Avec le retour du printemps, les bibliothécaires du service Histoire ont décidé de jeter un œil neuf sur ce dossier. Pour satisfaire les voyeurs délaissés qui se languissaient de ne plus rien avoir à voir, ni à afficher sur les murs de leur bureau pour connaître le jour du mois.
À la manière d’une vision périphérique, ce n’est pas un corps en son entier qui sera exposé à votre regard pour ce premier épisode (car en avril…). Visons plutôt un organe, et pas des moindres. C’est donc un œil, ou plutôt des yeux, qui vous seront donnés à voir. L’œil de Bartisch, affectueusement surnommé Ababa, et ses petits frères.
Ils sont issus du Ophthalmodouleia Das ist Augendienst de Georg Bartisch. Ce médecin allemand, féru de chirurgie oculaire, publia son ouvrage en 1583, manuel de référence sur les troubles ophtalmiques. Ces illustrations sont à retrouver dans notre banque d’images gratuites, plus de 200.000 documents librement téléchargeables sur notre site.
Les plus perspicaces d’entre vous auront vu que c’est également de cet ouvrage qu’était issue notre très cérébrale carte de vœux 2017.
Après l’annonce des informations relatives à l’actualité de la SHP et de l’histoire de la pharmacie par le secrétaire général Bruno Bonnemain, quatre interventions se sont succédé durant cette séance présidée par le professeur Olivier Lafont, président de la SHP.
The Bolduc House Museum, Sainte Genevieve, Missouri
Bruno Bonnemain a fait le récit d’un séjour de plusieurs mois effectué en Amérique du Nord, à la découverte des monuments historiques et musées consacrés à l’histoire de la pharmacie. Parmi les lieux remarquables qu’il a eu la chance de visiter, on citera la Maison Bolduc à Sainte Geneviève dans le Missouri, le Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal ou encore le Monastère des Augustines à Québec.
Remy Bellenger : Le Laboratoire Dausse, une histoire de familles, 1824-1929
Remy Bellenger a retracé l’histoire d’une entreprise familiale florissante, le Laboratoire Dausse, à l’occasion de la parution de son ouvrage Le Laboratoire Dausse : une histoire de familles (1824-1929) publié aux éditions L’Hexaèdre. À partir de ses archives familiales et de nombreuses sources historiques, il a pu reconstituer le parcours de son ancêtre Amans Dausse, pharmacien de métier. Propriétaire d’une officine située au 10, rue de Lancry à Paris, Amans Dausse rencontre un certain succès dans la fabrication et la vente de remèdes et médicaments. En 1834, il fonde le Laboratoire Dausse, spécialisé dans la fabrication de médicaments à base de plantes.
Vous pouvez découvrir la suite de cette saga industrielle et familiale en vous procurant l’ouvrage de Remy Bellenger ici.
Bruno Bonnemain : Le Journal de pharmacie et de chimie en 1917
Bruno Bonnemain, Secrétaire général de la SHP, a analysé la publication du Journal de pharmacie et de chimie au cours de l’année 1917, à travers le prisme de la Grande Guerre. Les nouvelles du front et le contexte politique et idéologique de l’époque influent sur le contenu d’une publication spécialisée, à travers des articles portant sur des sujets d’ordre technique (rôle des vêtements dans l’infection des blessures de guerre, accès à l’eau potable sur le front…) ou plus général (l’industrie pharmaceutique en Russie, la production des alcaloïdes en temps de guerre…). En parallèle à l’événement, le Journal de pharmacie et de chimie maintient une politique éditoriale plus classique en abordant des thèmes connexes tels que la chimie alimentaire avec la polémique autour du lait écrémé par exemple, ou encore l’histoire de la pharmacie.
