cette contribution vise \u00e0 d\u00e9finir la trajectoire qui a conduit cet enfant de la Cornouaille bretonne \u00e0 la r\u00e9gence m\u00e9dicale en l\u2019Universit\u00e9 de Paris et au service de deux rois de France.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>En cas d\u2019emp\u00eachement d\u2019un des trois orateurs pr\u00e9c\u00e9dents, <strong>Jean-Fran\u00e7ois HUTIN<\/strong> \u2013 <em>Le journal d\u2019Adrien Cartier (1855-1925), m\u00e9decin principal de la Marine<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Adrien Cartier (1855-1925), m\u00e9decin principal de la Marine, \u00e0 tenu son journal intime depuis son 21e anniversaire jusqu\u2019\u00e0 la veille de son d\u00e9c\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 69 ans : soit un ensemble de 13 cahiers manuscrits in\u00e9dits totalisant 1 500 pages, \u00e9crites sur un demi-si\u00e8cle. Il y relate ses \u00e9tudes \u00e0 l\u2019h\u00f4pital militaire de Saint-Mandrier, \u00e0 Toulon, son premier voyage en Nouvelle Cal\u00e9donie dans un convoi de for\u00e7ats ; son arriv\u00e9e au moment de la grande r\u00e9volte canaque en 1878 ; son doctorat \u00e0 Paris en 1882 ; sa campagne au Tonkin, au moment de la mort du commandant Rivi\u00e8re en 1883 ; son poste \u00e0 Madagascar en 1887, qui sera l\u2019objet d\u2019une s\u00e9rie d\u2019articles dans les <em>Archives de m\u00e9decine navale<\/em> ; ses tentatives infructueuses pour devenir professeur d\u2019histologie ; son travail sur l\u2019hygi\u00e8ne \u00e0 Toulon couronn\u00e9 par l\u2019Acad\u00e9mie de m\u00e9decine ; ses d\u00e9boires pour passer m\u00e9decin de premi\u00e8re classe puis m\u00e9decin principal ; ses d\u00e9buts difficiles comme m\u00e9decin de famille dans le XVIe arrondissement de Paris \u00e0 partir de 1900, activit\u00e9 men\u00e9e conjointement \u00e0 celle de propri\u00e9taire terrien dans l\u2019H\u00e9rault ; puis enfin, celle de m\u00e9decin retrait\u00e9, fr\u00e9quentant assid\u00fbment les h\u00f4pitaux parisiens\u2026 Je me limiterai au domaine strictement m\u00e9dical car ce journal intime livre aussi un t\u00e9moignage bouleversant de la Grande Guerre, dont deux de ses fils ne revinrent pas ; montre la vie d\u2019un mari, dont les relations avec sa belle-famille ne sont pas toujours tr\u00e8s cordiales ; d\u2019un fils ravag\u00e9 par la mort de son p\u00e8re puis de sa m\u00e8re, pudiquement rapport\u00e9es ; d\u2019un chef de famille qui cherche un m\u00e9tier \u00e0 son fils survivant de la guerre et un mari \u00e0 sa fille ; d\u2019un propri\u00e9taire terrien, confront\u00e9 au mildiou et \u00e0 des ouvriers r\u00e9calcitrants ; et \u00e9voque, de mani\u00e8re \u00e9parse et volontiers al\u00e9atoire, de grands \u00e9v\u00e8nements qui secou\u00e8rent l\u2019actualit\u00e9. Tout cela fait de ce r\u00e9cit une v\u00e9ritable fresque historique d\u2019un demi-si\u00e8cle en France, \u00e0 cheval sur le XIXe et le XXe si\u00e8cle.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union des 14 et 15 juin 2024<\/strong><\/h2>\n<p><a href=\"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/SFHM-Resumes-Lille-14-15-juin-2024.pdf\">R\u00e9sum\u00e9s des journ\u00e9es de la SFHM \u00e0 Lille<\/a>, en collaboration avec l&rsquo;Association du mus\u00e9e hospitalier de Lille.<\/p>\n<h2><strong>R\u00e9union du 17 mai 2024<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Jacques GONZALES<\/strong> : <em>Selman Waksman et Robert Debr\u00e9 : de la p\u00e9dologie \u00e0 la p\u00e9diatrie, la streptomycine, premier traitement antituberculeux<\/em><\/p>\n<blockquote><p>L\u2019histoire de la tuberculose a fait l\u2019objet d\u2019une abondante litt\u00e9rature, m\u00eame en dehors de la sph\u00e8re m\u00e9dicale. Beaucoup croient, notamment chez nous, cette maladie disparue. La pand\u00e9mie de Covid a cr\u00e9\u00e9 un \u00e9moi mondial. Il est pass\u00e9. La tuberculose, elle, fait 1,3 million de morts chaque ann\u00e9e dont 200 000 enfants. Le nombre de nouveaux cas atteint 7,5 millions annuellement. De plus en plus de formes se r\u00e9v\u00e8lent r\u00e9sistantes \u00e0 la plurith\u00e9rapie classique. Le public l\u2019ignore, et la vaccination n\u2019est plus obligatoire en France \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s. L\u2019Organisation mondiale de la Sant\u00e9 lance r\u00e9guli\u00e8rement des alertes visant \u00e0 avoir \u00e9radiqu\u00e9 la tuberculose en 2030. Selman Waksman, d\u00e9couvreur du premier antituberculeux, la streptomycine, avait pourtant pr\u00e9dit sa disparition prochaine sur la plan\u00e8te. Il est mort, il y a cinquante ans, en 1973.<\/p>\n<p>2024 offre l\u2019occasion de revenir d\u2019abord sur l\u2019histoire de cette d\u00e9couverte, il y a 80 ans. Waksman, avec de prestigieux \u00e9l\u00e8ves, comme Ren\u00e9 Dubos, a \u00e9tudi\u00e9, en pionnier, les microorganismes pr\u00e9sents dans le sol, responsables de la d\u00e9composition des d\u00e9chets enterr\u00e9s. Cette p\u00e9dologie est quasiment m\u00e9connue, m\u00eame par les fervents de l\u2019\u00e9cologie qui fabriquent du compost. La terre contient des diamants, a \u00e9crit Waksman, un Ukrainien \u00e9migr\u00e9 aux \u00c9tats-Unis. Avec son \u00e9quipe, il a en effet montr\u00e9 que les actinomyc\u00e8tes pr\u00e9sents dans le sol produisent des substances antibiotiques, dont la n\u00e9omycine ou la streptomycine. Quel coup de tonnerre lorsqu\u2019ont \u00e9t\u00e9 mises en \u00e9vidence les vertus antituberculeuses de ce produit du Streptomyces griseus en 1944 !<\/p>\n<p>La m\u00e9thode employ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 originale, faisant appel pour la premi\u00e8re fois \u00e0 un essai randomis\u00e9 sur des cobayes. Sur l\u2019homme, le pronostic vital \u00e9tant en jeu, les essais qui datent de 1945 peuvent alimenter aujourd\u2019hui encore des d\u00e9bats \u00e9thiques, d\u2019autant que ce m\u00e9dicament potentiellement salvateur s\u2019\u00e9tait rapidement av\u00e9r\u00e9 toxique pour l\u2019oreille interne, l\u2019audition et l\u2019\u00e9quilibre.<\/p>\n<p>Waksman, non m\u00e9decin, devenu am\u00e9ricain, a re\u00e7u le Prix Nobel de m\u00e9decine ou physiologie en 1952, comme \u00ab bienfaiteur de l\u2019humanit\u00e9 \u00bb, bien que Schatz, un de ses \u00e9tudiants, ait contest\u00e9 sa d\u00e9couverte tout au long de sa vie. Il est apparu t\u00f4t que la streptomycine efficace dans les tuberculoses pulmonaires, urinaires, ne sauvait pas les enfants atteints d\u2019une m\u00e9ningite. Les Am\u00e9ricains avaient du reste renonc\u00e9 \u00e0 son emploi abandonnant ces petits \u00e0 leur destin fatal ; mais Waksman accepta d\u2019accorder quelques doses pour que trois \u00e9quipes p\u00e9diatriques europ\u00e9ennes poursuivent des essais. Robert Debr\u00e9, avec quelques collaborateurs, obtint les premiers succ\u00e8s en ajoutant aux intramusculaires des injections intrath\u00e9cales. Ce succ\u00e8s fran\u00e7ais reste largement m\u00e9connu. J\u2019en suis pourtant un des t\u00e9moins, comme un des premiers survivants de cette m\u00e9ningite dans le monde. Soign\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital des Enfants-malades durant plus d\u2019un an, par l\u2019\u00e9quipe de Debr\u00e9, la streptomycine a d\u00e9truit mes vestibules mais, allong\u00e9 plus de quatre ans pour un mal de Pott, la d\u00e9couverte que je deviendrai un mal marchant \u2013 un handicap invisible \u2013 pour le restant de mes jours, a demand\u00e9 quelques mois. Devenu m\u00e9decin, j\u2019ai pu conna\u00eetre tous les dessous de cette r\u00e9volution m\u00e9dicale et suivre jusqu\u2019ici l\u2019actualit\u00e9 de la \u00ab peste blanche \u00bb. Je viens d\u2019en publier un livre.