Texte : Clypeus
de Guillaume de Hénault,
alias Jean Pecquet (1655),
1re de cinq parties

Note [12]

Sans surprise, étant donné sa faible ancienneté d’alors sur le tableau des docteurs régents, les Commentaires F.M.P. ne citent pas Jacques Mentel parmi les professeurs de chirurgie qui ont été élus entre la création de cette chaire en 1634 (vnote Patin 71/8187) et 1647. Cette erreur grossière du Clypeus ne plaide pas pour son attribution à Mentel et dirige les soupçons vers Jean Pecquet.

La notice de Denis Fournier dans la Liste funèbre des chirurgiens de Paris, {a} est franchement sidérante (pages 129‑130) :

« né à Lagny, {b} était versé dans la mécanique des instruments dont la chirurgie se sert au défaut des organes qui manquent au corps par vice de conformation ou par accident. Il entreprenait volontiers la cure des maladies dont ses confrères avaient de la répugnance à se charger. Il composa plusieurs traités d’anatomie et de chirurgie, et principalement de la manière de réduire les fractures et les dislocations des os avec le secours des machines que fournit la mécanique ; mais ces ouvrages, pour être écrits avec peu de politesse dans un temps où la langue se trouvait au plus haut point de sa pureté, manquèrent de lecteurs qui pussent s’accommoder d’un style non seulement très dur, mais où il semble même que l’on ait pris plaisir d’insérer ce qu’un grec mal francisé a de plus barbare et de plus propre à rebuter ceux qu’une patience à toute épreuve pourrait, par une pénitence, engager à lire ces écrits, aussi bien que ce qu’il a donné sur les accouchements ; et comme le papier dont on s’est servi pour ces éditions répond parfaitement à la rudesse et à l’obscurité du style, on peut croire que les imprimeurs, au temps du carnaval, se sont divertis à faire sortir de leurs presses des feuilles habillées en masque pour réjouir le public par des grotesques de leur profession, tant par rapport au discours, vignettes, figures, qu’à la ridicule fabrique de l’impression. Il mourut le 15e novembre de l’année 1683. {c} Il a eu un fils docteur en médecine qui était aussi brouillé avec son art que son père l’avait été avec sa chirurgie. »


  1. Adaptation française manuscrite de l’Index funereus (page 62) imprimé à Trévoux et vendu à Paris chez Stephanus Ganeau, 1714, in‑12o, dont la notice élogieuse ne contient aucun blâme.

  2. Vnote Patin 8/27.

  3. Dans une de ses lettres de 1658 (vnote Patin 13/514), Guy Patin a parlé de Fournier comme chirurgien appelé auprès du prince de Condé souffrant de suppression d’urine.

Ce texte hors du commun m’a conduit à L’Anatomie pacifique nouvelle et curieuse. Conforme à la doctrine d’Hippocrate et de Galien, qui donne les moyens d’accorder les récents avec les anciens, par des expériences nouvelles, principalement touchant les actions du cœur et des poumons, et plusieurs œuvres chirurgicales, {a} qui traite du réservoir du chyle en deux endroits.


Jean Pecquet et la Tempête du chyle (1651-1655), édité par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Texte : Clypeus
de Guillaume de Hénault,
alias Jean Pecquet (1655),
1re de cinq parties, note 12.

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(Consulté le 21/02/2026)

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