10/16

Sans donner d'illustrations, Ambroise Paré mentionne aussi des exemples de monstres "qui se font par les maladies héréditaires" (bossus et boîteux en particulier), et des "choses monstrueuses qui sont advenues en maladies accidentelles". Il traite également des "pierres qui s'engendrent au corps humain" et fait représenter d'une part, celle, grosse comme un poing, extraite de la vessie d'un pâtissier de Montargis, et d'autre part, les trois pierres de couleur blanche, de "grosseur chacune d'un bien gros œuf de poule", extraites en 1566 de la vessie d'un homme de Marly, surnommé "Tire-vit". Ces pierres furent montrées au roi de France, et on "en cassa une avec un marteau de tapissier, au milieu de laquelle fut trouvée une autre ressemblant à un noyau de pêche". Paré les a fait soigneusement représenter, puisqu'elles lui furent données "pour mettre à son Cabinet, comme choses monstrueuses".

Paré
p. 1043
   

   

Paré examine ensuite "De certaines choses étranges que Nature repousse par son incompréhensible providence". Il dénonce des impostures sur des animaux ou êtres humains qui se prétendent monstrueux, comme ce "méchant coquin", qui, près d'Angers, en 1525, avait "coupé le bras d'un pendu, encore puant et infect, lequel il avait attaché à son pourpoint, étant appuyé d'une fourchette contre son côté". Ayant caché " on bras naturel derrière son dos, couvert de son manteau", ce "gueux de l'ostière", faisait l'aumône en prétendant que le bras du pendu était le sien. La supercherie découverte, il fut condamné au fouet, "ayant le bras pourri pendu à son cou, devant son estomac, et banni à jamais du pays". Puis Paré cite des exemples de "choses monstrueuses faites par les Démons et sorciers", et "De ceux qui sont possédés des Démons qui parlent en diverses parties de leurs corps". A propos de ces derniers, il écrit : "Les actions de Satan sont supernaturelles et incompréhensibles, passant l'esprit humain, n'en pouvant rendre raison non plus que de l'aimant qui attire le fer et fait tourner l'aiguille."