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, la tuberculose reste une menace plan\u00e9taire, et elle est \u00e0 notre porte. La recherche de m\u00e9dicaments nouveaux m\u00eame pour vaincre les formes pharmacor\u00e9sistantes, d\u00e9tectables par la g\u00e9n\u00e9tique, en proportion croissante, a \u00e9t\u00e9 stopp\u00e9e pendant des d\u00e9cennies. L\u2019acc\u00e8s aux th\u00e9rapeutiques manque dans bien des pays. L\u2019exposition forte des malades immunod\u00e9prim\u00e9s par le VIH ou par une chimioth\u00e9rapie, la prolif\u00e9ration actuelle des conflits arm\u00e9s entra\u00eenant des crises humanitaires ob\u00e8rent encore les chances de venir rapidement \u00e0 bout de ce fl\u00e9au persistant. Un r\u00e9veil collectif des consciences est indispensable pour agir enfin efficacement dans la lutte contre la tuberculose.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Anne DENEUVE<\/strong> : <em>De l\u2019herbe de la joie des Sum\u00e9riens \u00e0 l&rsquo;opioid free anesthesia d\u2019aujourd\u2019hui : 5000 ans d&rsquo;utilisation des opiac\u00e9s en m\u00e9decine<\/em><br \/>\n<blockquote><p>De tout temps, le soulagement de la douleur a \u00e9t\u00e9 une pr\u00e9occupation des m\u00e9decins. L\u2019opium, issu du Papaver somniferum, est connu depuis des mill\u00e9naires. Les premi\u00e8res traces \u00e9crites remontent au peuple sum\u00e9rien, 3000 ans avant notre \u00e8re. Les \u00c9gyptiens, les Grecs et les Romains utilisaient l\u2019opium pour soulager la douleur, mais aussi pour ses effets antidiarrh\u00e9iques bien connus. Le peuple arabe, tr\u00e8s avanc\u00e9 dans le domaine des sciences et notamment de la m\u00e9decine, pr\u00e9conisait \u00e9galement ce rem\u00e8de, largement mentionn\u00e9 dans le Canon d\u2019Avicenne, pr\u00e9par\u00e9 de multiples fa\u00e7ons. Son utilisation sous forme de laudanum permit une large diffusion, de m\u00eame que sous forme de th\u00e9riaque, panac\u00e9e utilis\u00e9e notamment par Galien, et qui apparaissait encore dans le Codex de 1908 en France. Malheureusement, l\u2019usage d\u00e9tourn\u00e9 de l\u2019opium mena \u00e0 une toxicomanie de masse, notamment en Chine au XIXe si\u00e8cle, mais aussi en Europe, avec l\u2019apparition de la forme inhal\u00e9e, mais aussi sous forme injectable de son principal alcalo\u00efde, la morphine. Aujourd\u2019hui les opiac\u00e9s et les opio\u00efdes sont prescrits par tous les m\u00e9decins pour soulager efficacement la douleur, y compris au cours des anesth\u00e9sies g\u00e9n\u00e9rales. La persistance d\u2019effets secondaires a men\u00e9 \u00e0 mettre au point de l\u2019opioid-free anesthesia, petite r\u00e9volution dans le monde de l\u2019anesth\u00e9sie moderne.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Patrick VINCELET<\/strong> : <em>Fran\u00e7ois Jacob compagnon de la Lib\u00e9ration et \u00e9crivain<\/em><br \/>\n<blockquote><p>L\u2019honneur me fut donn\u00e9 par l\u2019association des Compagnons de la Lib\u00e9ration et des \u00e9crivains combattants d\u2019\u00e9crire quelques lignes \u00e0 propos de Fran\u00e7ois Jacob (1920-2013, prix Nobel de m\u00e9decine ou physiologie en 1965), l\u2019un des 150 d\u2019entre eux qui ont laiss\u00e9 des \u00e9crits. Nous f\u00fbmes 79 \u00e9crivains \u00e0 \u00eatre sollicit\u00e9s. L\u2019ouvrage est paru sous la direction d\u2019Alfred Gilder et Fran\u00e7ois Broche, Compagnons de la Lib\u00e9ration \u00e9crivains (\u00c9ditions Glyphe, 2024). J\u2019ai d\u00e9velopp\u00e9 mes trois pages initiales pour proposer cette pr\u00e9sentation devant la SFHM, dont se r\u00e9jouit l\u2019Association des \u00e9crivains combattants.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Vincent RELIQUET<\/strong> : <em>L\u2019utilisation des s\u00e9rums marins en m\u00e9decine, dentisterie et art v\u00e9t\u00e9rinaire<\/em><br \/>\n<blockquote><p>[R\u00e9sum\u00e9 non communiqu\u00e9].<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>R\u00e9union du 26 avril 2024<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h<\/p>\n<p>Entr\u00e9e libre, sous condition d&rsquo;inscription pr\u00e9alable (secretariat.sfhm@gmail.com) pour les participants qui ne sont pas membres de la SFHM, \u00e9tant donn\u00e9 le nombre limit\u00e9 de places dans la salle.<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Jean-Fran\u00e7ois DELFRAISSY<\/strong> : <em>Quelques r\u00e9flexions sur 40 ans de bio\u00e9thique en France<\/em><\/p>\n<blockquote><p>\u00c9minent acteur de l\u2019\u00e9tude et du traitement du Sida, pr\u00e9sident du Conseil consultatif national d\u2019\u00e9thique (CCNE) depuis 2016 et auteur, avec Pierre-Henri Du\u00e9e et Emmanuel Didier, de <em>Quarante ans de bio\u00e9thique en France, 1983-2023<\/em> (Paris, Odile Jacob, 2023), J.-F. Delfraissy r\u00e9sumera les travaux et les enjeux du Comit\u00e9 depuis sa cr\u00e9ation : questions li\u00e9es au d\u00e9veloppement de la g\u00e9n\u00e9tique et du num\u00e9rique, pand\u00e9mie du coronavirus, influence de l\u2019\u00e9thique sur l\u2019\u00e9volution du droit, etc. ; soit une r\u00e9flexion globale sur les liens modernes entre la soci\u00e9t\u00e9 et ses maladies.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Michel CAIRE<\/strong> : <em>Charles VI le bien-aim\u00e9, roi de France et la \u00ab purgacion par la teste \u00bb<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Charles VI (1368-1422), mont\u00e9 sur le tr\u00f4ne de France en 1380, a souffert par intermittence de graves troubles mentaux, qui ne l\u2019ont cependant pas emp\u00each\u00e9 de r\u00e8gner jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort. La premi\u00e8re crise, suivie en trente ans d\u2019une quarantaine d\u2019autres, \u00e9tait survenue le 5 ao\u00fbt 1392. D\u00e8s lors, divers moyens furent \u00e9t\u00e9 employ\u00e9s pour abr\u00e9ger ses souffrances et la dur\u00e9e des \u00e9pisodes : pi\u00e9t\u00e9 religieuse (pri\u00e8res, processions et p\u00e8lerinages), traitements magiques (quelques magiciens et autres sorciers pay\u00e8rent leur \u00e9chec de leur vie), recours \u00e0 la m\u00e9decine surtout.<br \/>\nLes nombreux m\u00e9decins appel\u00e9s \u00e0 intervenir aupr\u00e8s du monarque mirent tout naturellement en \u0153uvre les th\u00e9rapeutiques en cours en ce bas moyen-\u00e2ge : mesures hygi\u00e9niques, repos au bon air, saine nourriture, distractions (incluant le divertissement \u00e9rotique procur\u00e9 par Odinette, la \u00ab Petite Reine \u00bb), et surtout toutes les m\u00e9thodes qui purifient, stimulent, \u00e9vacuent, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la th\u00e9orie des humeurs.