Note [18]
Parlant de la veine cave supérieure, Jean Pecquet a comparé le mélange du chyle au sang avec celui de l’eau au vin dans la troisième conclusion qu’il a tirée de l’expérience iii de sa Dissertatio anatomica, publiée en 1654 (pages 123‑124).
Charles Le Noble confirmait ici très clairement sa brillante intuition qu’une importante partie du chyle gagne le foie en se mêlant au sang des veines mésaraïques (v. supra note [17]), ce qui le rend invisible, et non pas en empruntant les lactifères mésentériques, étant donné qu’aucun d’eux ne gagne ce viscère. Dans la fin de cette première partie de sa lettre, il convient que le reste du chyle gagne le cœur en passant par la voie thoracique mise au jour par Pecquet ; il spécule ensuite sur des notions de chaleur et de froideur qui ont depuis perdu toute pertinence médicale.
La publication de cette lettre par Jean ii Riolan est à mettre à son crédit car elle était parfaitement justifiée ; et voilà bien récompensés mes laborieux efforts de traduction et d’interprétation (v. supra note [2]), et aussi ceux du lecteur qui ne s’est pas laissé décourager par la prose initialement rébarbative de Le Noble.
"Jean Pecquet et la Tempête du chyle (1651-1655), édité par Loïc Capron." est mis à disposition selon les termes de la
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