Sophie Jacqueline : Étude pharmaco-archéologique des baumes de momification en Égypte ancienne
Bec d’ibis momifié, collection privée
Sophie Jacqueline, lauréate du prix de thèse de la Société française d’histoire de la médecine, nous a présenté l’étude pharmaco-archéologique qu’elle a réalisée dans le cadre de sa thèse d’exercice sur les baumes de momification en Égypte ancienne. De nouvelles méthodes d’analyse permettent de mieux connaître les méthodes de momifications, ainsi que la composition des baumes et des substances participant à la conservation des corps. Cette étude a été conduite selon un cadre méthodologique très strict, composé successivement d’un examen macroscopique, d’un examen scannographique, d’un examen à loupe binoculaire, d’une analyse élémentaire et enfin d’une analyse chromatographique. L’examen d’artefacts et de crânes de momies datant de l’Égypte ancienne permet d’affiner et d’approfondir les connaissances historiques et scientifiques relatives aux techniques d’embaumement. Sophie Jacqueline poursuit actuellement ses études dans le cadre d’un doctorat à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines sur l’apport des techniques médico-légales dans l’art premier.
Pour en savoir plus : Jacqueline, Sophie. « Les produits d’embaumement égyptiens : nouvelles données pharmacologiques ». Histoire des sciences médicales, 2016, Vol. 50 (1), pp. 43-52.
Olivier Lafont : Masséot Abaquesne en vente publique à Paris, durant le dernier quart du XXe siècle
Vase bi-ansé préempté par le Musée de la Renaissance, vente Ricqlès Drouot, 20 octobre 1996
Olivier Lafont a reconstitué le parcours de pots de pharmacie décorés par le célèbre faïencier du XVIe siècle Masséot Abaquesne dans une série de ventes publiques qui se sont tenues à Paris durant le dernier quart du XXe siècle. Ces pots, dont certains peuvent être identifiés avec exactitude grâce à la signature du maître, se caractérisent par l’emploi de motifs en rinceaux et de figures de profil, typiques de l’école de faïencerie rouennaise de la Renaissance. Leur cote marchande a varié au cours des décennies en fonction de leur originalité, de leur rareté et de leur état, ainsi que de la fiabilité de leur attribution à Abaquesne. Ces pots ont circulé de collections privées en collections privées, réapparaissant occasionnellement lors de ventes publiques au cours des dernières décennies, jusqu’à rejoindre les collections publiques de musée pour certains d’entre eux. À travers l’histoire de ces objets se dessine en filigrane l’histoire du marché de l’art à la fin du XXe siècle.
Pour ceux d’entre vous qui souhaitent admirer de plus près les œuvres de Masséot Abaquesne, une exposition intitulée « Masséot Abaquesne, l’éclat de la faïence à la Renaissance » se tient actuellement et jusqu’au 23 avril prochain au Musée de la Céramique de Rouen.
La prochaine séance de la Société d’histoire de la pharmacie se tiendra le mercredi 7 juin 2017.
Un colloque intitulé «La médecine judiciaire d’hier à aujourd’hui : Regards croisés» est organisé à la Cour de cassation, le vendredi 31 mars 2017.
La focale retenue est celle de l’expertise médico-légale et toxicologique (évolution, contours et limites) dans l’exercice de la justice d’hier et d’aujourd’hui.
La matinée sera consacrée à l’histoire de la médecine judiciaire ; l’après-midi est conçu comme un échange entre universitaires, experts, avocats et magistrats sur des problématiques actuelles.
Ce colloque aura lieu de de 9h45 à 18h00, en Grand’chambre, 5, quai de l’Horloge – Paris 1er. Entrée sur présentation d’une pièce d’identité
avec inscription préalable obligatoire avant le 27 mars 2017 sur le site Internet www.courdecassation.fr.
Manifestation validée au titre de la formation continue des magistrats et avocats.