<br \/>\nEn 1393, le duc de Bourbon revenant d\u2019Italie \u00ab amena de Lyon sur le Rhone ung fizicien ou medecin tres excellent, lequel medicina le roy et lui fit purgacion par la teste. Par quoy il assouaga. Dont tout son peuple oult merveilleusement grant joye \u00bb. Cet \u00e9v\u00e8nement a suscit\u00e9 plusieurs hypoth\u00e8ses sur la nature du traitement pratiqu\u00e9 sous le nom de \u00ab purgation par la t\u00eate \u00bb par ce fameux m\u00e9decin lyonnais, G\u00e9rard de Lacombe, et qui soulagea si bien le roi fou : peut-il s\u2019agir d\u2019une tr\u00e9panation ou forage de l\u2019os cr\u00e2nien, d\u2019une caut\u00e9risation du chef qui n\u2019implique pas de percer l\u2019os, d\u2019une simple incision du cuir chevelu, de la saign\u00e9e d\u2019une veine de la t\u00eate, de l\u2019emploi d\u2019un sternutatoire ou encore d\u2019une purge au sens propre du terme ?<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Olivier WALUSINSKI<\/strong> : <em>Tony Robert-Fleury (1837-1911) et son tableau \u00ab Pinel, m\u00e9decin en chef de la Salp\u00eatri\u00e8re d\u00e9livrant les ali\u00e9n\u00e9s de leurs cha\u00eenes \u00bb<\/em><br \/>\n<blockquote><p>En 1876, Tony Robert-Fleury (1837-1911) pr\u00e9sentait au Salon son tableau \u00ab Pinel, m\u00e9decin en chef de la Salp\u00eatri\u00e8re d\u00e9livrant les ali\u00e9n\u00e9s de leurs cha\u00eenes \u00bb qui a \u00e9t\u00e9, depuis, l\u2019objet de nombreux commentaires de la part des historiens de la psychiatrie. \u00c0 partir d\u2019archives m\u00e9connues, picturales et critiques, nous proposons ici de montrer la gen\u00e8se de cette toile et des variantes d\u2019\u00e9tude, qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e, en la repla\u00e7ant dans le contexte historico-m\u00e9dico-politique dont elle t\u00e9moigne.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Bruno MAES<\/strong> : <em>Le r\u00f4le de la compassion dans la gu\u00e9rison : malades et soignants dans l\u2019Ordre hospitalier des fr\u00e8res de Saint-Jean de Dieu (1572-1790)<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Jean de Dieu, n\u00e9 Jo\u00e3o Cidade le 8 mars 1495 \u00e0 Montemor-o-Novo au Portugal et mort le 8 mars 1550 \u00e0 Grenade, est un religieux espagnol d\u2019origine portugaise, qui se consacra aux indigents et donna naissance apr\u00e8s sa mort \u00e0 l\u2019Ordre hospitalier de Saint-Jean de Dieu, sp\u00e9cialis\u00e9 en particulier dans le secours aux ali\u00e9n\u00e9s mentaux.<br \/>\nLe 20 janvier 1537, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 42 ans, Jo\u00e3o Cidade se rend \u00e0 un sermon du carme Jean d\u2019Avila. Il est boulevers\u00e9 et se convertit. Une partie de la population le prend m\u00eame pour un fou, et il est intern\u00e9 avec les ali\u00e9n\u00e9s. Le traitement qu\u2019il subit est celui des fous : les deux \u00ab F \u00bb, le fer (l\u2019encha\u00eenement) et le fouet. Il est lib\u00e9r\u00e9 9 mois apr\u00e8s, et Jean d\u2019Avila devient son confesseur. Pour Jean de Dieu, les ali\u00e9n\u00e9s ne sont ni des ensorcel\u00e9s ni des criminels, mais des malades qu\u2019on gu\u00e9rit en les soignant avec compassion.<br \/>\nL\u2019Ordre s\u2019installe en France avec la deuxi\u00e8me femme d\u2019Henri IV en 1602, Marie de M\u00e9dicis, frapp\u00e9e par le c\u00f4t\u00e9 moderne de leurs soins et leur foi catholique. La maison m\u00e8re se trouve \u00e0 Paris rue des Saints-P\u00e8res, dans un lieu aujourd\u2019hui occup\u00e9 par la Facult\u00e9 de m\u00e9decine homonyme.<br \/>\nLe sens de la compassion est de permettre aux fr\u00e8res de soigner les malades tout en passant beaucoup de temps avec eux pour mieux les conna\u00eetre : pour les moins atteints, par le jardinage, les jeux de soci\u00e9t\u00e9, les promenades, etc.<br \/>\nPhilippe Pinel, qui avait travaill\u00e9 avec eux dans la France d\u2019Ancien R\u00e9gime, poursuit leur travail \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Bic\u00eatre en 1793. Il avait continu\u00e9 \u00e0 apporter la compassion, mais sous couvert des Lumi\u00e8res. Ces deux mod\u00e8les montrent le r\u00f4le dynamisant de l\u2019humanisme, qu\u2019il provienne de la foi chr\u00e9tienne ou de la philosophie des Lumi\u00e8res.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union du 22 mars 2024<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-16h<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Pr\u00e9sentations (15-20 minutes) et remises du prix du livre 2023 (SFHM et Acad\u00e9mie de m\u00e9decine) et des prix de th\u00e8ses 2022-2023 (SFHM)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Laurence PL\u00c9VERT<\/strong> : <em>Augusta Klumpke, pionni\u00e8re de la m\u00e9decine (livre prim\u00e9 par la SFHM et l\u2019Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine en 2023)<\/em><br \/>\n<blockquote><p>En 1885, Augusta Klumpke, \u00e9tudiante \u00e0 la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de Paris, se lance dans un long combat pour acqu\u00e9rir le droit de passer le prestigieux concours de l\u2019internat, jusqu\u2019alors r\u00e9serv\u00e9 aux hommes. Une femme interne en m\u00e9decine ? C\u2019\u00e9tait la porte ouverte \u00e0 toutes les vell\u00e9it\u00e9s f\u00e9minines ! Une terrible pol\u00e9mique divisa alors la France et se transforma en affaire d\u2019\u00c9tat. A. Klumpke obtint finalement le droit de passer ce concours et devint la premi\u00e8re femme interne des h\u00f4pitaux de Paris, elle se heurta \u00e0 ce que l\u2019on appelle aujourd\u2019hui le plafond de verre. Elle arr\u00eata alors l\u2019internat mais devint, aupr\u00e8s de son mari Jules D\u00e9jerine, une neurologue de renomm\u00e9e mondiale\u2026 avant de sombrer dans l\u2019oubli, apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s en 1927.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Alice AIGRAIN<\/strong> : <em>Des corps malades sous l\u2019objectif. La photographie m\u00e9dicale dans les mus\u00e9es hospitaliers parisiens (1866-1945)<\/em><br \/>\n<blockquote><p>\u00c0 partir de 1866, le m\u00e9dium photographique s\u2019institutionnalise dans le champ m\u00e9dical parisien gr\u00e2ce \u00e0 la mise en place d\u2019une politique volontariste de la part de l\u2019Assistance publique. Cette th\u00e8se se propose de mettre en perspective ce moment particulier des rapports de la m\u00e9decine \u00e0 la photographie en interrogeant les usages \u2013 revendiqu\u00e9s ou non \u2013 et le statut du m\u00e9dium pour les sciences m\u00e9dicales jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1945. Dans une d\u00e9marche croisant l\u2019histoire patrimoniale et les \u00e9tudes visuelles, cette recherche se propose de dresser une histoire sociale et culturelle de l\u2019appropriation de la photographie par le corps m\u00e9dical \u00e0 des fins de repr\u00e9sentation des corps malades. Pour ce faire, six mus\u00e9es et leurs collections sont \u00e9tudi\u00e9s dans leur singularit\u00e9 ainsi que dans les permanences qui se dessinent entre eux : les mus\u00e9es de l\u2019h\u00f4pital Saint-Louis, de l\u2019hospice de Bic\u00eatre, de la clinique Baudelocque, de l\u2019h\u00f4pital Boucicaut, le mus\u00e9e D\u00e9jerine et celui du Val-de-Gr\u00e2ce.