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La dénomination de ces deux monstres est transparente : ils
font partie intégrante de la querelle religieuse opposant les protestants aux
catholiques et présentent une charge contre l'église catholique. Les monstres
comme créatures liées à la volonté divine, telle est la conception que
reprennent Luther et Melanchthon dans leur petit livre relatif à la
signification de l' "âne-pape" de Rome et du "veau-moine" de Freiberg :
Deuttung der zwo drewlichen Figuren, Bapstesels zu Rom und Munchkalbs zu
Freyerberg in Meyssen funden.
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Luther fait naître le "veau-moine" à Freiberg,
en Saxe, le 8 décembre 1522. Ce veau avait, près de sa tête très ronde et
"monstrueuse", une excroissance de chair et de peau qui "ressemblait" à un
capuchon de moine.
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L'âne-pape est quant à lui un être composite extravagant,
comme le montre la gravure de Lucas Cranach.
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Lycosthenes
p. 529 |
Cranach |
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Mais il est présenté comme ayant été trouvé sur les rivages
du Tibre en 1496 après une grande crue...
Ces gravures réunies dans un opuscule sont particulièrement
intéressantes parce que de ces deux " monstres " présentés comme des "
prodiges " de la nature, un seul pourrait avoir existé, le veau, avec son
excroissance de chair. Mais sa station droite n'a manifestement pas pu être
observée. L'autre monstre, l'âne-pape a été inventé pour les besoins de la
polémique. Dans ce texte, les monstres sont envisagés comme des " signes " et
ils servent de support à une lecture symbolique, ici au ton nettement
polémique.
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