Programme
9h15 Accueil des participants
9h45 Propos introductifs Alexandre Lunel, maître de conférences à l’université de Paris VIII, membre du centre de recherche de droit privé et droit médical (EA 1581)
La médecine judiciaire au regard de l’histoire
sous la présidence de Jean-Pierre ROYER, historien de la justice
10h00 Savoir médical et systèmes judiciaires à la fin du Moyen-Âge
Franck COLLARD, professeur d’histoire du Moyen-Âge à l’université de Paris-Ouest-Nanterre
Orfila, pionnier de la toxicologie médico-légale
10h30 Justice discrétionnaire ou médecine légale ? Figures de l’avis médical durant l’Ancien Régime
Thibault DESMOULINS, doctorant en droit de l’université Paris II-Panthéon-Assas, Institut d’histoire du droit
11h00 Le medicus jus impune occidendi : fiction littéraire ou réalité juridique ? Antoine Leca, professeur de droit à l’université d’Aix-Marseille, directeur du centre de droit de la santé
11h30 Discussion
12h00 Déjeuner libre
La médecine judiciaire à l’époque contemporaine
sous la présidence de Christian PERS doyen de la chambre criminelle
14h00 Du colloque singulier à la médecine 2.0 : vers une objectivisation de l’appréciation du magistrat ?
Lina WILLIATTE-PELLITTERI, professeur des universités catholiques, avocat au barreau de Lille, membre du C3RD
14h30 La toxicologie scientifique au service de la justice : évolution et exemples contemporains
Marc DEVAUX, Gilbert PEPIN, experts judiciaires près de la cour d’appel de Paris, experts agréés par la Cour de cassation
15h00 Discussion
15h30 La preuve à l’épreuve et la difficulté du lien causal : l’exemple du vaccin contre l’hépatite B et de la robotique chirurgicale
Claire MICHELET, avocat au barreau de Paris
16h00 Le rapport d’expertise médicale : un simple avis pour le juge ?
Jacques BUISSON, conseiller à la chambre criminelle
16h30 Discussion
17h00 Propos conclusifs
Denis SALAS, magistrat, président de l’AFHJ
Sylvie HUMBERT, professeur des universités catholiques, directrice du C3RD, secrétaire générale de l’AFHJ
17h30 Exposition «médecine et justice»
Philippe GALANOPOULOS, conservateur des bibliothèques, directeur de la bibliothèque de la Cour de cassation
À noter : Philippe Galanopoulos, anciennement responsable des collections patrimoniales de pharmacie à la BIU Santé, a également collaboré à la réalisation de l’ouvrage collectif L’expertise en police scientifique (à télécharger librement) rédigé sous la direction du professeur Ivan Ricordel, directeur honoraire du laboratoire de toxicologie de la Préfecture de Police de Paris. Plus d’information dans notre billet de blog.
Attention, l’accès au pôle Médecine de la BIU Santé sera modifié le mardi 7 mars 2017.
L’accès à l’université se fera par le 85, boulevard Saint-Germain.
Si la porte est fermée, SONNEZ pour qu’on vous ouvre !
Les salles de lecture seront ouvertes comme à l’accoutumée, vous pourrez donc venir travailler au 12, rue de l’École-de-Médecine. La bibliothèque sera ouverte normalement de 9h à 20h.
Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée.
Nous, bibliothécaires et documentalistes en santé, faisons face aux mêmes problématiques et nous posons les mêmes questions, afin de répondre aux attentes d’usagers qui sont souvent les mêmes.
Venez partager un moment de réflexion sur nos missions et nos publics le lundi 19 juin 2017, à la Bibliothèque interuniversitaire de Santé de Paris.
Débattons ! Mettons nos idées en commun ! Avançons ensemble !
La forme : quelques présentations plénières en amphi + des ateliers avec restitution. Avec un temps pour déjeuner entre collègues de 12h15 à 14h15.
On vous attend aussi nombreux le 19/6 !
Pour organiser cette première rencontre professionnelle nationale, les bibliothécaires de la BIU Santé vous proposent quelques thèmes de réflexion (l’EBM, nos publics particuliers, les revues systématiques, l’Open Access et la nouvelle loi numérique, les licences nationales en santé…).