<br \/>\nCette recherche met au jour la multiplicit\u00e9 des projets tant scientifiques, politiques, professionnels voire commerciaux que porte la photographie m\u00e9dicale : les usages du m\u00e9dium ne peuvent d\u00e8s lors se r\u00e9sumer \u00e0 des enjeux d\u2019objectivit\u00e9 et de documentation scientifique. Ce travail s\u2019organise autour de trois p\u00e9riodes chronologiques : les ann\u00e9es 1860 \u00e0 1890 sont celles de l\u2019institutionnalisation progressive du m\u00e9dium dans le monde m\u00e9dical ; les ann\u00e9es 1890 \u00e0 1910 sont celles d\u2019une g\u00e9n\u00e9ralisation de l\u2019usage de la photographie en m\u00e9decine ; les ann\u00e9es d\u2019entre-deux-guerres sont marqu\u00e9es par un r\u00e9investissement du corps m\u00e9dical dans les mus\u00e9e hospitaliers et leurs collections photographiques.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Sophie PANZIERA<\/strong> : <em>Le sommeil au XIXe si\u00e8cle. Normes et imaginaires du dormir (1770-1914)<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Le XIXe si\u00e8cle constitue un moment charni\u00e8re dans la compr\u00e9hension m\u00e9dicale du sommeil. De chose non naturelle relevant de l\u2019hygi\u00e8ne, il devient une fonction physiologique indispensable au fonctionnement de la vie animale. Ses dysfonctionnements sont alors constitu\u00e9s en maladies a\u0300 part enti\u00e8re, n\u00e9cessitant non plus une prise en charge hygi\u00e9nique et morale, mais th\u00e9rapeutique. R\u00e9pondant en partie \u00e0 une demande sociale, le discours m\u00e9dical propose ainsi au XIXe si\u00e8cle une nouvelle rationalisation de l\u2019exercice et de la dur\u00e9e n\u00e9cessaire du sommeil, tout en accentuant sa prise en charge m\u00e9dicale.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Michel AOUN<\/strong> : <em>De l\u2019\u00e2me ou la d\u00e9rive cardiocentrique des cerveaux<\/em><br \/>\n<blockquote><p>La nature et la localisation de l\u2019\u00e2me ont longtemps intrigu\u00e9 philosophes et m\u00e9decin dans leur qu\u00eate de la v\u00e9rit\u00e9. Depuis la nuit des temps, l\u2019humanit\u00e9 pla\u00e7a en son c\u0153ur l\u2019\u00e2me du monde, le brasier de ses passions, les arcanes de sa raison et toutes les facult\u00e9s qui font de nous ce que nous sommes. L\u2019effort des penseurs \u00e0 travers les si\u00e8cles et les civilisations a permis de remettre en question la domination du cardiocentrisme ancestral. L\u2019exploration de l\u2019\u00e2me \u00e9tant intimement li\u00e9 \u00e0 la d\u00e9couverte du cerveau, elle devait n\u00e9cessairement traverser la plus d\u00e9cisive des \u00e9volutions, celle de l\u2019enc\u00e9phalocentrisme. Ce m\u00e9moire retrace les fondements civilisationnels du cardiocentrisme, les courants philosophiques cl\u00e9s et les r\u00e9volutions majeurs qui men\u00e8rent \u00e0 notre compr\u00e9hension actuelle du cerveau. Nous voguerons sur les doctrines, dogmes et paradigmes des origines aux Temps modernes sous le prisme de la m\u00e9decine, de la philosophie et de la religion puisque ainsi furent b\u00e2tis nos mondes et ainsi disparaitront ils.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Thomas DAOULAS<\/strong> : <em>Identit\u00e9 et instrumentation du \u00ab chirurgien \u00bb dans le monde romain. Application aux d\u00e9couvertes bretonnes<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Le chirurgien est un personnage mal connu dans l\u2019Antiquit\u00e9. Pourtant les textes anciens et les instruments retrouv\u00e9s sur les sites de fouilles arch\u00e9ologiques soul\u00e8vent l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un grand soin apport\u00e9 \u00e0 l\u2019acte op\u00e9ratoire. L\u2019objectif de ce travail est de d\u00e9crire l\u2019identit\u00e9 du chirurgien dans le monde romain, de d\u00e9finir ses instruments et de d\u00e9terminer ou non la pr\u00e9sence de traces d\u2019hypoth\u00e9tiques chirurgiens antiques en Bretagne.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union du 23 f\u00e9vrier 2024<\/strong><\/h2>\n<p>Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-16h<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Fran\u00e7ois RENAUD<\/strong> : <em>Le Dr \u00c9mile Roux (1853-1933), aussi c\u00e9l\u00e8bre que m\u00e9connu<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Fid\u00e8le lieutenant de Pasteur, certains l\u2019ont m\u00eame appel\u00e9 le \u00ab moine la\u00efc \u00bb, Pierre Paul \u00c9mile Roux (1853\u20131933), a particip\u00e9 aux travaux de Pasteur sur le chol\u00e9ra des poules et la maladie du charbon. Il prit part, \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, \u00e0 la controverse contre Henry Toussaint sur la vaccination contre le charbon. Roux mit finalement au point le vaccin utilis\u00e9 par Pasteur, mais en utilisant, sans le reconna\u00eetre, la m\u00e9thode de Toussaint et non celle de Pasteur, qui \u00e9tait inefficace : ainsi Roux sauva-t-il le prestige du grand savant.<\/p>\n<p>Il travailla ensuite sur la rage qui \u00e9tait son sujet de th\u00e8se. \u00c0 ce sujet, les deux hommes se brouill\u00e8rent et Pasteur mit finalement au point le vaccin contre la rage, en utilisant, sans lui dire, la technique de son fid\u00e8le ami Roux ! Devant un tel succ\u00e8s, Pasteur cr\u00e9a un \u00e9tablissement vaccinal, son laboratoire de la rue d\u2019Ulm \u00e9tant submerg\u00e9 par les patients atteints de rage. R\u00e9concili\u00e9 avec son ma\u00eetre, Roux fut charg\u00e9 de mettre en place les b\u00e2timents de \u00ab l\u2019institut Pasteur \u00bb, laboratoires compris.<\/p>\n<p>Avec Yersin, Roux travailla ensuite sur la dipht\u00e9rie et la s\u00e9roth\u00e9rapie antidipht\u00e9rique. Au nouvel Institut Pasteur, Roux fonda le cours de microbie technique. Il fut ensuite nomm\u00e9 directeur de l\u2019Institut en 1904, apr\u00e8s Pasteur et Duclaux, et le resta jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 1933. C&rsquo;est aussi lui qui fonda l\u2019H\u00f4pital Pasteur. Menant une vie tr\u00e8s simple, il eut une vie amoureuse tr\u00e8s discr\u00e8te mais aussi tr\u00e8s riche. Il mourut \u00e0 80 ans d\u2019un \u00e9panchement de la pl\u00e8vre.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Serge ROSOLEN<\/strong> : <em>Une br\u00e8ve histoire compar\u00e9e de la chirurgie de la cataracte chez l\u2019homme et les animaux, en France<\/em><br \/>\n<blockquote><p>La cataracte est la principale cause de c\u00e9cit\u00e9 chez les humains et chez les animaux. Dans les deux cas, et quelle qu\u2019en soit la cause, elle se traite chirurgicalement. Il n\u2019est pas \u00e9tonnant que l\u2019histoire compar\u00e9e de la chirurgie de la cataracte chez les humains et chez les animaux pr\u00e9sente des similitudes et des apports r\u00e9ciproques pour un b\u00e9n\u00e9fice mutuel des patients, humains ou animaux. Deux techniques ont coexist\u00e9 : abaissement et extraction. La premi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e d\u00e8s l\u2019Antiquit\u00e9. La seconde s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 partir du XVIIe si\u00e8cle et a pr\u00e9valu depuis ; sa m\u00e9canisation, gr\u00e2ce \u00e0 la phaco-\u00e9mulsification, a \u00e9galement permis de rendre les r\u00e9sultats moins d\u00e9pendants de l\u2019op\u00e9rateur et donc plus accessible \u00e0 de nombreux chirurgiens des deux m\u00e9decines.