Note [7]
John Selden (v. note Patin 36/224), De Iure naturali et gentium, iuxta Disciplinam Ebræorum, libri septem [Sept livres sur le Droit naturel et des peuples, suivant l’enseignement des Hébreux] (Londres, Richard Bishop, 1640, in‑fo), livre iv, chapitre v, Vtrum Zelotarum Jus in Negotiatoribus et Nummulariis flagello à D.N. Jesu Christo è Templo ejiciendis, locum habuerit [Le droit des Zélotes a-t-il donné raison à Notre Seigneur Jésus-Christ de chasser les marchands et les changeurs du Temple en brandissant un fouet ?], avec trois passages du Nouveau Testament (pages 491 et 497), dont j’ai emprunté la traduction à l’École biblique de Jérusalem.
Et prope erat pascha Iudæorum et ascendit Hierosolyma Iesus et invenit in templo vendentes boves et oves et columbas, et nummularios sedentes flagello, quod de funiculis ipse fecit, omnes eiecit de Templo, oves quoque et boves et nummulariorum effudit æs, et mensas subvertit, et eis, qui columbas vendebant, dixit auferte ista hinc, et nolite facere domum patris mei domum negotiationis.« La Pâque des Juifs approchait. Jésus monta à Jérusalem. Il trouva dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs assis à leurs comptoirs. Se faisant un fouet de cordes, il les chassa tous du Temple, avec leurs brebis et leurs bœufs ; il dispersa la monnaie des changeurs, renversa leurs tables et fit aux vendeurs de pigeons :“ Ôtez cela d’ici. Ne faites plus de la maison de mon Père une maison de commerce. ” »
scriptum est Domus mea Domus orationis vocabitur, vos autem fecistis eam speluncam latronum.« Il est écrit : “ Ma maison sera appelée maison de prière ” ; et vous, vous en faites “ un repaire de brigands ” ! »
Nonne scriptum est quod Domus mea Domus orationis vocabitur omnibus gentibus ? vos autem fecistis, etc.« N’est-il pas écrit : “ Ma maison sera appelée une maison de prières pour toutes les nations ”, et vous, vous en avez fait “ un repaire de brigands ” ! »
Parlant de Jésus, Selden dit aussi (page 491) : ex Zelotarum jam dicto jure, quicquid sic à capite sanctissimo, sed interea invisissimo, præstitum est, planè licitum haberetur [Selon le susdit droit des zélotes, il faut tenir pour licite tout ce qui a été ainsi accompli par un chef parfaitement saint, sans qu’on l’ait encore jamais vu]. Sa référence à Selden pousse à croire que Jean ii Riolan ne se tenait pas seulement pour un zélote (jaloux gardien de l’orthodoxie religieuse), mais aussi pour le Christ chassant les marchands du Temple.
"Jean Pecquet et la Tempête du chyle (1651-1655), édité par Loïc Capron." est mis à disposition selon les termes de la
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