Vous pouvez dès maintenant consulter et compléter la liste avec vos propres sujets. Rajoutez-y ce que bon vous semble, de manière anonyme ou non – c’est un fichier de travail commun, allez-y ! N’hésitez pas à vous proposer comme intervenants (ou en suggérer). Pour ceux qui préfèrent envoyer leurs commentaires et questions par courriel, utilisez cette adresse : blog@biusante.parisdescartes.fr
Les inscriptions sont désormais closes – vous avez été très nombreux à répondre, merci pour votre enthousiasme.
Nous vous invitons à diffuser cette information à tous les collègues susceptibles d’être intéressés par cette rencontre (les professionnels de tous les pays sont les bienvenus) et sommes heureux de préparer dès maintenant cette journée avec vous.
Du 6 au 10 février 2017, la BIU Santé est heureuse de participer pour la première fois à l’opération #ColorOurCollections (en français : coloriez nos collections).
Des institutions culturelles du monde entier (bibliothèques, musées, archives…) s’associent pour proposer des planches à colorier réalisées à partir de leurs collections. De quoi occuper les enfants de votre entourage pendant les vacances de février.
Les sept illustrations proposées par la BIU Santé sont téléchargeables en format PDF. Retrouvez-les également sur nos comptes Pinterest et Facebook. Elles sont issues des fonds historiques des pôles Médecine et Pharmacie – la plupart peuvent se retrouver dans Medic@, notre bibliothèque numérique (4 millions de pages en libre accès).
À vous de les imprimer et de les colorier suivant votre inspiration. Et n’hésitez pas à partager avec nous vos plus belles créations !
Pour vous inspirer, voici à gauche le travail de «coloriage» réalisé par un artiste au XVI°s sur une des gravures que nous vous proposons.
Merci à Catherine Blum, Solenne Coutagne, Estelle Lambert, Anne-Claire Le Picard et Sidonie Vicet pour la sélection des images.
En savoir plus
Retrouvez toutes les contributions sur Twitter, sous le hashtag #ColorOurCollections
Il est difficile de résumer en quelques lignes la carrière de ce chercheur, mort en 2010 à l’âge de 88 ans. Étudiant en médecine à Paris, et résistant, pendant la Guerre, il devient chef de clinique à l’hôpital Broussais en 1953. C’est en 1958 qu’il réalise les premières greffes de moelle osseuse, avant de devenir chef du service d’hématologie de l’Institut Gustave-Roussy en 1961. Ses multiples recherches portèrent sur l’immunothérapie, la polychimiothérapie, la médecine translationnelle, la lutte contre le Sida…
Il participa activement à la création et au fonctionnement de l’Inserm, du Circ, de l’Icig, de l’Arc, de l’Esmo et de l’OERTC.
En plus d’avoir été un scientifique renommé, Georges Mathé fut aussi un lecteur assidu de la bibliothèque de la faculté de Médecine, devenue BIU Santé. De ses années d’étude jusqu’à la fin de sa carrière, il fut un habitué de nos salles pendant plus de 60 ans, passant plusieurs fois par mois pour ses recherches, jusqu’à sa mort en 2010.
En 2003, la Bibliothèque interuniversitaire de Médecine a acquis un tapuscrit de Georges Mathé. Ce texte, «les greffes incompatibles» avait été rédigé pour une conférence au début des années 1960. Georges Mathé participa à la mise en ligne de ce document sur le site de la BIUM, complété par deux autres articles.
En 2016, la BIU Santé a pu accueillir un certain nombre d’archives lui ayant appartenu, grâce à un don de sa fille, Catherine Gaston-Mathé. Notamment 38 cartons, contenant plus d’un millier de tirés à part, écrits par Georges Mathé entre 1948 et 2009. L’ensemble est aussi accompagné de documents divers (une conférence écrite pour la Chine en 2009 mais jamais prononcée, les cartes de FFI et du RPF de cet ancien résistant…) et de photographies, qui ont pu être légendées avec l’aide de Mme Mathé. Cet ensemble sera prochainement consultable à la BIU Santé.