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Alain GOLDCHER<\/strong> : <em>Biographie du Dr Jean-No\u00ebl Hall\u00e9, m\u00e9decin ordinaire de Napol\u00e9on Ier<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Jean-No\u00ebl Hall\u00e9 (1754-1822) \u00e9tait issu d\u2019une famille d\u2019artistes, comptant notamment deux peintres ordinaires du roi, mais il choisit de suivre une voie m\u00e9dicale et scientifique. Il enrichit ses connaissances dans de nombreux domaines : litt\u00e9rature, langues (latin, grec, italien, espagnol, anglais, allemand), puis la m\u00e9decine et les sciences, en particulier la chimie, la physique, la physiologie, la botanique et d\u2019autres savoirs qu\u2019il allait utiliser pour donner naissance \u00e0 la m\u00e9decine moderne, gr\u00e2ce au soutien de ses amis Corvisart et Fourcroy.<\/p>\n<p>Avant l\u2019obtention de son dipl\u00f4me de docteur en m\u00e9decine, le 14 septembre 1778, il avait int\u00e9gr\u00e9, en qualit\u00e9 d\u2019associ\u00e9 ordinaire, la prestigieuse Soci\u00e9t\u00e9 royale de m\u00e9decine, l\u2019\u00e9quivalent de notre Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine actuelle. Travailleur infatigable, il cumula pendant toute sa vie des fonctions de m\u00e9decin lib\u00e9ral dans un cabinet \u00e0 Paris, de professeur en m\u00e9decine \u00e0 l\u2019\u00c9cole de sant\u00e9 puis \u00e0 la nouvelle Facult\u00e9 de m\u00e9decine, de chercheur dans un laboratoire qu\u2019il avait \u00e9quip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine, et au sein de plusieurs soci\u00e9t\u00e9s savantes prestigieuses, de r\u00e9f\u00e9rence, tout en assurant une vie familiale r\u00e9ussie et des amiti\u00e9s solides. Le c\u00e9l\u00e8bre chirurgien militaire Pierre-Fran\u00e7ois Percy, le d\u00e9signa comme \u00ab l\u2019arbitre et le flambeau \u00bb de la science de gu\u00e9rir. Pour cette raison, Hall\u00e9 fut mis \u00e0 contribution par ses confr\u00e8res pour r\u00e9diger de tr\u00e8s nombreux articles et rapports. Les sujets concernent avant tout la sant\u00e9 quotidienne des Fran\u00e7ais du d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Son domaine de pr\u00e9dilection resta l\u2019hygi\u00e8ne. Fourcroy cr\u00e9a pour lui, avec le doyen Thouret, la premi\u00e8re chaire de cette sp\u00e9cialit\u00e9 en France ; elle devint une des r\u00e9f\u00e9rences europ\u00e9ennes. Hall\u00e9 a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 distinguer les deux branches de l\u2019hygi\u00e8ne, priv\u00e9e et publique (m\u00e9phitisme, eaux pollu\u00e9es de Paris). Le plan de ses cours annuels comportait une centaine d\u2019items et l\u2019on comprend que ses connaissances encyclop\u00e9diques aient bloqu\u00e9 la r\u00e9daction de la \u00ab bible \u00bb tant attendue par ses coll\u00e8gues, qui lui aurait certainement ouvert une notori\u00e9t\u00e9 internationale durable comme l\u2019a affirm\u00e9 Percy : \u00ab Il devait rassembler ses le\u00e7ons si pr\u00e9cieuses et en composer un ouvrage r\u00e9gulier qui e\u00fbt mis le sceau \u00e0 sa r\u00e9putation, et rempli la longue attente du public, des ma\u00eetres et des \u00e9l\u00e8ves ; mais le sort impitoyable en a d\u00e9cid\u00e9 autrement \u00bb.<\/p>\n<p>Toutes les recherches de Hall\u00e9 eurent pour but d\u2019am\u00e9liorer soins prodigu\u00e9s aux patients quelle que soit leur fortune ou leur notori\u00e9t\u00e9, trait de caract\u00e8re qu\u2019il partagea avec son ami le chirurgien Percy. Il s\u2019illustra aussi dans le perfectionnement des rem\u00e8des, dans la validation de leur efficacit\u00e9, contribuant \u00e0 la r\u00e9daction du premier codex national fran\u00e7ais (en latin, paru en 1813), l\u2019anc\u00eatre de notre Vidal actuel. Sur le plan th\u00e9rapeutique, il milita avec passion pour la vaccination, se montrant un farouche d\u00e9fenseur fran\u00e7ais de la m\u00e9thode de Jenner, malgr\u00e9 la guerre entre la France et la Grande-Bretagne. Par ses travaux innovants sur l\u2019utilisation de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 en m\u00e9decine, il favorisa la reconnaissance des recherches d\u2019Andr\u00e9-Marie Amp\u00e8re et d\u2019autres physiciens illustres.<\/p>\n<p>Sa grande notori\u00e9t\u00e9 et ses recherches lui permirent d\u2019entrer en relation avec la plupart des personnalit\u00e9s fran\u00e7aises et \u00e9trang\u00e8res de son \u00e9poque : Amp\u00e8re, Arago, Baudelocque, Bichat, Broussais, Buffon, Carnot, Chaptal, Corvisart, Cuvier, Desgenettes, Dupuytren, Esquirol, Fouch\u00e9, Laennec, La Rochefoucauld, Larrey, Monge, Necker, Percy, Pinel, Talleyrand, parmi les plus connus. Tous ont eu des relations avec lui et \u00ab tous ses confr\u00e8res reconnaissaient qu\u2019il \u00e9tait un des m\u00e9decins le plus instruits et certainement un des mieux instruits \u00bb (\u00e9loge fun\u00e8bre de Jean-Jacques Leroux, doyen de la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de Paris). Ses convictions religieuses et son humanit\u00e9 sans \u00e9gale, le d\u00e9cid\u00e8rent \u00e0 d\u00e9fendre Antoine Lavoisier, seul, devant le Tribunal r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>La chance lui permit de se lier d\u2019amiti\u00e9, d\u00e8s les ann\u00e9es 1780, avec Jean-Nicolas Corvisart. Tous les deux, bien que de personnalit\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rentes, allaient combattre pour imposer en France une nouvelle m\u00e9decine, plus scientifique, enseign\u00e9e en grande partie au lit du malade dans les h\u00f4pitaux. Connaissant le caract\u00e8re d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 et la notori\u00e9t\u00e9 de Hall\u00e9, Corvisart lui offrit le poste prestigieux de m\u00e9decin ordinaire de Napol\u00e9on Ier, second poste de m\u00e9decin dans la Maison m\u00e9dicale de l\u2019Empereur c\u2019est-\u00e0-dire rempla\u00e7ant du premier m\u00e9decin en cas de d\u00e9fection. Hall\u00e9 fut ainsi appel\u00e9 en consultation aupr\u00e8s de plusieurs membres de la famille Bonaparte en particulier Louis, Elisa et Pauline, leurs familles et leurs amis. Napol\u00e9on, membre comme lui de la premi\u00e8re classe de l\u2019Institut, connaissait bien Hall\u00e9 et envisagea m\u00eame d\u2019en faire son m\u00e9decin personnel. Il y renon\u00e7a mais fit souvent appel \u00e0 ses comp\u00e9tences en lui confiant de multiples missions en faveur de la sant\u00e9 des Fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Un des aspects singuliers de la carri\u00e8re de Hall\u00e9 r\u00e9sida dans le fait qu\u2019il continua \u00e0 mener toutes ses activit\u00e9s en d\u00e9pit des troubles politiques de la France, poursuivant sans rel\u00e2che son art sous la royaut\u00e9, la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire, l\u2019\u00e9pop\u00e9e napol\u00e9onienne et la restauration, sans avoir \u00e9t\u00e9 inqui\u00e9t\u00e9 bien qu\u2019h\u00e9ritier du titre paternel de chevalier du roi. Hall\u00e9 a connu dans l\u2019intimit\u00e9 plusieurs rois et souverains, ainsi qu\u2019un grand nombre de personnalit\u00e9s de premier rang dans le monde politique, m\u00e9dical et scientifique mais aussi artistique. Lors de la Restauration, Louis XVIII le choisit comme m\u00e9decin personnel de sa famille et de son fr\u00e8re le futur Charles X. La naissance de la m\u00e9decine moderne doit beaucoup \u00e0 Hall\u00e9 qui pensait, avant la r\u00e9forme Debr\u00e9, que chaque m\u00e9decin devrait avoir des connaissances en physique et en chimie.