Note [17]
Charles Le Noble parlait bien ici des veines sanguines mésaraïques (v. infra note [18]), et non des lactifères mésentériques. Son argument, bien que timide, car exposé au conditionnel, est admirablement pertinent : en période de digestion, le débit sanguin dans ces veines devrait être supérieur à celui du tronc cœliaque et de l’artère mésentérique supérieure car au sang s’ajoute une partie du chyle issu de la digestion et de l’absorption des aliments, à l’exception de leur partie graisseuse. Le Noble frôlait donc la notion des deux chyles, hydrosoluble (glucido-protidique) et liposoluble (graisseux), telle qu’elle est expliquée dans la note [2] de l’Historia anatomica de Thomas Bartholin, chapitre xv. Le raisonnement du sagace médecin de Rouen se fondait néanmoins sur une faille, car la physiologie moderne a établi que le débit artériel mésentérique augmente nettement en période digestive afin d’apporter aux intestins l’énergie dont ils ont besoin pour faire face à l’afflux de substances à absorber.
L’argument suivant, qui clôt leur liste, ne mérite pas ce compliment.
"Jean Pecquet et la Tempête du chyle (1651-1655), édité par Loïc Capron." est mis à disposition selon les termes de la
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