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union du 19 janvier 2024<\/strong><\/h2>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Genevi\u00e8ve XHAYET<\/strong> : <em>Autour du savoir m\u00e9dical du haut moyen \u00e2ge occidental : la m\u00e9decine monastique<\/em><\/p>\n<blockquote><p>La m\u00e9decine du haut moyen \u00e2ge occidental est tant\u00f4t d\u00e9sign\u00e9e comme pr\u00e9salernitaine, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00c9cole de Salerne qui introduisit la m\u00e9decine gr\u00e9co-arabe en Occident, tant\u00f4t comme monastique, en raison du cadre abbatial o\u00f9 elle se d\u00e9veloppa entre les alentours du VIe et le XIIe s. Quelle que soit son appellation, cette m\u00e9decine reste surtout mal connue, car mal servie par une documentation pauvre, et son image r\u00e9duite \u00e0 quelques clich\u00e9s : le discours de Cassiodore aux religieux de Vivarium, le plan de Saint-Gall et son jardin de simples, ou encore, \u00e0 l\u2019extr\u00eame fin de la p\u00e9riode, l\u2019embl\u00e9matique figure de l\u2019abbesse Hildegarde de Bingen, th\u00e9ologienne, musicienne et autrice de trait\u00e9s m\u00e9dicaux. Sans pr\u00e9tendre \u00e9clairer toutes les facettes de cette pratique et du savoir qui la sous-tendit, l\u2019expos\u00e9 tentera d\u2019en brosser certains contours, avec entre autres fils conducteurs, la question du rapport qu&rsquo;entretint cette m\u00e9decine avec le savoir m\u00e9dical antique, sorte de paradis perdu auquel l\u2019\u00c9cole de Salerne rouvrira plus tard les voies d\u2019acc\u00e8s.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Levon DOURSOUNIAN<\/strong>\u00a0: <em>Les avatars de l\u2019H\u00f4tel-Dieu de Paris<\/em><br \/>\n<blockquote><p>L\u2019H\u00f4tel-Dieu de Paris occupe dans l\u2019\u00cele de la Cit\u00e9 un rectangle bord\u00e9 au sud, par le Parvis Notre-Dame, au nord par le quai de la Corse, \u00e0 l\u2019ouest et \u00e0 l\u2019est par les rues de la Cit\u00e9 et d\u2019Arcole. Il a \u00e9t\u00e9 construit \u00e0 partir de 1866 sur l\u2019ancien quartier des Ursins qui a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement ras\u00e9. Le plan g\u00e9n\u00e9ral du b\u00e2timent hospitalier, dit en double peigne, est celui esquiss\u00e9 par l\u2019architecte Poyet au XVIIIe\u00a0s. et mis en \u0153uvre par Gilbert et Diet. La disposition des locaux est conforme aux id\u00e9es des hygi\u00e9nistes du XIXe\u00a0s. Il a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9 en 1877 par Mac Mahon sous la IIIe\u00a0R\u00e9publique.<br \/>\nAuparavant, l\u2019H\u00f4tel-Dieu m\u00e9di\u00e9val se situait de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du Parvis actuel et sa construction avait \u00e9t\u00e9 contemporaine de celle de Notre-Dame (XIIe-XIIIe\u00a0s.). La Maison-Dieu \u00e0 ses d\u00e9buts longeait le bras sud de la Seine et s\u2019est \u00e9tendu au cours des si\u00e8cles. Elle a progressivement enjamb\u00e9 le fleuve pour finalement, au XVIIIe\u00a0s., s\u2019incorporer son bras sud. Un grand incendie survenu en 1772 a totalement d\u00e9truit l\u2019H\u00f4tel-Dieu m\u00e9di\u00e9val. Apr\u00e8s de longues pol\u00e9miques sur le choix du lieu de reconstruction, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de le restaurer sur place. Le visage de l\u2019H\u00f4tel-Dieu durant toute la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIXe\u00a0s. \u00e9tait celui d\u2019une aust\u00e8re caserne avec une entr\u00e9e n\u00e9oclassique caract\u00e9ristique, ouverte sur le parvis. L\u2019H\u00f4tel-Dieu \u00e9tait alors le phare de la chirurgie occidentale en raison de la r\u00e9putation de ses chirurgiens. Guillaume Dupuytren a \u00e9t\u00e9 la figure dominante de ce rayonnement chirurgical et sa statue imposante scrute la cour centrale de l\u2019h\u00f4pital actuel. La r\u00e9organisation urbaine de l\u2019\u00cele de la Cit\u00e9 imposait la destruction de l\u2019ancien H\u00f4tel-Dieu. Le choix du site actuel a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par Napol\u00e9on\u00a0III et le baron Haussmann afin de le maintenir au voisinage de Notre-Dame tout en d\u00e9gageant la vue sur la cath\u00e9drale.<br \/>\nL\u2019H\u00f4tel-Dieu d\u2019aujourd\u2019hui a h\u00e9berg\u00e9 de nombreux chirurgiens c\u00e9l\u00e8bres. Nous \u00e9voquons particuli\u00e8rement la m\u00e9moire de deux d\u2019entre eux car ils ont laiss\u00e9 leur nom sur les murs de l\u2019h\u00f4pital\u00a0: Just Lucas-Championni\u00e8re et Aim\u00e9 Guinard.<br \/>\nA la fin du XXe\u00a0s., la d\u00e9mographie parisienne, l\u2019organisation urbaine et la modernisation des techniques de soins ne permettaient plus le maintien d\u2019une pareille structure hospitali\u00e8re au c\u0153ur de la Cit\u00e9, de sorte qu\u2019au d\u00e9but du XXIe\u00a0s. quasiment toute l\u2019hospitalisation avait quitt\u00e9 le b\u00e2timent.<br \/>\nActuellement, l\u2019Assistance publique-H\u00f4pitaux de Paris entreprend une ambitieuse r\u00e9novation de l\u2019\u00e9tablissement autour de 3\u00a0axes principaux\u00a0: m\u00e9dico-social, recherche et commercial qui permet de financer l\u2019ensemble du projet.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Jean-Pierre DEDET<\/strong>\u00a0: <em>Charles de L\u2019\u00c9cluse (1526-1609), itin\u00e9raire d\u2019un m\u00e9decin naturaliste de Montpellier \u00e0 Leyde<\/em><br \/>\n<blockquote><p>Le botaniste voyageur Charles de l\u2019\u00c9cluse, ou Clusius (1526-1609), flamand d\u2019origine fran\u00e7aise, naquit \u00e0 Arras. Il \u00e9tudia d\u2019abord dans plusieurs villes, avant de s\u2019inscrire au Coll\u00e8ge Royal de M\u00e9decine de Montpellier, nom qu\u2019avait pris l\u2019Universit\u00e9 m\u00e9dicale fond\u00e9e en 1220 par le cardinal Conrad d\u2019Urach, l\u00e9gat du pape Honorius\u00a0III.<br \/>\n\u00c0 Montpellier, l\u2019enseignement m\u00e9dical, h\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine de Salerne et enrichi des influences juives et arabes, avait \u00e9t\u00e9 d\u2019abord principalement bas\u00e9 sur l\u2019\u00e9tude des auteurs anciens\u00a0; mais gr\u00e2ce au courant de pens\u00e9e humaniste du XVe\u00a0s. qui repla\u00e7a la nature au centre du savoir, l\u2019histoire naturelle acquit une place centrale dans l\u2019enseignement. Cette orientation naturaliste fut d\u00e9terminante dans le d\u00e9veloppement des disciplines d\u2019observation du vivant que sont l\u2019anatomie et de la botanique. Le XVIe\u00a0s. fut l\u2019\u00e9poque des m\u00e9decins naturalistes, parmi lesquels Guillaume Rondelet (1507-1566) occupa une place pr\u00e9pond\u00e9rante.<br \/>\nM\u00e9decin \u00e0 la fois anatomiste, zoologiste et botaniste, Rondelet fut r\u00e9gent du Coll\u00e8ge royal de m\u00e9decine de Montpellier \u00e0 partir de 1545, puis chancelier de 1556 \u00e0 sa mort. Il fut un remarquable chef d\u2019\u00e9cole gr\u00e2ce auquel la botanique connut un d\u00e9veloppement exceptionnel \u00e0 Montpellier avec de grands noms tels Pierre Richer de Belleval et son Jardin botanique royal, puis Pierre Magnol au XVIIe\u00a0s. Rondelet sut attirer et former \u00e0 Montpellier de nombreux botanistes dont certains, tels Charles de l\u2019\u00c9cluse, mais aussi Jacques Dal\u00e9champs, Mathias de Lobel, les fr\u00e8res Bauhin ou encore Conrad Gesner, essaim\u00e8rent dans divers pays d\u2019Europe, portant loin la renomm\u00e9e de l\u2019\u00c9cole de Montpellier.<br \/>\nCharles de l\u2019\u00c9cluse fut l\u2019\u00e9l\u00e8ve de Rondelet, durant ses trois ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes m\u00e9dicales \u00e0 Montpellier, o\u00f9 il obtint le doctorat en 1559. Apr\u00e8s plusieurs voyages d\u2019herborisation dans divers pays d\u2019Europe, il s\u00e9journa \u00e0 Vienne durant 14\u00a0ans, aupr\u00e8s des empereurs du Saint-Empire, dont il dirigea le jardin botanique. Il devint, en 1593, professeur de botanique \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Leyde et directeur du jardin botanique de cette ville.<br \/>\nCharles de l\u2019\u00c9cluse d\u00e9crivit de fa\u00e7on vraiment scientifique plusieurs milliers de v\u00e9g\u00e9taux, d\u2019o\u00f9 son surnom de \u00ab\u00a0prince des descripteurs\u00a0\u00bb. Il fut le fondateur de la mycologie et de l\u2019horticulture modernes.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union du 15 d\u00e9cembre 2023<\/strong><\/h2>\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure)<\/h3>\n<p><strong>Fran\u00e7ois BOLLER<\/strong> : <em>Effets du vieillissement et des l\u00e9sions c\u00e9r\u00e9brales chez les artistes<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Au cours de cette pr\u00e9sentation (co-auteur N.\u00a0Caputi, Rome ) nous revisiterons les trois\u00a0artistes qui avaient fait l&rsquo;objet du fameux m\u00e9moire de Th\u00e9ophile Alajouanine (1948)\u00a0: Valery Larbaud et son aphasie insolite\u00a0; Paul Gernez et l\u2019influence de son accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral (AVC) sur ses \u0153uvres\u00a0; Maurice Ravel et l\u2019effet de sa maladie, toujours \u00e9nigmatique, sur sa production musicale. Nous discuterons \u00e9galement l\u2019effet du vieillissement c\u00e9r\u00e9bral chez les peintres (en particulier Claude Monet) ainsi que celui des AVC en contrastant les l\u00e9sions des h\u00e9misph\u00e8res gauche et droit.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Communications (20 minutes)<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Philippe ALBOU<\/strong> : <em>Maxime Laignel-Lavastine\u00a0: un parcours original dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle<\/em><br \/>\n<blockquote><p>&nbsp;<\/p>\n<p>Maxime Laignel-Lavastine (1875-1853), ancien pr\u00e9sident de notre Soci\u00e9t\u00e9, fut auteur de plus de mille publications dans des domaines aussi vari\u00e9s que la neurologie, la psychiatrie, la criminologie ou l\u2019histoire de la m\u00e9decine. Cet expos\u00e9 reprendra en partie le chapitre que nous lui avons consacr\u00e9 dans la revue <i>e.SFHM<\/i> n\u00b04-2023, avec en particulier la pr\u00e9sentation des caricatures parues dans <i>Chanteclair<\/i> et dans <i>Ridendo<\/i>, enrichi de commentaires et de nombreuses citations, afin d\u2019illustrer son parcours original et l\u2019image positive qu\u2019il avait aupr\u00e8s de ses confr\u00e8res.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Fazia CHELIOUT-H\u00c9RAUT<\/strong>\u00a0: <em>Le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9ral Pierre-Alphonse HUARD (1901-1983)<\/em><br \/>\n<blockquote><p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9ral Pierre Alphonse Huard (1901-1983) fut le parfait repr\u00e9sentant de la m\u00e9decine militaire coloniale fran\u00e7aise au XXe\u00a0si\u00e8cle. Sorti major en 1924 de l\u2019\u00c9cole de sant\u00e9 navale de Bordeaux, prosecteur de chirurgie \u00e0 la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de Bordeaux, il fut affect\u00e9 en Syrie en 1925, o\u00f9 il proc\u00e9da \u00e0 de nombreuses \u00e9vacuations de bless\u00e9s \u00e0 dos de mulets b\u00e2t\u00e9s de cacolets lors des gu\u00e9rillas men\u00e9es par les Druzes. Rapatri\u00e9 sanitaire de Syrie en 1927, il fut re\u00e7u \u00e0 l\u2018agr\u00e9gation de la chaire de clinique chirurgicale et de chirurgie de guerre en 1928 et enseigna \u00e0 l\u2019\u00c9cole d\u2019application du Pharo \u00e0 Marseille jusqu\u2019\u00e0 sa nomination en Indochine en 1933 o\u00f9 il resta jusqu\u2019en 1955. Devenu professeur agr\u00e9g\u00e9 en chirurgie et enseignant \u00e0 l\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine de Hanoi, il fut mobilis\u00e9 en 1939, et se trouva par hasard \u00e0 Dakar lors de la tentative de d\u00e9barquement des Forces fran\u00e7aises libres en 1940. Il connut l\u2019occupation japonaise en Indochine de 1940 \u00e0 1945 puis les douloureux combats de la guerre d\u2019Indochine de 1946 \u00e0 1954. Son prestige d\u2019enseignant et son empathie pour le peuple indochinois lui permit la d\u00e9livrance sous l\u2019\u00e9gide de la Croix-Rouge internationale de plusieurs centaines de soldats fran\u00e7ais bless\u00e9s prisonniers du Vietminh. De retour en France, il fut recteur fondateur de l\u2019universit\u00e9 d\u2019Abidjan en C\u00f4te d\u2019Ivoire (1964 \u00e0 1966) puis de 1970 \u00e0 1979 directeur de la Facult\u00e9 de m\u00e9decine des Saints-P\u00e8res (Universit\u00e9 Paris Cit\u00e9). Homme de grande culture, passeur de connaissances dans une dimension universelle, \u00e0 l\u2019origine de nombreux articles scientifiques et ouvrages m\u00e9dicaux et historiques, il devint pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise d\u2019histoire de la m\u00e9decine. Le destin a voulu qu\u2019il connaisse une fin tragique \u00e0 proximit\u00e9 de l\u2019h\u00f4pital militaire du Val-de-Gr\u00e2ce o\u00f9, par la suite, les derniers honneurs lui furent rendus en pr\u00e9sence des plus hautes autorit\u00e9s civiles et militaires.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Chantal QUEVILLY<\/strong>\u00a0: <em>Ernest Hamy et les Pays-Bas, en particulier, la ville de Leyde<\/em><br \/>\n<blockquote><p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ernest Hamy, n\u00e9 en 1842, fut le deuxi\u00e8me pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise d\u2019histoire de la m\u00e9decine, de 1905 \u00e0 1907. M\u00e9decin, ethnologue, il re\u00e7ut la mission de visiter les mus\u00e9es d\u2019ethnographie existant dans diverses capitales dont Leyde. Il entretenait une correspondance avec C.\u00a0Leemans, \u00e9gyptologue n\u00e9erlandais, et fit son ex-libris d\u2019une gravure tir\u00e9e des <i>Observationes Medic\u00e6<\/i> (1641), de Nicolaus Tulpius, professeur de l\u2019Universit\u00e9 de Leyde.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2><strong>R\u00e9union du 24 novembre 2023<\/strong><\/h2>\n<ul>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rence invit\u00e9e<\/h3>\n<p><strong>David LABREURE<\/strong> : <em>C\u00e9line, un m\u00e9decin \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre<\/em><\/p>\n<blockquote><p>M\u00e9decin et \u00e9crivain: c&rsquo;est bel et bien dans une \u00ab double vie \u00bb que s&rsquo;est engag\u00e9 Louis Ferdinand Destouches, dit C\u00e9line. Praticien touche \u00e0 tout, de l&rsquo;hygi\u00e9nisme international \u00e0 la m\u00e9decine de dispensaire, de la recherche \u00e0 la mise au point de m\u00e9dicaments, peu d&rsquo;aspects de la pratique m\u00e9dicale lui sont \u00e9trangers. L&rsquo;exp\u00e9rience m\u00e9dicale du Docteur Destouches a \u00e9t\u00e9 un terreau fertile pour l&rsquo;\u0153uvre litt\u00e9raire de C\u00e9line mais c&rsquo;est \u00e9galement en m\u00e9decin qu&rsquo;il parle aussi dans ses terribles pamphlets antis\u00e9mites. C&rsquo;est ce continuel dialogue \u00e0 trois voix entre l&rsquo;homme, le m\u00e9decin et l&rsquo;\u00e9crivain que nous tenterons de restituer.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li>\n<h3>Conf\u00e9rences de 20 minutes<\/h3>\n<ol>\n<li><strong>Jacques CHEVALLIER<\/strong> : <em>Claude Bernard et la litt\u00e9rature<\/em><br \/>\n<blockquote><p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab Les lettres sont les s\u0153urs ain\u00e9es des sciences \u00bb, dit Claude Bernard (1813-1878) dans son discours de r\u00e9ception \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise. Une vocation litt\u00e9raire avec l\u2019\u00e9criture pr\u00e9coce de deux pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre encadrera sa vie de scientifique. Mais la publication posthume <em>d\u2019Arthur de Bretagne<\/em>, cher \u00e0 son c\u0153ur, est finalement retir\u00e9e du commerce par sa veuve et ses enfants.<\/p>\n<p>Claude Bernard rencontre ou c\u00f4toie de nombreux \u00e9crivains, notamment dans les salons mondains : Prosper M\u00e9rim\u00e9e, Th\u00e9ophile Gauthier, les Goncourt, Edmond About, Ernest Renan, \u00c9mile Littr\u00e9, Charles-Augustin Sainte-Beuve ; puis aussi \u00e0 la coupole lorsqu\u2019il si\u00e8ge \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode exp\u00e9rimentale et le concept de milieu int\u00e9rieur sont r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s massivement par la critique litt\u00e9raire. Bien devant Louis Pasteur, Claude Bernard est le quatri\u00e8me scientifique le plus cit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Au-del\u00e0 de la litt\u00e9rature, son influence va toucher la philosophie avec Henri Bergson et la sociologie avec \u00c9mile Durkheim. La philosophie de Cl. Bernard, fond\u00e9e sur le d\u00e9terminisme, a eu une importance capitale.<\/p>\n<p><em>Le Roman exp\u00e9rimental<\/em> d\u2019\u00c9mile Zola, paru en 1880, se r\u00e9f\u00e8re enti\u00e8rement \u00e0 l\u2019<em>Introduction \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la m\u00e9decine exp\u00e9rimentale <\/em>de 1865. Il est \u00e0 la base de de la th\u00e9orisation du mouvement naturaliste.<\/p>\n<p>Gustave Flaubert, Edmond About, les fr\u00e8res Goncourt, L\u00e9on Daudet, Charles Baudelaire, Jules Verne, Fiodor Dosto\u00efevski, Jules Romains, etc. ont \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9s ou ont comment\u00e9 Claude Bernard. On lui a m\u00eame attribu\u00e9 une amiti\u00e9 imaginaire avec Honor\u00e9 de Balzac.<\/p>\n<p>Si l\u2019on peut qualifier Claude Bernard, \u00e9minent physiologiste de \u00ab fondateur de la m\u00e9decine moderne \u00bb, ses rapports avec la litt\u00e9rature sont moins connus, intimes, sinc\u00e8res et finalement beaucoup plus importants qu\u2019il n\u2019y para\u00eet !<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Louis-Fran\u00e7ois GARNIER<\/strong> : <em>La singuli\u00e8re activit\u00e9 du Docteur Horace Bianchon<\/em><em> par Honor\u00e9 de Balzac (1799-1850)<\/em><br \/>\n<blockquote><p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les derni\u00e8res paroles de l\u2019\u00e9crivain fran\u00e7ais Honor\u00e9 de Balzac (1799-1850), avant sa mort, furent : \u00ab <em>Il me faudrait Bianchon <\/em>\u00bb, mais le Docteur Horace Bianchon ne vint pas car il \u00e9tait une personne fictive en \u00e9tant l\u2019un des personnages qui revient le plus souvent dans l\u2019\u0153uvre de Balzac qu\u2019est <em>La Com\u00e9die humaine<\/em>. M\u00eame si l\u2019anecdote reste hypoth\u00e9tique, elle signifie que, pour Balzac, la fiction coexistait avec la r\u00e9alit\u00e9 dans une sorte de contraction de l\u2019espace-temps. L\u2019activit\u00e9 romanesque d\u2019Horace Bianchon, d\u2019abord en tant que pauvre \u00e9tudiant \u00e0 Paris, puis comme m\u00e9decin renomm\u00e9, fut singuli\u00e8re, en prenant soin des patients selon les possibilit\u00e9s des traitements m\u00e9dicaux en ce d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle.<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<li><strong>Jacques ROU\u00cbSS\u00c9<\/strong> : <em>Les docteurs Proust<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9union de la SFHM le 12 juin 2026 Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine, 16, rue Bonaparte, Paris VI, 14h-17h M\u00e9tro, stations Saint-Germain-des-Pr\u00e9s et Mabillon &#8211; Bus, lignes 39 et 95 Programme et r\u00e9sum\u00e9s de la prochaine r\u00e9union Conf\u00e9rence invit\u00e9e (une heure) Jacqueline VONS \u2013 Savoir et s\u00e9duction dans la Fabrique (1543) d\u2019Andr\u00e9 V\u00e9sale Les sept livres &hellip; <a href=\"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/programmes-des-prochaines-seances\/\">Continued<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-1514","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1514","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1514"}],"version-history":[{"count":39,"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1514\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1920,"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1514\/revisions\/1920"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1514"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1514"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/numerabilis.u-paris.fr\/partenaires\/sfhm\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1514"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}